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justiceL’accusé d’hier mardi 7 août 2018 est poursuivi pour complicité de vol à main armées. Il a pris une part active dans le cadre d’un braquage opéré le lundi 6 septembre 2010 par une bande composée essentiellement de ses amis. La Cour l’a condamné à 10 ans de travaux forcés.

Chidi Okoré est employé dans un magasin d’importation de friperie au quartier Missèbo. Assez appâté par la masse de ressource que brasse cette structure dirigée par le sieur Kenneth Atanda, il a eu l’idée d’en parler à ses amis. Ceux-ci, en connaisseurs, ont organisé le coup. C’est ainsi que le 6 septembre 2010 aux environs de 8 heures, ils ont fait irruption dans le magasin. L’un d’eux, cagoulé ,s’est dirigé avec un pistolet pointé sur Kenneth Atanda et l’a obligé à leur indiquer le coffre. Les deux autres à visage découvert et identifiées par la victime comme étant les nommés Eze Sunday et John Fele, lui ont pris la clé du tiroir de son bureau pour fouiller et emporter une somme de 24.893.000 FCfa, 250.000 Nairas, son téléphone portable et son porte-monnaie. L’enquête ouverte a permis d’interpeller l’accusé d’hier qui était curieusement absent le jour du braquage. Les deux autres, Sunday et John, ont été également interpellés. Ceux-ci n’ont pas reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. Chidi, quant à lui, les a reconnus à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction. A la barre hier, il a varié par endroits. Au cours de sa déposition, il a reconnu avoir informé Sunday et John de l’existence d’une forte somme au magasin. Il a également reconnu qu’il avait une idée claire de la finalité de l’acte. « Je savais qu’ils allaient voler de l’argent à mon patron. J’ai donné des informations à Eze pour organiser le braquage », a-t-il laissé entendre. Il a également fait savoir qu’il n’a pas voulu être sur les lieux de l’opération de peur que son patron le reconnaisse. Le clair-sombre dans la déclaration de Chidi se trouve justement au niveau de l’arme. L’accusé d’hier a expliqué sa participation dans la préparation du coup, mais a déclaré n’avoir pas su si ses compères étaient porteurs d’une arme. « Je ne peux pas dire qu’ils avaient une arme sur eux. C’est lorsqu’ils m’ont appelé pour le partage du butin que je les ai vus en possession d’une arme », a-t-il laissé entendre. L’accusé, au cours de sa déposition, a également semblé dire qu’il n’a pas varié à l’audience et que ce sont les transcriptions de ses propos à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur qui ont varié. Les débats, après l’instruction entre le Ministère public et la défense, ont été assez longs et nourris. Dans ses réquisitions, l’avocat général Florentin Gbodou a, d’entrée, exposé les élémentsentrant dans le cadre du crime de vol à mains armées. Après avoir conclu qu’il s’agit bel et bien d’un vol à mains armées, il a établi la responsabilité de l’accusé d’hier. Selon le Ministère public, Chidi a fourni des informations à ses compères dans le cadre de la commission de l’infraction. La fourniture de moyens, d’instruction ou de conseil est, selon lui, évident et permet de le retenir dans les liens de la complicité de vol à mains armées. Son avocat, Frigens Ajavon, a de son côté tenté de battre en brèche les réquisitions du Ministère public. Il a laissé entendre qu’il est erroné de retenir le crime de vol à mains armées parce que ni le ministère public encore moins la Cour ne peut dire où se trouve l’arme. En l’absence d’une preuve aussi importante comme l’arme, il est impossible, selon lui, de parler de vol à mains armées. Il demande à la Cour de disqualifier et requalifier l’infraction de vol à main armée en vol simple. Il a ajouté que la complicité en l’état n’est pas établie et qu’on ne saurait, sur la base d’une simple information donnée, conclure que l’agent pénal en cause a participé activement à l’infraction. A tout cela, il ajoute l’absence d’interprète pour l’accusé à toutes les étapes de la procédure, ce qui a conduit à dénaturer fondamentalement ses propos. Il a plaidé donc, au principal, l’acquittement pur et simple au motif que l’arme n’a pas été placée sous scellé. Au subsidiaire, il a plaidé la disqualification et la requalification du crime de vol à mains armées en vol simple. Le ministère public a contre-attaqué et  a cité les articles 50 et 60 qui situent le cadre de la complicité. Il a ajouté qu’en matière de preuve c’est la preuve, par tous moyens qui doit être retenue. Au terme des débats, la cour a déclaré l’accusé coupable du crime de complicité de vol à mains armées et l’a condamné à 10 ans de travaux forcés.

 HA