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zinsou lionel
Lionel Zinsou a du pain sur la planche

l y a comme une éclaircie dans le ciel politique béninois, depuis l’annonce du choix du candidat Fcbe  pour la présidentielle. Ce qui met fin au suspense qui rendait toujours hypothétique l’issue de l’élection présidentielle de 2016.  Or, selon les analystes politiques, sauf cataclysme, le cheval « Zinsou »  qui part avec une kyrielle d’handicaps, ne pourra pas gagner la course.

Yayi Boni doit, en ce moment, se frotter les mains. Il est en passe de réussir un dernier coup politique : imposer, sans coup férir, à sa mouvance un quasi inconnu de la scène politique nationale. Les aigreurs, récriminations, et l’ambition précoce de l’argentier national, Komi Koutché n’ont pu rien y faire. N’y d’ ailleurs les cris, et incessants appels de pied des fans et sympathisants du ministre François Abiola. La déception est d’autant plus grande dans le camp présidentiel que ceux qui supputaient la candidature de l’ancien Premier ministre, Irénée koupaki, et qui espéraient de ce fait pour lui le soutien de la machine de Yayi, ont été vite éconduits par le « Prince ». Dans le même temps, les velléités d’un Nassirou Bako Arifari, ou d’autres barons Fcbe comme Soumanou Toleba, ont été à peine perceptibles, tuées très tôt dans l’œuf pour être prises au sérieux. Contre vents et marées, et contre toute logique politique, le chef de l’Etat sortant, plus préoccupé par son avenir d’après pouvoir, a jeté son dévolu sur Lionel Zinsou. Cependant, malgré son entregent et l’immense respect que son parcours impose, l’actuel Premier ministre reste peu connu dans son pays. Cela est un gros handicap. Car, les quelques mois passés au gouvernement ne lui permettront pas d’apprécier et d’appréhender, comme cela se doit, et objectivement les réalités politico-sociales du pays qu’il veut diriger. Or, la fonction présidentielle exige de la part de celui qui y aspire, de connaître les méandres du contexte où il évolue, ou à tout le moins, d’être en phase avec ses futurs administrés.
Eviter l’inutile débat et l’exclusion
Tout ceci ne devrait surtout pas occulter le besoin d’évacuer et de condamner le débat inutile qui se fait sur des critères peu objectifs que sont le faux débat sur sa nationalité, ou les bêtises condamnables étalées sur les réseaux sociaux par rapport à sa couleur de peau. En tant que « Zinsou », le Premier ministre peut prétendre à la fonction, et doit être de la bataille, quitte aux électeurs de décider de son sort. Le plus important, c’est de se demander comment il pourra se dépêtrer avec le bilan calamiteux  de la politique menée durant la décennie écoulée. C’est d’ailleurs pourquoi Yayi Boni, qui est déjà en campagne, se jette à corps perdu dans la bataille de la prochaine présidentielle. Mais, comment et avec quels mots le Premier ministre va-t-il justifier et expliquer aux cotonculteurs, aux vendeurs de voitures d’occasion, aux nombreux chômeurs, les conséquences négatives d’une gestion faite de scandales politico-financiers des plus sordides, pour la plupart non encore soldés. Sans oublier les concours suspects et contestés, les nominations indigestes, les affaires Icc-services, Dangnivo, pour ne citer que ces scandales-là. Lui qui a été associé à la gestion du pouvoir, seulement pour quelques mois, pourra-t-il régler les nombreux différends qui opposent le gouvernement aux opérateurs économiques tels que Samuel Dossou, Patrice Talon et dans une moindre mesure Sébastien Ajavon. Certes, Lionel Zinsou part avec beaucoup d’ handicaps. Mais, le débat se fait moins, aujourd’hui, sur sa capacité et ses compétences, que sur la capacité de l’opposition politique qui a porté au perchoir Me Adrien Houngbedji, à transformer l’essai face à un chef de l’Etat sortant dont la mainmise sur les institutions de la République est décriée.Autant dire que la prochaine élection présidentielle est une gageure pour l’opposition. Si elle ne veut pas continuer à jouer aux observateurs sur le banc de touche, elle doit vite trouver son cheval gagnant. Yayi Boni peut donc se frotter les mains, car à moins d’un rassemblement derrière un candidat unique du camp d’en face, il s’assure une retraite politique des plus paisibles.
Wilfrid Noubadan