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adrien-3Le Parti du renouveau démocratique (Prd) vit des heures difficiles. Pas du fait de l’indécision ou d’une erreur de ses responsables par rapport au choix d’un candidat pour l’élection présidentielle. Mais, du fait de commentateurs avides de « scoops ».

Dans un communiqué en date de ce 30 décembre 2015, le Prd vient de mettre fin aux nombreuses rumeurs et allégations qui agitent la toile. Selon beaucoup de commentateurs en effet, Me Adrien Houngbédji aurait déjà choisi son candidat pour l’élection de février prochain. L’allure que prennent ces rumeurs devient préoccupante. On assiste plutôt à une foire d’empoigne. Alors que le parti insiste et se donne une ligne à respecter, certains observateurs, peut-être à la recherche du sensationnel, intoxiquent par des allégations fallacieuses. Pourquoi cet engouement soudain au Prd ? Les instigateurs de ces rumeurs folles et fabriquées devraient revoir leur copie. Et pour cause. Au soir d’un règne totalement fade, et dans l’incapacité de rempiler à nouveau, le Chef de l’Etat est décidé à faire feu de tout bois pour s’assurer une retraite paisible. Ce qui passe par une victoire à tout prix lors de la prochaine élection présidentielle. Mais, contre toute attente et fort de sa méthode faite d’improvisations et de décisions sur coup de tête, le chef de l’Etat sortant, qui n’a pas préparer sa relève, se tourne vers le candidat de la France. Or, malgré tout le talent dont il dispose, et l’étendue de son entregent, Lionel Zinsou, le candidat de Yayi Boni, ne fait pas l’unanimité dans son propre camp. D’ailleurs, les caciques Fcbe goûtent peu ce parachutage d’une autre époque. Ils n’ont pas été associés à ce choix. Et s’empressent de dénoncer, dans tous les médias, la forfaiture imposée par leur chef. Une énième forfaiture qui aura tout le mal du monde pour passer. C’est un véritable os dans la gorge de Yayi Boni. Avant les déclarations « libératrices » du Pr François Abiola dans le Plateau le week-end passé, ce sont les «Zems » du Mozebè qui avaient infligé une fin de non-recevoir au parachutage. Alors que de tout temps, ils ont été du côté du chantre de la Refondation, ils viennent de porter leur choix sur un autre candidat. Un camp divisé ne peut pas prospérer. D’où le débauchage forcené des leaders de l’opposition pour avoir leur adhésion au funeste projet. Mais, de par l’expérience acquise, tout le monde sait qu’à travers la candidature de son Premier ministre, Yayi Boni, peu respectueux de la démocratie « Nescafé », veut s’adjuger un 3ème mandat. Du côté des arcanes du Prd, l’on sait qu’il serait difficile d’endosser toute candidature « Fcbe », au risque de contredire le dernier vote des populations. La classe politique dans son entièreté cherche à en finir avec le régime Yayi. Dix ans, cela fait un peu trop. Surtout que pas grand-chose de bon n’ait été fait. Enfourcher le cheval de Yayi Boni, ce serait effacer impunément tous les « drames » qui ont été commis sous ce régime. Pourquoi Me Adrien Houngbédji qui a été presque plébiscité par ses pairs pour briquer le perchoir, va-t-il tourner dos à cette dynamique au soir d’une vie politique plutôt bien remplie ? L’enjeu de la présidentielle de 2016 est clair : pour ou contre Yayi Boni.

Abdourhamane Touré