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Selon Clotaire Olihidé, les dispositions du code électoral sont violés

Malgré la proclamation des résultats des élections locales depuis août dernier, l’installation des nouveaux chefs de quartier et de village n’est pas encore une réalité presque partout dans le pays. Cette situation est contraire aux dispositions du code électoral en son article 415 qui fixe un délai de 20 jours après la proclamation des résultats par la Céna. Clotaire Olihidé, spécialiste des questions électorales, déplore l’acte. (Lire son point de vue).

« Nous avons dépassé tous les délais par rapport à l’installation des chefs de quartier et de village parce que le code électoral en son article 415, surtout les points 2, 3 et 4, règle la question. Le point 2 dit bien que l’élection des conseillers de village ou de quartier de ville et celle du chef de village ou de quartier de ville sont constatées par un arrêté du maire dans les cinq jours qui suivent l’expiration des délais de contestation prévus ci-dessous. Et en termes de délai de contestation, il est dit au point 4 que les requêtes sont recevables dans un délai de 15 jours à compter de la date de proclamation des résultats. Ce qui indique qu’après la proclamation faite par la Céna, il y avait un délai de 15 jours de contestation et dès son expiration, le maire disposait de 5 jours pour constater l’élection du chef de quartier. Donc, dans les 20 jours qui suivent la proclamation des résultats par la Céna, on devait connaître les chefs de quartier et les chefs de village. Malheureusement, dans plusieurs communes, ça n’a pas été fait. Au moment où la Céna avait proclamé les résultats, il y a eu des erreurs matérielles qu’elle a commises. Dans ce cas là, la Céna devrait procéder aux corrections idoines. Il y a également des endroits où les élections n’ont pas eu lieu et la Céna devait reprendre les élections. Cela n’a pas été fait jusqu’à présent. Dans ce cas là, on ne saurait demander aux maires de procéder à l’installation de personnes qui ont été irrégulièrement proclamées élues ou là où il n’y a pas eu d’élection. Et dans les cas où il n’y a pas de problème, la Céna a quand même proclamé des résultats qui n’ont pas fait l’objet de contestation. On devrait procéder à l’installation dans ces quartiers-là».

 Propos recueillis par Inès Zounnon

 Le jeu des calculs

Qu’est-ce qui empêchait réellement les chefs d’arrondissement de mettre en application l’article 415 du code électoral ? Dans la plupart des cas, si les chefs de quartier et de village n’ont pas été choisis puis installés, c’est parce que les états-majors des partis politiques continuaient de peaufiner leur plan pour garder le contrôle de l’administration locale où ils ont pu avoir des élus. Les différentes forces en présence se livrent une guerre sans merci, en prévision de la présidentielle de 2016, réitérant le même scénario observé lors de l’élection des maires et de leurs adjoints de même que des chefs d’arrondissement. Peu importe le prix à payer et les sacrifices à consentir. Les mêmes stratégies utilisées pour l’élection des maires ont été déployées sur le terrain, donnant lieu à des conciliabules qui ne débouchent pas toujours sur le consensus entre partis et alliances de partis. Dans certains cas, les candidats au poste de chef de village ou de quartier de ville veulent se conformer aux schémas concoctés entre partis et alliances de partis lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale. Dans certaines localités où les résultats ont donné une majorité absolue à des listes, le problème se pose autrement. Les listes majoritaires ne recherchent pas d’alliés, mais elles ont des problèmes de leadership à régler. Ainsi, la guerre entre barons du régime au sommet concernant les Fcbe n’épargne pas la base. Elle est affectée par le même virus de division. Conséquence, l’administration locale est dans l’impasse. Tout cela constitue les maux qui plombent la décentralisation. La situation profite à l’ancienne administration locale. Il faut souligner que par endroits, les nouveaux chefs de quartier et de village s’installent déjà. C’est le cas à Abomey-Calavi et Sèmè-Podji.

FN