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hounbgedji-lehadyLes dés sont jetés, « alea jacta est ». Le scrutin de février prochain entre, enfin,  dans sa phase la plus intéressante. Avec l’alliance presque contre-nature « Fcbe, Prd, Rb », qui porte la candidature du Premier ministre, Lionel Zinsou, le combat des gladiateurs commence.  Avec comme objectif majeur,  pour son challenger direct, Patrice Talon,  de réussir à battre le candidat du pouvoir.
Inutile de gloser ou de s’éterniser plus longtemps sur le coup de la Rb et du Prd. Ce revirement est l’un des secrets dont regorge le jeu politique béninois. Il faudra faire avec. Et, si possible, contourner l’iceberg. De toute façon, l’histoire retiendra que ces deux grands partis ont confié leur destin, et celui d’un peuple fatigué par les errances du « yayisme », à un, presque, inconnu de la scène politique nationale. Me Adrien Houngbedji rétorquera que  cela avait été fait contre sa personne en 2006, et que cela n’est pas nouveau. Mais, faudrait-il continuer dans la bévue et l’erreur, au vu de ce que les deux mandats de Yayi Boni ont produit ? Surtout que les conséquences de l’ « acte manqué » de 2006, n’ont fait que produire scandales et « K.o », sur fond de régionalisme et d’un clientélisme des plus aberrants. Car, en définitive, si le geste suicidaire du Prd envers un certain Patrice Talon est compris et justifié par la colère imbue d’Adrien Houngbedji, on comprend, à peine,  le choix de la Rb. Tout le monde savait, et redoutait la vengeance que peut  nourrir, à juste titre, le leader du Prd envers Patrice Talon. Pour lui avoir préféré Yayi Boni en 2006 et 2011. Néanmoins, mieux que quiconque, Me Adrien Houngbedji sait qu’on ne peut pas refaire le passé, ni l’histoire. Ressasser les agissements du passé, et en tenir compte pour agir dans le présent, c’est une fuite en avant et une fuite de responsabilité. Car, à peine a-t-on fini de déplorer la pagaille érigée en méthode de gestion sous le président Yayi Boni, que les populations sont, à nouveau, jetées dans l’inconnu. On ne le dira jamais assez, si la démocratie béninoise a reçu des coups, si l’Etat de droit est aujourd’hui édulcoré, si la Constitution a failli être révisée pour offrir un mandat bonus à un chef de l’Etat,  tout cela s’est fait sous Yayi Boni. Le chef de l’Etat, comme aiment à le répéter ses détracteurs,  s’est révélé peu démocrate, et a conduit le pays vers la division Nord /Sud.  Ces faits justifient et suffisent à eux-seuls que le Prd et la Rb agissent autrement et condamnent  la gestion Fcbe. Car, en réalité, on ne peut pas faire du nouveau avec du vieux. Remettre les clés de la Marina à Lionel Zinsou revient tout simplement à jouer avec le destin de ce peuple. Il faut le dire et insister là-dessus. Lionel Zinsou à qui personne ne peut contester ou dénier le fait  d’être « béninois »,  connaît mieux la France que le Bénin. C’est là que le bât blesse. Même s’il peut se prévaloir d’une bonne connaissance de la finance internationale,  et dispose d’une réputation intacte, les méandres de la vie politique et de la sociologie béninoises lui échappent encore largement. Ce qui constitue une énorme faiblesse.
 
Wilfrid Noubadan