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La délégation béninoise avec à l’extrême gauche en 2ème position, le directeur exécutif de Franciscains-Bénin

 La situation des enfants dits sorciers met en danger leurs droits à la vie, à la santé et au développement ; et l’enregistrement des naissances, subit encore beaucoup d’obstacles. En tant qu’Etat membre de la Convention relative aux droits de l’enfant, le Bénin a été soumis le 20 janvier 2016, à l’examen périodique par le Comité de la Convention de l’Onu. De cet examen basé sur les informations reçues de la société civile, dont Franciscains-Bénin et sur les renseignements fournis par la délégation béninoise présente à l’examen, il ressort que le Bénin doit remédier au problème des enfants sorciers.

Le Comité de la convention de l’Onu a évalué la situation des droits des enfants béninois en général et celle des enfants dits sorciers en particulier. Au nombre des remarques et questions posées par les membres dudit Comité, deux thématiques sur lesquelles Franciscains international travaille avec son partenaire Franciscains-Bénin. Le Comité a demandé que la délégation lui fournisse des statistiques sur le nombre de cas amenés en justice, en appuyant la gravité du problème et la nécessité d’y remédier rapidement. Malgré les progrès législatifs du Bénin pour la promotion et la protection des droits des enfants, le Comité reste préoccupé par le nouveau Code pénal qui n’a pas encore été adopté, alors qu’il incrimine explicitement le meurtre rituel des enfants dits « sorciers ». En réponse, la délégation béninoise a noté que le phénomène des enfants dits « sorciers » « a fait l’objet de discussions dans la cellule nationale de protection de l’enfance», et a salué « le travail remarquable des partenaires au Nord du pays, qui a fait réduire le problème», en notant le rôle particulier de Franciscains-Bénin. Elle a affirmé que le Code de l’enfant promulgué le 31 décembre 2015 prévoit en effet la répression de l’infanticide dû à des pratiques traditionnelles néfastes, et a souligné le besoin de sensibiliser suffisamment la population pour que les victimes puissent dénoncer les faits, et rendre la répression effective. La dénonciation sera clé : les pouvoirs publics doivent être informés, pour qu’une poursuite pénale puisse être enclenchée. La délégation s’est engagée à relever le défi en collaborant avec leurs partenaires locaux y compris les Ong.

Des inquiétudes sur l’enregistrement des naissances

 Le Comité a également exprimé son inquiétude par rapport au taux d’enregistrement des naissances et l’absence de mesures spécifiques concernant les enfants placés en institutions, dans les milieux ruraux, et dans le Nord du Bénin. A la question de savoir les mesures prises par l’Etat pour faire face à cette situation, la délégation a répondu en notant que le Bénin fait des efforts vers une informatisation de l’état civil. Elle a noté que plus de 7 000 enfants ont pu être inscrits grâce aux Centres de promotion sociale (Cps) qui, en collaboration avec l’Unicef, continuent de faire un travail auprès des mairies pour recueillir les enfants qui ne sont pas enregistrés. S’agissant des enfants en institution, la délégation a expliqué que le processus était compliqué par le fait que la justice doit d’abord essayer de retrouver les parents de ces enfants pour savoir s’ils ont été enregistrés, et que s’ils ne les trouvent pas, ils doivent procéder à de longues formalités avant de pouvoir les enregistrer. Franciscains-Bénin et Fi continueront de suivre les questions d’infanticide rituel et d’enregistrement des naissances au Bénin, en maintenant leurs actions de plaidoyer à l’Onu et auprès des gouvernants locaux et nationaux, afin de s’assurer que les recommandations de l’Onu soient mises en œuvre. Pour rappel, les enfants dits « sorciers » sont des enfants qui naissent par le siège, par les pieds, face contre terre, avec des germes de dents, avec des malformations visibles, à 8 mois de grossesse, ou lorsqu’ils sortent les premières dents à 8 mois ou par la mâchoire supérieure ou encore tout enfant dont la mère décède après accouchement. Ils sont d’office tués. La pratique est très répandue dans le Nord-Bénin.

A.T.