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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Le Président Yayi Boni

En moins de dix ans à la tête du pays, le chef de l’Etat, Yayi Boni, a réussi à détruire le football béninois. Entre retrait d’agrément à la Fédération béninoise de football (Fbf) et suspension des championnats de Ligue 1 et Ligue 2, il a démontré son désamour pour la jeunesse…

Tout a commencé par l’abrogation de l’arrêté de nomination du sélectionneur, Didier Ollé-Nicolle, à la mi-novembre 2014. Même si les derniers résultats catastrophiques enregistrés à la tête des Ecureuils ne plaidaient pas en faveur du technicien français, il mérite de quitter ses fonctions à la suite d’une procédure normale de licenciement. En fait, l’arrêté pris par le ministre des Sports, Safiou Idrissou Affo dans ce sens ne règle rien. Tous les contours juridiques n’ayant pas été pris en compte. La décision a été prise dans la précipitation. Il a fallu que le directeur du Fonds national pour le développement des activités de jeunesse, sport et loisirs (Fndajsl), chef de la délégation béninoise à Agadir dans le cadre du match amical contre le Maroc (défaite 6-1 des Ecureuils), donne des indications à son ministre dès son retour à Cotonou. C’est à l’issue de ces échanges que Safiou Affo a pris l’arrêté n°119/Mjsl/Dc/Sgm/Cts/Drfm/Fndajsl/Ccj/Dse/Sa dans l’espoir de sceller le sort de Ollé-Nicolle. Mais le hic, c’est qu’il n’a pas daigné associer dans les échanges, le Comité exécutif de la Fbf qui est l’employeur du technicien français. En effet, c’est la Fbf qui a signé un contrat de prestation de services avec Ollé-Nicolle par l’entremise de son président Augustin Ahouanvoèbla. Dans ces conditions, le ministre expose le Bénin à des sanctions de l’instance faitière du football. D’ailleurs, l’ancien sélectionneur des Ecureuils a saisi la Fifa à la mi-décembre 2014 pour solliciter son arbitrage. Il réclame, pas moins de 655.550.000 francs Cfa pour « rupture unilatérale » de son contrat.

 Retrait d’agrément : le coup fatal…

 Si la libération de Ollé-Nicolle n’émeut personne après les mauvais résultats qu’il a obtenu à la tête de la sélection nationale, le deuxième coup porté à l’équipe fédérale dirigée par Augustin Ahouanvoèbla a été fatal. Après avoir longtemps vitupéré contre la Fbf et son président, le ministre a proposé en Conseil des ministres, le retrait de l’agrément accordé à l’instance nationale. Une décision validée par le gouvernement en trois points : retrait d’agrément, création d’une commission pour connaître des dessous de la suspension des équipes de jeunes du Bénin par la Caf et la réconciliation de la famille du football. Dès lors, le football replonge dans une nouvelle crise. Une crise orchestrée par le gouvernement qui aura décidé de façon délibérée de mettre un terme aux activités du football au plan national. Dans la logique de cette décision, la Fbf devient une coquille vide. En clair, c’est une dissolution de fait du Comité exécutif. La première conséquence de cette décision est l’arrêt des championnats de Ligue 1 et Ligue 2 en cours. Les joueurs se retrouvent au chômage, le public, quoique maigre, est obligé de trouver autre occupation. De ce fait, toute l’économie autour de cette activité est arrêtée. Les dirigeants des différents clubs perdent leurs investissements. Pendant ce temps, le ministre et ses sbires savourent les conséquences de leur violence. Après Bénin Control et Cajaf Comon qui ont dû faire des chômeurs, le football va maintenant en faire… Selon toute vraisemblance, l’appartenance du président de la Fbf au Prd, un parti de l’opposition, n’arrange pas les choses. C’est donc un coup politique que le gouvernement a voulu porter à Ahouanvoèbla.

 Les excès du gouvernement ont continué

 Sous l’impulsion de son chef, le ministre a poussé un peu plus loin le bouchon, fin mars, en envoyant à l’instance nationale, un arrêté demandant la fermeture du siège de la Fbf situé à Djassin (Porto-Novo). Sur place, le secrétaire général adjoint du ministère des Sports et le conseiller juridique du ministre qui étaient porteurs de l’arrêté, ont demandé aux fonctionnaires de la Fbf de vider les lieux et de leur remettre les clés. Mais le secrétaire général de la Fbf, Bruno Dossou, a exigé, avant toute action, la présence d’un huissier de justice. Finalement, les deux émissaires du ministre sont repartis sans avoir eu gain de cause. Mais, par la suite, le siège de l’instance a été longtemps militarisé. La crise n’est toujours pas dénouée après deux missions de la Fifa et de la Caf. En ce moment, toutes les activités relatives au football sont arrêtées par un gouvernement qui excelle l’arbitraire…

 Epiphane Axel Bognanho

 Economie : Yayi pouvait mieux faire

L’élection de Yayi Boni au pouvoir en 2006 était surtout due à l’espoir qu’il a donné aux populations sur le plan économique. Le logo utilisé, sa fonction politique antérieure et sa formation académique rimaient avec l’Economie. Tout le monde croyait que son arrivée allait régler les problèmes économiques du Bénin. Hélas ! La déception a été totale. Mais, en réalité, l’Economie béninoise n’a pas pu s’autonomiser. Le taux d’endettement a connu une croissance exponentielle (même si le pays dispose encore des marges). La révolution économique ne s’est pas fait sentir. Dans les marchés, les commerçants n’ont jamais cessé de se plaindre de la mévente. Les fonctionnaires ont toujours crié à la cherté de la vie et les opérateurs économiques ont vu leur taux d’endettement s’augmenter. Certains ont carrément quitté le pays. Le budget général de l’Etat a régulièrement connu d’augmentation, mais le taux d’exécution n’a jamais atteint la hauteur des espérances. Les cultivateurs ne rentabilisent plus comme avant. Rien n’a été fait pour rendre indépendant, ne serait-ce que dans certains domaines, le pays. Le Bénin est resté économiquement au biberon des partenaires techniques et financiers. S’il y en a qui ont pu tirer leur épingle du jeu, ce sont des cadres et opérateurs économiques indélicats qui ont détourné les fonds publics. La révolution économique promise au peuple a été plutôt bénéfique aux partisans du régime en place. Ils ont détourné suffisamment les deniers publics. Le peu que le peuple a gagné a été investi dans l’affaire Icc-services et consorts. La relance économique chantée n’a pas porté ses fruits. Les performances réalisées ne se sont jamais fait remarquer au niveau du bas-peuple. La production agricole a fait chuter l’économie de certains cultivateurs. Les jeunes n’ont pu rien tirer de tout ce qui leur a été promis pour s’en sortir. Les fonds mis à la disposition du Fnpej ont été dilapidés par des partisans du régime Yayi.

N’eut été le Mcpp….

Ce programme a des irrégularités. Mais, il faut reconnaître que sa gestion n’a aucun problème. S’il y a eu réussite au plan économique sous Yayi, c’est au niveau des microcrédits accordés aux plus pauvres. Et là, il faut féliciter les acteurs qui travaillent à ce niveau. Leur rigueur a payé. Les femmes continuent de témoigner favorablement, même si certaines d’entre elles se sont endettées à cause de ce programme. Si le Mcpp a enrichi d’autres, certains ont regretté de l’avoir expérimenté. Que ce soit les agriculteurs, les revendeuses, ceux qui se sont endettés et ont dû fuir ou vendre des patrimoines pour rembourser ont regretté. C’est dire donc que la gestion est saine, mais le suivi a manqué par endroit. Le peuple attend de voir si Yayi, avant de partir, va au moins laisser les 350 millions de Fcfa qu’il avait dit avoir trouvé dans les caisses de l’Etat à son arrivée au pouvoir en 2016.

 F.F