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Jean-Kokou-ZounonA travers un communiqué rendu public le Parti communiste du Bénin (Pcb) s’insurge contre la trop grande part faite à l’intellectuel dans le projet de réforme constitutionnelle. Pour les communistes, cette réforme ne doit pas être laissée à un collège de gens fussent-ils cadres, qui cuisinent leur fétiche et viennent le soumettre au peuple. La constitution argumentent-ils, est une affaire du peuple.  (Lire le communiqué).

Communiqué de presse

A propos de la Commission Technique chargée des réformes politiques et institutionnelles

Le vendredi 06 mai 2016, le Président Talon a installé une commission technique, d’une trentaine de membres, chargée des réformes politiques et institutionnelles. La tâche assignée à cette commission, a-t-il dit dans son discours est « d’aboutir rapidement à un projet (de Constitution) qui synthétise les réponses les plus adéquates aux aspirations actuelles et futures de notre peuple  (souligné par nous)», et ceci, après avoir établi « en toute objectivité un diagnostic approfondi des écueils qui ont jalonné notre histoire récente afin d’envisager les solutions permettant le renforcement de la démocratie et l’instauration durable de la bonne gouvernance » (Cf La Nouvelle Tribune n° 3267 du 09 mai 2016).

A l’annonce de la composition de la commission et à la lecture de ces propos, des protestations, des dénonciations et des inquiétudes fusent de toutes parts. Est-ce que cette commission, dont beaucoup de membres sont connus comme les faiseurs et les tripatouilleurs depuis 1990 de la Constitution actuellement tombée en faillite, est capable d’établir en toute objectivité un diagnostic approfondi des écueils et de donner des réponses aux aspirations actuelles et futures de notre peuple. ? Pourquoi les acteurs eux-mêmes, représentants des différents corps du peuple, ne sont-ils pas réunis pour procéder ensemble à ce diagnostic ? Qui parlera au nom des opérateurs économiques, des travailleurs salariés, des artisans, des vendeurs des marchés, des paysans de diverses catégories, des jeunes, des artistes, des journalistes, des dignitaires traditionnels, etc. ?

Une Constitution n’est pas d’abord l’affaire de techniciens. Il est d’abord et surtout l’affaire d’un peuple dans toutes ses composantes. Il appartient à ces composantes du peuple, par leurs représentants, de procéder au diagnostic et de synthétiser les réponses les plus adéquates aux aspirations actuelles et futures. Une consultation de ces représentants ne suffit pas. Les acteurs eux-mêmes doivent pouvoir discuter des synthèses à retenir et participer à la prise des décisions. C‘est ce qui est demandé à travers les protestations actuelles.

Qu’on ne vienne pas non plus nous dire que le projet sera soumis au Parlement et ensuite au référendum. Le Parlement au Bénin fait partie du problème et non pas de la solution. Ensuite le référendum consiste à servir à l’appréciation du peuple un plat déjà préparé, et dans le cas présent, par ceux par exemple qui ont couvert les élections frauduleuses en 1996, en 2001 et le hold-up de 2011 ainsi que les scandales les plus horribles. Par ses protestations et inquiétudes, le peuple veut au départ dire ce qu’il veut manger. Ce n’est qu’après cela que des cuisiniers (des techniciens) peuvent être appelés à la cuisine pour préparer le repas.

L’histoire récente de notre pays, que l’on ne saurait réduire arbitrairement à la décennie écoulée, a montré que le pays est engouffré dans une impasse politique, économique, sociale, éthique et morale qui n’a pas miraculeusement et automatiquement disparue après les élections présidentielles. Le pays n’est pas sorti du système d’impunité, de fraude, de corruption et du pacte colonial. A l’exception du dossier des concours frauduleux, aucun des autres dossiers des scandales n’est ouvert. Au contraire des signaux qui sont donnés sont inquiétants en ce qui concerne la continuité du système de placement et le renforcement du pacte colonial. Voilà pourquoi demeure nécessaire une Assise nationale, les Etat généraux du peuple.

C’est pourquoi, le Parti Communiste du Bénin, bien qu’ayant désigné un représentant à cette commission dite technique, n’a cessé et ne cesse d’en appeler à la réunion immédiate des Etats généraux du peuple.

Fait à Cotonou, le 10 mai 2016

Le Porte-parole du Pcb

Jean Kokou Zounon