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presidentielle-2016Des rumeurs de « k.o » s’enflent et se profilent à nouveau à l’horizon,  à quelques semaines de la présidentielle du 28 février. En effet, plutôt que de s’évertuer à gagner à la régulière l’élection, la mouvance présidentielle, fort du funeste précédant de 2011, veut rééditer un autre K.o. Cette fois-ci, les victimes d’alors, veulent se transformer en bourreau.
Ce serait un cinglant désaveu pour la démocratie béninoise, et un coup dur pour les populations après dix années d’une gouvernance brouillonne et débridée, de vivre un nouveau K.o. Et pour cause, plusieurs journaux de la place ont, assez  maladroitement,  il faut le signaler, titré en manchette, mercredi 27 janvier 2016, que le Premier ministre, Lionel Zinsou, gagnerait la prochaine élection par k.o au premier tour. A y voir de près, on tente par anticipation,  de forcer les choses à l’aide d’une communication violente et outrancière. Si cela advenait, ce serait, dans tous les cas de figures possibles, une prouesse politique. Puisque tout le monde sait à quoi s’en tenir aujourd’hui : Lionel Zinsou, le cheval du camp présidentiel est sérieusement en difficulté sur le terrain. Beaucoup de Béninois veulent éviter le syndrome de 2006. L’image de l’oiseau rare, fût-il un génie en économie,  peine à prendre. L’alliance, de toutes pièces, concoctée pour pallier cette défaillance, a du plomb dans l’aile. L’arrimage « Prd-Fcbe-Rb », n’ayant pas le succès escompté, les thuriféraires et hommes de l’ombre de la mouvance, tentent, par communication politique interposée, d’habituer la classe politique à une solution extrême. Soit. Nous sommes en politique, et c’est entendu qu’il faut user de toutes les armes pour parvenir à son but. La fin justifierait en quelque sorte les moyens. Mais, c’est un peu mal connaître le peuple béninois. Car, en dépit de tous les arsenaux politico-médiatiques à sa disposition, le camp au pouvoir n’a pu réaliser un impressionnant score lors des dernières élections  législatives. Loin s’en faut. Ce fut une victoire toute modeste, presque à l’arraché. Surtout que dans toutes les circonscriptions électorales au Sud, les  populations déçues par la gestion de Yayi Boni n’ont pas hésité à flanquer une véritable gifle aux candidats Fcbe. Mais, la donne a changé depuis avec le marchandage politique. Réussir à mettre ensemble les logos de la Rb, du Prd et des Fcbe, sur le même bulletin, est, en effet,  un véritable tour de force. Les règles du jeu politique échappent souvent à la logique et au bon sens. Et là,  on défie toutes les lois éthiques et morales.
L’alliance « Prd-Rb-Fcbe » presque une coquille vide
Cependant,  il faut  se rendre à l’évidence que l’addition mathématique ne fonctionne guère en politique. Une élection ne se gagne pas sur papier, ni dans les têtes. On peut s’en rendre compte en analysant de façon minutieuse et circonstanciée les réactions de la classe politique et des populations depuis l’annonce ou la naissance de  cette alliance. Par exemple, au niveau de la Rb, les militants qui ont adhéré à la cause  sont très peu. Idem au niveau du Prd, où l’on enregistre les départs de plusieurs barons et caciques, qui vont chercher leur bonheur ailleurs. Ce qui est sûr, « Soglo père », l’un des hommes politiques les plus charismatiques de la scène politique nationale, a déjà dénoncé le forfait. Vu sa popularité,  et tenant compte de la force et du poids de ses idées, il drainera dans son sillage une frange importante de l’électorat du parti. La saignée a d’ ailleurs commencé, entre-autres,  avec les conseillers municipaux de Bohicon qui ont rejoint le camp d’en face. Ce qui n’est pas rien. A cela,  on peut ajouter, même si ceci n’est pas mécanique, que les résultats de la Rb dans ses fiefs,  notamment dans la 16ème circonscription électorale lors des législatives sont très insignifiants. Même le chef du parti,  Lehady  Soglo n’a pu être élu. C’est un coup dur très édifiant. Ce qui amène, logiquement, à se demander ce que vaut,  ou ce que pèse réellement  la frange « Soglo fils ». La même question se pose pour le parti de Houngbedji. Personne ne peut nier la fronde et la déception  au sein du Prd, depuis le choix de supporter la candidature de Lionel Zinsou. Les sorties médiatiques intempestives organisées ne suffiront pas à effacer, ni calmer la colère d’un peuple qui se sent à nouveau floué pas des dirigeants qui mettent leurs intérêts personnels au-dessus de l’intérêt général.
Wilfrid Noubadan