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yayi_B4A quelques mois de la présidentielle de 2016, la mouvance est pratiquement en lambeaux et en perte de vitesse. Afin que la saignée ne soit pas trop profonde, le Chef de l’Etat a rencontré les siens au Palais des Congrès, lundi dernier. Au menu : Koutché, Talon, les Fcbe partis, l’après-pouvoir.

« Un riche laboureur sentant sa mort prochaine, fit venir ses enfant.. » C’est à ce bout de la fable de la Fontaine, que se résume la rencontre secrète de Yayi Boni, avec ce qui lui en reste comme affidés. Les mots prononcés ont été durs, graves, et empreints d’une certaine nostalgie. Car, Yayi Boni se souvient enfin, qu’il doit « descendre » en avril prochain. Même, s’il fait encore de la « résistance », il concède que c’est fini. « Le 5 ou le 6 avril 2016, je vous dirai un grand merci. D’où je serai après, au Bénin ou à l’extérieur, je vous porterai toujours dans mon cœur. Je continuerai autrement le combat avec vous », déclare-t-il. Il partira donc, et a une certaine idée de comment il « cultivera son jardin » après le séjour à la Marina. Le destin présidentiel est ainsi fait : on se résout, parfois malgré soi, à laisser son fauteuil à quelqu’un d’autre. Mais là-dessus, après 10 ans de règne sans partage, Yayi Boni n’a pas de dauphin. Il n’a pas choisi à qui confier le fauteuil dans son camp. Par faute de temps, ou par manque de volonté politique ? Peut-être se dit-il, après moi le déluge. La porte de sortie trouvée : l’idée de primaires à moins de cinq mois de l’élection présidentielle. Est-ce réaliste ? Est-ce bien pensé ? Des propos tenus hier au Palais des congrès aux Fcbe, on retient surtout que la donne a déjà changé. Le chef de l’Etat semble même désemparé, ne sachant plus sur quel pied dansé, ni où donné de la tête. « Le choix final sera fait après consultation de tous. Que chacun puisse l’accepter quelque soit son âge, car ce n’est pas une affaire d’âge, c’est Dieu qui donne… » a-t-il laissé entendre.

 Le rêve précoce de Koutché brisé

 Tout au moins, peut-on se réjouir, qu’il n’y aura pas de crise, ni de montée de tension. Yayi BOni a compris le message que la société civile lui envoie depuis peu, quant à une tentative fragrante de « violation » de la Constitution. Le verrou de l’article 44 ne sera pas sauter. Pour postuler au poste, il faut avoir 40 ans révolus. Certainement, Yayi Boni a compris que « la » candidature qui se susurrait sur les lèvres, allait braquer toute la classe politique. D’autant plus que l’idée a déjà divisé la mouvance, et causé le départ de plusieurs caciques de la mouvance. Il ne faut donc pas foncer une porte déjà entrouverte. C’est en quelque sorte un rétropédale, un virage à 180° que Yayi Boni vient de faire. On peut même se laisser convaincre que c’est le principal message de ce conclave ultra secret. La pilule étant amère, il fallait la passer dans les formes requises et ménager les susceptibilités. Pour le reste, le chef de l’Etat, reconnaît que dans sa gestion de ces dix dernières années, « tout n’a pas été rose ». Avant de jeter une pique à son meilleur ennemi, Patrice Talon : « Je n’étais pas venu en 2006 pour servir un homme, mais plutôt ma patrie. Certains ne m’ont pas compris. Ils ont tenté de me manipuler, de me piéger. Mais je les ai piégés à mon tour » déclare-t-il. C’est de l’habileté politique. Les raisons de l’échec étant ailleurs.

 Abdourahmane Touré