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albert
La preuve que Albert Tévoédjrè avait raison

Les inspecteurs des impôts ne sont pas contents. Ils l’ont manifesté à travers une pétition en date du 21 janvier 2016 et parvenue au secrétariat administratif du ministère du travail et de la fonction publique le lundi 25 janvier 2016.  Ils dénoncent le recrutement d’agents non qualifiés dans leur corps. Ce combat conforte le professeur Albert Tévoédjrè au sujet des concours frauduleux.

Le collectif des inspecteurs des impôts en service à la direction générale des impôts est très remonté contre l’intrusion de nouvelles recrues non qualifiées dans leur corps de métiers. Les dossiers de ces dernières ont été acceptés au mépris et en violation des textes en vigueur. Sous le prétexte d’équivalence de diplôme, certains sont parvenus à passer les mailles et ont été déclarés admis au concours de recrutement d’agents de l’administration fiscale du ministère en charge des finances. Or l’équivalence de diplôme professionnel n’est nullement l’équivalence de niveau d’instruction. Les bribes de connaissances reçues dans les facultés ou dans les écoles d’économie ne confèrent pas aux titulaires de Licence sortis de ces établissements de se prévaloir du titre d’inspecteur des impôts qui s’acquiert au bout de trois années d’études supérieures à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) pour le cas du Bénin. Dans tous les cas, un étudiant sorti d’une école professionnelle est un produit fini apte à être employé et produire, des résultats satisfaisants. Pour un Etat dont les finances sont largement tributaires des impôts, il est inadmissible de recruter, dans la régie des impôts, des amateurs qui ont encore besoin d’être formés. C’est fort de cela que les inspecteurs des impôts défendent jalousement et à bon droit leur corps de métier. Ils protestent contre toute intrusion qui ferait une jurisprudence dangereuse. Cette prise de position des agents fiscalistes réconforte à plus d’un titre le professeur Albert Tévoédjrè pour qui, le recrutement des agents permanent de l’Etat doit se faire sur des bases saines et privilégiant la compétence et l’excellence. Car, pour le frère Melchior, la fonction publique est l’outil de travail du président de la République. Il en découle la mise en œuvre du principe, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».
Du constat et de la réglementation
Le recrutement d’agent non qualifiés affectés à l’administration fiscale, et qui soulève une vive protestation viole tous les textes en la matière et même de la jurisprudence des candidats autrefois recalés. Pour preuve, l’article 22 du décret 98-200 du 11 mai 1998 portant statuts particuliers des corps des agents de l’administration des impôts qui définit et encadre les conditions de recrutement des inspecteurs des impôts ou d’accès à ce corps est violé. Les signataires de la pétition constatent que pour tous les concours organisés par le passé depuis 2001, année de reprise des recrutements dans le corps des inspecteurs des impôts, et même pour le concours dont les résultats sont sujets à polémiques, des candidats titulaires de diplômes de facultés et des écoles de gestion ont vu leurs dossiers rejetés pour diplôme non-conforme, par le ministère en charge de la fonction publique. Il aurait fallu pour être accepté que les candidats soient titulaires d’un diplôme du cycle 1 de l’Enam, option administration des impôts. Il a été malheureusement constaté que des agents déclarés admis ne remplissent pas les conditions légales. Pour toutesces raisons, les inspecteurs des impôts demandent au ministre de la fonction publique, Aboubacar Yaya, de procéder à leur réaffectation dans d’autres structures de l’administration pour leur permettre de jouir des « efforts » consentis avant d’être déclarés agent de la fonction publique. » 88 agents ont apposé leurs signatures au bas de la pétition pour dire non à l’imposture. Pour un corps de métier hautement technique, exigeant et qui requiert une formation pointue, l’enjeu en vaut la chandelle.
Jean-Claude Kouagou