Spread the love

arton53973-d437b19 février 1990 – 19 février 2018. Cela fait aujourd’hui 28 ans que les travaux de la conférence nationale  des forces vives se sont ouverts au PLM Aledjo à Cotonou. Des assises qui ont mis en marche le processus démocratique dans notre pays. Retour sur les temps forts de la conférence….

La République Populaire du Bénin gouverné par le marxisme léninisme dirigé depuis 8 ans par le commandant Mathieu Kérékou, connait à la fin des années 80 une situation économique et financière catastrophique. Une situation qui contraint l’Etat béninois à signer en Juin 1989 avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (Fmi) son premier programme d’ajustement structurel. L’Etat se retrouve en banqueroute, conséquence le gouvernement n’est plus en mesure de faire face à certaines dépenses de souveraineté. Le président Mathieu Kérékou ne pouvait plus payer les salaires, ni les pensions de retraite et ni les bourses aux étudiants. Tous les secteurs vitaux de l’économie sont bloqués. L’administration publique répond à cette crise par des mouvements de grève illimitée organisé par les étudiants et paralysant le pays tout entier. Face à la pression de la rue et celle des bailleurs de fonds et convaincu de la nécessité d’un changement démocratique, le Général Mathieu Kérékou annonce le 7 décembre 1989, à l’issu d’une réunion extraordinaire des plus hautes instances politiques, l’abandon du parti unique, l’idéologie politique à savoir le marxisme léniniste et l’organisation dans les meilleurs délais d’une conférence nationale des forces vives de la nation. Une conférence qui doit définir les fondements d’une nouvelle République. La conférence fut organisée par un comité préparatoire national présidé par Me Robert Dossou et convoqué pour s’ouvrir le lundi 19 février 1990 à l’hôtel Plm Alédjo de Cotonou sous la présidence de Mgr Isidore de Souza, Archevêque de Cotonou. Produit d’un consensus national, cette conférence nationale reste aux yeux des observateurs un tournant décisif dans le processus de transition au Bénin. En une semaine, les 493 députés de l’opposition et du pouvoir vont se mettre d’accord pour concevoir  et élaborer les fondements d’un ordre nouveau. Comme grande décision issue des assises du PLM Alédjo, la conférence suspend d’abord la constitution du marxisme léninisme de 1977 et confie à une commission de juriste le soin de rédiger une nouvelle constitution. Une constitution qui sera soumise au Référendum le 11 décembre 1990. Une loi fondamentale qui restreint les pouvoirs du président de la République. En effet, Mathieu Kérékou est maintenue à son poste mais perd la plupart des attributions dont en particulier celle du ministère de la défense puis des institutions de transitions sont mises en place à savoir la création d’un poste de premier ministre confiée à l’administrateur des finances confié à Nicéphore Dieudonné Soglo et d’un organe législatif, le Haut conseil de la République (Hcr) présidé par Mgr Isidore de Souza. La conférence nationale qui  a duré du 19 au 28 février 1990 a pris des décisions importantes et a eu une portée considérable sur l’avenir de notre pays. Ce fut la fin de 17 années du régime du Général Mathieu Kérékou. Ce fut aussi le passage d’une économie centralisée vers une économie de marché, une économie libérée et une démocratie. La conférence des forces vives de la nation, a par conséquent inauguré un nouveau régime et esquissé un nouveau système politique.