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justiceD’ici quelques semaines, les milliards engloutis dans le scandale de l’eau, Ppea II, seront une histoire ancienne. Mais, après le non-lieu prononcé par la Justice, beaucoup s’inquiètent des conséquences des nombreux scandales restés impunis et  non élucidés jusque-là.
Nombre d’esprits étaient restés incrédules, et s’étaient échauffés  face au non-lieu advenu dans ce qu’il reste de l’affaire Ppea II,  qui avait tant défrayé la chronique. C’était l’un des derniers épisodes nauséabonds de la fin délétère des deux  mandats Yayi. Le choc ressenti à l’annonce du non-lieu est d’autant plus  violent  que ce scandale qui avait beaucoup ému en son temps. Notamment, par  sa forte ressemblance à un crime  crapuleux et pervers,  mais surtout,  en raison de la misère des  populations auxquelles les forages d’eau étaient destinés. Selon les indiscrétions, et toute proportion gardée,  près de deux milliards de francs Cfa  étaient ainsi  partis en fumée, suite aux mauvaises pratiques et à la mauvaise gestion de certains  cadres béninois. Plus grave, l’argent du Ppea II était d’origine hollandaise, appartenant donc au contribuable néerlandais. Y toucher, était synonyme d’un éhonté crime de lèse-majesté. La dignité humaine et le sens de la fierté et de l’honneur devraient, dans le cas d’espèce, être une occasion pour ne pas franchir le rubicond. Cela avait d’ailleurs créé une retentissante crise diplomatique  entre les deux pays. Les Hollandais,  peu enclins à ces excès de grivoiseries et de filouteries, avaient purement plié bagages. Laissant les politiques béninois continuer de  végéter dans leurs tares. Accusé numéro 1 du « Ppea II gate », le ministre de l’Energie, devenu député, Barthélémy Kassa. Il avait,  à corps défendant et à force de ruses, assuré sa propre défense, évitant de justesse la levée de son immunité, afin de ne pas  faire face aux poursuites judiciaires. La prouesse de Kassa, qui n’était pas un premier venu, c’était d’avoir fait comprendre,  à qui de droit, qu’il ne tomberait pas tout seul, encore moins se laisser sacrifier sur l’autel des intérêts sordides du Prince. Pour lui, l’ancien argentier, Komi Koutché et le président d’alors devraient  être aussi interpellés. Ce qui a marché. Il n’avait pas été inquiété outre-mesure.
 Classés sans suite ?
 C’est cela le charme de la politique : réussir à ameuter la foule et faire fuir les ennemis. Le coup du sort ou coup de pouce,  à lui donné,  par le juge, l’aidera  à définitivement passer l’éponge sur cette cauchemardesque affaire. Il ne lui restera que  l’enfer de la conscience. Car, s’il est facile d’échapper à la justice des hommes, la conscience reste la pire des prisons.  Lui et ses compères  s’y débattront comme le diable dans le bénitier. Mais, au-delà  du cas Kassa, et de ce non-lieu, quelles en sont les conséquences ? Les autres scandales commis sous le régime défunt, devraient logiquement, rester sans suite, et leurs  auteurs impunis. Il reste que,  pendant longtemps, sommeilleront encore dans les mémoires des  Béninois, les scandales aussi rocambolesques que les affaires  Cen-sad, siège du Parlement, Icc services, Dangnivo, les avions présidentiels, Maria-Gletta, machines agricoles,  la Table ronde de Paris, les balles reçues par Martin Assogba, Nocibé, etc.
W.N