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conseil(La justice avait lavé le Marocain de tout soupçon)  

Sur la liste des entreprises citées mercredi 16 mai 2018 en Conseil des ministres comme étant défaillantes et dont il faut résilier les contrats dans le dossier de construction du siège du parlement, le groupement d’entreprise Emcr (Gee) n’y figure pas. Une preuve de ce que le gouvernement veut gérer ce dossier avec minutie et ne veut pas se laisser emballer par les commentaires au sein de l’opinion publique.    

L’entreprise ayant géré le gros œuvre, plus précisément le lot 1, peut demeurer tranquille dans cette affaire. Les injustices qu’elle a subies par le passé avec le régime Yayi pourraient être corrigées avec le président Patrice Talon. Le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 16 mai 2018 montre que le Chef de l’Etat ne veut pas engager le pays dans un bras de fer inutile qui coûtera très cher aux caisses publiques. Il vient de prouver qu’il veut vider ce dossier pour le bonheur de l’Etat béninois et de tous les acteurs qui sont intervenus sur ce chantier.

Il aurait pu tenir compte des réactions qui ont suivi la communication du Ministre du cadre de vie au parlement pour remettre en cause des décisions de justice. Mais, non. Il a fait preuve de sagesse. Gee ne sera plus maltraité injustement. Pour ceux qui ne le savent pas, l’entrepreneur marocain avait été jeté injustement en prison dans cette affaire et y était resté pendant 22 mois sans condamnation. Rien ne lui a été reproché. Tous les audits faits à l’époque ont révélé qu’il a exécuté son travail à 95% contre un décaissement de 89% du montant prévu. Son dossier ne sera plus évoqué devant la justice. Le président Patrice Talon a opté pour un règlement à l’amiable qui pourrait éviter le décaissement des 32 milliards FCfa au profit du Marocain.

 De 2012 à ce jour, malgré tout ce que le régime Yayi a fait, les 5% restant pour finir le gros œuvre n’ont pu être atteints. Le génie militaire a pris par là sans rien faire. De nouvelles entreprises ont été commises et un montant de 7 milliards de FCfa a été décaissé, sans aucun résultat. C’est d’ailleurs ces nouvelles entreprises sollicitées illégalement qui ont alourdi la liste publiée hier en conseil des Ministres. Sinon, au départ, c’était 11 entreprises pour les 11 lots. Et le montant englouti avant la suspension était 14 milliards de Fcfa. Les audits d’alors n’ont rien révélé de grave et les travaux pouvaient être poursuivis selon le bureau Veritas. Les malfaçons notées par le cabinet Qcs, bien que discutables, sont l’œuvre des nouvelles entreprises sollicitées sans aucune procédure de passation de marchés publiques. Ce sont elles qui ont occasionné les malfaçons et ont aussi porté le montant à 22 milliards de FCfa pour un faible taux de réalisation.

A l’époque aussi, il faut remarquer qu’en plus du fait que Yayi Boni n’était pas forcément animé d’une intention de voir les travaux finir à temps, il y a aussi les députés, eux-mêmes, qui ne s’étaient pas préoccupés de l’évolution du chantier. Sinon, comment se fait-il qu’ils ont laissé passer le budget général de l’Etat alors même que les prévisions pour la construction du siège de leur Institution étaient insignifiantes ?

Qui a fait venir une entreprise togolaise sur le chantier avec 70 ouvriers étrangers qui ont encaissé sans bouger sur le chantier ? Quels étaient les liens entre le pouvoir d’alors et l’entreprise togolaise ? Autant de questions auxquelles des réponses doivent être trouvées pour situer les responsabilités.

Des vérités demeurent cachées. Le Chef de l’Etat doit chercher à rencontrer les premiers entrepreneurs pour s’informer. Des documents  de preuve existent pour éclairer davantage le Président de la République sur certains pans importants de ce dossier.

 Félicien Fangnon