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hostie Léonce Houngbadji aura réussi à faire parler de lui. Acteur des médias, il glisse en politique. Dans cette jungle où les petits participent au buffet des plus forts, il faut savoir être prudent : avoir un peu de retenue et savoir raison gardée. Servir la Nation et la République, oui. Mais se préserver pour sa famille est aussi très idéal. Dans ce rôle, il s’offre en proie facile en lieu et place de ceux qui ont seulement pour avenir, le rendez-vous avec le dernier jugement.
Depuis un certain temps, Léonce Houngbadji est devenu porte-voix d’une certaine opposition. Il est sur les chaînes françaises et africaines. Ce que Yayi Boni ne peut pas dire, c’est Léonce qui le dit. Ce que le roi du poulet ne peut dire, Léonce lui prête sa voix. Il joue à la barbouze. Mais qui est Léonce ? Un homme de teint bronzé. Un homme aussi de châssis peu cylindré.A l’opposé de ceux qui n’ont plus rien à prouver, Léonce est dans la fleur de l’âge et doit savoir disposer de son avenir. Léonce, c’est aussi depuis quelques mois, le président du Parti pour la libération du peuple (Plp). De quel peuple les amis de Léonce veulent assurer la libération ? Ce peuple dahoméen d’hier, béninois d’aujourd’hui ? C’est un rêve utopique. A moins de méconnaître ce peuple qui sait donner des directives aux politiques. Bruno Amoussou, le renard de Djakotomey, sait comment le Bénin est un peuple insaisissable. Dans le dilemme qui était le sien, à l’occasion de la dernière présidentielle, Bruno Amoussou, le président de l’Union fait la nation, s’est référé au peuple pour prendre sa décision finale. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre l’attitude de Bruno, lorsqu’il considérait le premier tour comme des primaires. En effet, l’issue du premier tour, donne l’orientation pour le sprint final.
Par ailleurs, depuis les indépendances, aucun parti politique n’a pu s’imposer au plan national. Même les grands regroupements tels que l’Union du Bénin du futur (Ubf) sous Mathieu Kérékou, et Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) avec Yayi Boni, n’ont eu de zones d’influence que celles des partis régionaux qui les composent.
Alors, l’étoffe de mon confrère est-elle suffisante pour faire de son Plp, un parti d’envergure? Ou bien le parti représente juste une couverture pour des prises de position politique d’un journaliste en déperdition ? Albert Tévoédjrè sait comment on ne plaisante pas lorsqu’on veut solliciter des suffrages. Le fonctionnaire international, Rapporteur général de la Conférence nationale, a eu maille à partir avec ses électeurs de l’Ouémé. C’est ce peuple qui apprenait au leader de Notre cause commune que « sa politique est lente. Et que son jeune frère Hagbè (Adrien Houngbédji) était en avance sur lui… » Mathieu Kérékou n’a-t-il pas dit que les élections au Bénin coûtent une fortune ! Alors le Plp paraît bien marginal dans l’océan des partis politiques béninois. Il ne peut que paraître ridicule à une élection d’importance. Entre modestie et grandiloquence, il faut savoir choisir pour assurer un meilleur lendemain à soi-même et à sa progéniture. Surtout lorsqu’on est dirigeant d’un parti dont on peut tenir les militants à l’ombre d’un seul arbre.
 
Jean-Claude Kouagou