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La jeune génération sensibilisé pour une prise de conscience

C’est désormais clair dans la tête des étudiants, doctorants et docteurs du Département de génétique et des biotechnologies de l’Université d’Abomey-Calavi. A la faveur d’une causerie-débat au jardin botanique jeudi 25 juin 2015, un coin de voile a été levé sur le concept de brevet dans le contexte de la conservation et de l’utilisation durable des ressources phytogénétiques en Afrique. C’était en présence de Jeanne Zoundjihèkpon, Jérôme Médégan Fagla, Egounléty Toudonou et Edmond Zinsou.

Aller à l’école des tradithérapeutes pour vaincre les maladies dont souffrent les Africains. Tel est l’objectif poursuivi par le Laboratoire de génétique écologique de l’Université d’Abomey-Calavi en initiant un débat autour du thème : « Le brevet dans le contexte de la conservation et de l’utilisation durable des ressources phytogénétiques en Afrique ». Sous le leadership de Dr Jeanne Zoundjihèkpon, directrice de ce Laboratoire, la rencontre à bâton rompu a permis aux étudiants, doctorants et docteurs de comprendre que le concept de brevet est une invention du Blanc pour asservir davantage les Africains. A l’en croire, le brevet n’est pas un concept africain. « La médecine moderne connaît le brevet, mais celle traditionnelle africaine n’en connaît pas », a lancé Jeanne Zoundjihèkpon à ses apprenants et chercheurs. A sa suite, Dr Egounlety Toudonou, Directrice du Centre médical Zéyon, qui allie médecine traditionnelle à la moderne à Cotonou a lancé un appel à la jeune génération. Elle a exhorté les étudiants et chercheurs à rendre service à l’Afrique pour que ce continent puisse apporter quelque chose au monde. A titre illustratif, elle s’est appuyée sur le professeur Parez (initiatrice de la structure de traitement de la lèpre du cœur Massa au Sénégal) pour montrer que la médecine traditionnelle peut traiter beaucoup de maux. Dans cette veine, elle a exhorté l’assistance à ne pas être complexée parce qu’elle est noire. « Cherchez, fouillez, bêchez. N’ayez pas peur. Vous avez la bénédiction des aînés pour relever la tête», a-t-elle fait remarquer.

Pour sa part, Edmond Zinsou, Secrétaire du groupe de recherche et d’action pour la médecine africaine (Grama), a partagé ses expériences en sa qualité de tradithérapeute. Il a passé en revue les vertus de quelques plantes dont l’aloès. Aussi, a-t-il énuméré quelques plantes africaines ayant fait l’objet de brevet par une firme américaine sans la réaction des autorités africaines. Entre autres, il a évoqué le Vernonia Amidania (Aman vivè en langue fon).

Avant la phase des réponses aux préoccupations, la jeune génération s’est abreuvée à la source intarissable du Dr Jérôme Fagla. Aux dires de l’inventeur du Vk500, la médecine africaine est plus puissante que celle moderne. A juste titre, il a invité ses protégés à revendiquer la paternité de la vaccination et surtout à ne pas négliger leur culture. « On a besoin de brevet pour les inventions. Mais ce concept est conçu pour faire main basse sur les inventions », a-t-il déclaré pour conclure.

 Serge Adanlao