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fcbe-prd-rbOptant pour l’Opposition, l’Alliance Fcbe se retrouve dépourvue de deux grands soutiens politiques. Elle devra la faire sans le Parti du Renouveau démocratique (Prd) et la Renaissance du Bénin (Rb) qui, lors de l’ouverture du Conseil national des Fcbe, n’ont explicitement démontré aucune volonté de militer du côté de l’Opposition.

Officieuse depuis l’échec cuisant à la présidentielle de 2016, la fin de la lune de miel entre les Fcbe et leurs alliés du Prd et de la Rb est désormais officielle. L’Alliance Fcbe, au terme de son Conseil national tenu samedi 3 décembre 2016, a décidé de se ranger du côté de l’Opposition. Mais ce sera sans compter sur leurs plus grands alliés de la présidentielle de 2016. Invités à l’ouverture du Conseil national, le Prd, représenté par son secrétaire général Karim Wabi Fagbémi, et la Rb, par Richard Soglo, n’ont donné aucun signe de rallier l’Opposition. Loin s’en faut ! Ces deux partis, l’un décidé et l’autre hésitant, semblent respectivement confortables dans leurs positions. « Juste un peu après son investiture, le président de la République, Guillaume Patrice Talon, a mis en place une commission nationale chargée des réformes politiques, commission dans laquelle les Fcbe furent bien représentées. Les résultats des travaux suscitèrent partout dans le pays des débats féconds. Des réformes sont engagées dans plusieurs domaines. Le constat est que le mal était plus profond qu’on le croyait. Il s’avère nécessaire que nous soyons tous ensemble pour accompagner ce mandat que le nouvel élu a placé sous le signe des réformes politiques et institutionnelles ». Ces propos du secrétaire général du Prd, Karim Wabi Fagbémi, à l’ouverture du Conseil national des Fcbe, illustrent la position du Prd. Richard Soglo s’est, quant à lui, contenté de féliciter les Fcbe pour l’organisation du Conseil national qui traduit leur volonté de rester actifs sur la scène politique nationale. Il les a ensuite invités à jouer le rôle qui est le leur, « car le Bénin a besoin de tous ses fils pour se développer », a-t-il laissé entendre.

  Les griefs du Prd et la méfiance de François Abiola à l’égard des Fcbe

C’est sans détour que le Secrétaire général du Prd Wabi Fagbémi a exprimé aux Fcbe, ce que le Prd considère comme un refus de gestion inclusive adoptée par l’ancien régime sous Yayi Boni. « Dans un passé récent, les Fcbe s’étaient plusieurs fois illustrées dans l’obstruction à tout ce qui pourrait renforcer la démocratie. J’en veux pour preuve le désir ardent du Prd d’initier, deux ans avant la fin du mandat échu,  un dialogue politique national inclusif dont l’objectif n’était que de faire des propositions et d’exiger des correctifs allant dans le sens du renforcement de notre démocratie. La classe politique, dans sa globalité, et la société civile avaient compris la pertinence d’une telle initiative, mais craignant un changement du pouvoir, les Fcbe avaient simplement noyé le poisson dans du dilatoire. Un cadre préparatoire d’un dialogue politique avait été en effet mis en place par le pouvoir d’alors, mais il n’avait abouti à rien puisque ses objectifs n’étaient pas conformes à ce que préconisait le Prd. Le refus répété des Fcbe d’accepter ce dialogue politique inclusif pour des réformes profondes en vue de consolider la démocratie dans notre pays avait, qu’il vous souvienne, amené le Prd à rejeter la main tendue du pouvoir pour sa participation à la gestion des affaires du pays », a expliqué le représentant du Prd au Conseil national des Fcbe. Pour le président du Mouvement Espoir du Bénin (Meb), le professeur François Abiola, les Fcbe ont commis une faute fatale lors de la dernière présidentielle. « Nous avons fait la faute à ne pas commettre et le peuple nous a sanctionnées », a-t-il fait savoir lors de son allocution. Selon lui, le Conseil national est aussi l’occasion de repenser à la liberté d’expression et de choix au sein de l’Alliance Fcbe. « Je reste convaincu que si la main avait été laissée pour le choix du candidat à la présidentielle, les choses auraient tourné autrement », a-t-i soutenu avant d’inviter l’alliance et les partis présents à « ne pas insulter demain en politique ». Un langage assez évocateur qui dénote combien tout peut changer demain et invite à rester prudent dans le choix de l’orientation politique. Par ailleurs, le professeur François Abiola a annoncé que le Meb sera en Congrès le 10 décembre prochain dans le département du Plateau pour décider de son orientation politique.

APA