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L’intervention du chef de l’Etat est vivement attendu sur ce chantier où sont abandonnés les engins lords de l’entreprise Adéoti

L’entreprise Adéoti enregistre depuis peu des difficultés dans la construction du tronçon routier Dogbo-Toviklin-Lalo-Klouékanmè. Après avoir exécuté le chantier jusqu’au quartier Malomè, elle est bloquée par des populations de la Commune de Klouékanmè qui réclament la construction d’un rond-point sur ce tronçon.

La population de la Commune de Klouékanmè fait obstruction à l’avancée des travaux de l’entreprise Adéoti. Elle réclame en effet l’érection d’un rond-point dans la ville. Cette donne qui n’était pas prévu dans la réalisation du chantier divise population et ouvriers du chantier. Dépassés, les autorités communales, les sages et notables de la Commune tentent en vain de calmer la colère desmanifestants. De ce fait, la construction du tronçon Dogbo-Toviklin-Lalo-Klouékanmè a du plomb dans l’aile. Elle est interrompue depuis quelques jours du fait de l’interposition des jeunes de la Commune de Klouékanmè qui ont chassé les employés de l’entreprise Adéoti en charge des travaux. Ces jeunes manifestants imposent à l’entreprise,l’érection d’un rond-point au niveau du marché de Malomè. Ce qui n’est pas du goût des  autorités communales qui estiment que l’entreprise Adéoti n’a pas à se soumettre à la volonté des jeunes de la Commune. Elles soutiennent qu’aucun rond-point ne peut être construit à ce niveau étant donné que rien de tel n’a été prévu dans le contrat qui lie l’Etat à l’entreprise Adéoti. Le ralentissement des travaux rendait difficile la circulation aux usagers qui ont plusieurs fois crié leur ras-le-bol. Face aux mécontentements et frustrations des populations, l’ex premier responsable de Klouékanmè avait, en vain, essayé de régler ce problème. Après son départ de la mairie, la situation s’est empirée avec la réalisation du tronçon routier Dogbo-Toviklin-Lalo-Klouékanmè encore appelé « Boucle du Couffo ». « Les autorités ne veulent pas que le rond-point soit érigé à ce niveau parce qu’elles craignent de détruire des maisons et des infrastructures du marché de Malomè. Mais nous, nous exigeons la construction de ce carrefour pour la fluidité de la circulation », a fait savoir Thomas Aristide Dossa, un des manifestants.
 Des tentatives infructueuses
 A plusieurs reprises, les autorités communales ont tenté de régler le problème. Dans un premier temps, c’est l’ex-maire de Klouékanmè et actuel préfet du Couffo Christophe Mègbédji qui, au cours de son mandat, a rencontré les femmes du marché de Malomè pour les convaincre de la nécessité de les déguerpir afin d’ériger un rond-point. Mais ces dernières lui ont opposé un refus catégorique de peur de perdre définitivement leurs places et leurs jobs. Préoccupé par la situation, le député Gérard Gbénonchi a, de son côté, tenté de convaincre les autorités centrales sur l’importance de la construction d’un rond-point sur  l’axe routier. Malheureusement, il n’a pas eu gain de cause. A l’en croire, c’est l’actuel ministre des infrastructures et des transports, Hervé Héhomey, qui lui aurait confié que sa démarche ne peut aboutir dans la mesure où le rond-pointn’est pas prévu dans le contrat. Depuis lors, le député tout comme l’ex-maire de Klouékanmè subissent les critiques des populations. Ne voulant pas laisser la situation perdurer, les sages et notables de la commune ont décidé d’agir à leur tour. Ils ont tenté, jeudi 20 octobre 2016 à l’hôtel Yesu Lémé de Klouékanmè, d’apaiser les jeunes. Une rencontre qui, malheureusement,n’a pas porté ses fruits.
 La voix des sages
 Frustrés par  l’arrêt des travaux de construction de l’axe routier et les agissements des jeunes,  les sages et notables de la Commune se sont engagés à trouver une issue à la crise. Réunis au sein de l’Association des sages et notables du département du Couffo (Asanoc), ils ont tenu une séance d’échanges avec les contestataires. Compte tenu de l’importance du sujet, tous ont répondu favorablement à l’appel. Après avoir souhaité la bienvenue aux participants, le premier adjoint au maire de la Commune, Honoré Médéto, a donné la parole à son collaborateur qui a montré combien il était nécessaire que le ministre des infrastructures et des transports, Hervé Hèhomey, assiste à la séance pour le règlement définitif de la crise. Il a indiqué que l’érection du rond-point n’est pas prévue dans le cahier de charges de l’entreprise Adéoti. Puis, il a demandé aux populations de se conformer aux décisions des autorités communales et centrales qui se sont engagées à réaliser la voie. « La construction d’un rond-point n’a pas été prévue dans le contrat. On ne peut pas faire autrement », a-t-il martelé. Des propos qui ont mis en émoi les manifestants qui, eux, sont restés campés sur leur position. Ils ont confié qu’ils préféreraient l’érection du rond-point en lieu et place de la construction de la voie. Intervenant au nom des manifestants, Kognon Sogadji a invité ses collègues frondeurs à pousser des cris de détresse jusqu’au  lieu où ils exigent la construction du rond-point.
 L’intervention du chef de l’Etat vivement attendue
 Dans cette situation, l’intervention de la première autorité du pays, Patrice Talon est nécessaire au regard de l’ampleur que prend la crise. Le Chef de l’Etat devient alors le dernier recours. En effet, après cette rencontre qui s’est achevée en queue de poisson, les autorités communales et centrales n’ont encore pris aucune décision pour la poursuite ou non des travaux de construction du tronçon routier. Tout est resté intact. Pour l’heure, les travaux de construction de la voie Dogbo-Toviklin-Klouékanmè sont bloqués. Des agents de la société se sont retirés,contraints d’abandonner le chantier. Des véhicules poids lourds et gros engins sont stationnés le long du tronçon, depuis le déclenchement du conflit. Les populations et les autorités se regardent en chiens de faïence. Les populationsattendent de voir si les autorités, dont l’actuel maire, Gabriel Togblévi pourront faire poursuivre ou non le chantier.
 Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)