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assembleDans ce dossier de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale, l’amateurisme a complètement pris place. Sur le chantier, ce sont les ‘’aveugles’’ qui montrent le chemin aux sourds et ces derniers jouent aux interprètes. Nouveau-venu dans cette affaire de milliards en divagation à Porto Novo, Noël Fonton, Ministre en charge de l’urbanisme, tente d’embrouiller Yayi Boni.
Lorsque le samedi 17 octobre 2015, le Président de la République était sur le chantier de construction du nouveau siège du parlement béninois, le ministre de l’urbanisme et les responsables en charge du chantier avaient évoqué certaines raisons liées au ralentissement des travaux. Entre aux autres, il avait été question du réseau terroriste Boko Haram dont les ramifications seraient en train de faire piétiner les travaux. On a même ouïe dire que le chantier serait en insécurité. Malgré cela, le chef de l’Etat avait exigé la date du 30 novembre 2015 pour livrer les travaux. « Nous voulons que vous en finissiez à fin novembre. Nous verrons les mesures d’accompagnement à mettre en place. Il vous faut une feuille de route qui tient compte de vos besoins. S’il faut renforcer les équipes, mobiliser les ressources, pour que vous puissiez tenir dans le délai. On ne change pas de date », avait prévenu Yayi Boni. Le génie militaire, ayant certainement compris qu’il n’en a pas les compétences, a émis des réserves. Bonaventure Vigan n’avait pas été d’accord pour cette date ; même si la Serhau.sa et autres avaient fait semblant de répondre par l’affirmative au Chef de l’Etat. Dans notre livraison du 20 octobre 2015, nous avions publié que ce délai ne pourra pas être respecté. Nous avions expliqué les incohérences qu’il y a sur le chantier et dit qu’il s’agit d’un complot.
Le dimanche 13 décembre 2015, Yayi Boni est encore allé en ballade sur le même chantier pour se rendre compte qu’en dépit de sa pression et des mesures (bancales) prises par le Gouvernement, rien n’a bougé. Le Ministre Fonton, oubliant certainement que des gens le suivent de très près et savent tout ce qu’il fait et dit dans ce dossier, tente une fois encore de se justifier et jette le tort sur ses compatriotes ouvriers qui opèrent sur le chantier. Il a fait croire au Chef de l’Etat que les ouvriers béninois qui sont sur le site paressent. Il a indiqué qu’ils trainent et ne veulent pas faire avancer les travaux. Mieux, il ajoute que les ouvriers togolais recrutés sont dérangés et menacés. Et cela a des impacts négatifs sur les travaux. Il poursuit son argumentaire en se demandant ce qui peut animer l’esprit des Béninois qui ne veulent pas voir le chantier finir.
Drôle, n’est-ce pas ? Dans un intervalle de  moins de deux mois, Noel Fonton trouve deux alibis différents pour justifier ce qui fait trainer les travaux.  Il peut tromper son chef, Yayi Boni. Mais pas les Béninois.
Et pourtant, les ouvriers togolais ont fait la grève !!!
Dans la semaine du 7 décembre 2015, les ouvriers togolais recrutés pour venir travailler sur le chantier ont manifesté leurs mécontentements. Pour exiger le paiement de leur prime journalière, ces Togolais ont fait la grève. Cet aspect a certainement échappé au ministre Fonton. Quand les ouvriers sont à jeun et n’ont pas pu manger parce qu’ils n’ont pas perçu leurs salaires, comment peuvent-ils bien travailler pour faire évoluer les travaux ? Pour rappel, des Togolais avaient été sollicités pour venir travailler sur le chantier en remplacement de certains Béninois. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est un projet de construction entièrement financé par le budget national. Et dans le cadre de la promotion de l’emploi (même si c’est précaire), il est toujours recommandé de recruter des jeunes des localités concernées par un projet du genre. C’est une règle que les entrepreneurs font toujours respecter. Et sur le même ouvrage, les entrepreneurs qui avaient travaillé ont respecté ce principe. Malheureusement, tout a changé à l’ère du ministre Fonton qui, visiblement, ne donne pas l’impression de mieux faire que ses prédécesseurs.
Des méthodes archaïques sur le chantier  
Sur ce chantier de grande importance, les ouvriers n’ont pas le matériel nécessaire pour travailler. Ils sont contraints à des méthodes révolues pour fonctionner. Par exemple, ils utilisent des poulies et autres matériels pour faire monter des sceaux d’eau et de sable. Au lieu d’utiliser des machines de dernières générations pour faire évoluer les travaux, ce sont des cordes qui servent à faire monter les sceaux de ciment préparé et autres pour aller plus haut. Le mode de paiement des ouvriers sur le chantier aussi est contraire aux normes. Aucune traçabilité n’est observée et les travailleurs ne sont pas assurés. Nous y reviendrons avec plus d’informations sur la gestion des finances sur le chantier de Porto-Novo.
Félicien Fangnon