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La reprise des travaux traîne toujours

(Les cadres continuent de le rouler dans la farine)

A Porto-Novo, le nouveau siège de l’Assemblée nationale en construction connait toujours des difficultés. Les entreprises présentes sur le chantier n’arrivent pas à respecter les délais fixés par l’Exécutif et, chaque jour, la situation se complique davantage. Selon nos informations, Yayi Boni ne pourra pas réceptionner les travaux avant de quitter le pouvoir dans quelques mois.

Sur le chantier à Porto-Novo, les entreprises ayant repris les travaux en main n’ont pu terminer les 10% des gros-œuvres depuis 13 mois alors que l’entreprise incriminée avait mis 36 mois pour réaliser les travaux à 90%. Le carrelage qui devrait durer environ six mois n’a pas encore commencé . La charpente métallique qui va tenir debout l’hémicycle n’est pas encore acquis alors que son transport du Canada vers le Bénin devrait prendre au moins deux mois par voie de mer (sans tenir de l’hiver en ce moment). Il en est de même pour le climatiseur principal de l’hémicycle qui n’est pas encore commandé aussi à l’extérieur. Mieux, il y a un problème de coordination sur le chantier et le nombre de cadres dépasse pratiquement le nombre d’ouvriers et de techniciens. Ils sont nombreux à roder sur le chantier ; mais n’arrivent pas à apporter une expertise pour le succès des travaux. Un technicien ayant travaillé sur ledit chantier nous a même confié que cet ouvrage ne sera pas livré avant 2017. Sur le même chantier, les gens semblent ne pas savoir exactement comment faire pour faire évoluer le travail. Contacté au téléphone, un ouvrier a même dit « qu’ils se cherchent et évoluent sans boussole ».

La coordination des travaux est assurée par l’Organe de Pilotage et de Coordination ( Opc), comprenant la Serhau Sa, le ministère de l’urbanisme et les architectes. Un compte spécial a été créé au nom de cet organe pour gérer les fonds destinés à la finition du chantier. Pendant ce temps, la Serhau est trainée devant la justice par des entreprises et le tribunal a même bloqué ses comptes en banque. Depuis longtemps, un ‘’détournement d’argent’’ se fait dans la réalisation desdits travaux. En effet, l’Opc n’est pas le maître d’ouvrage délégué et n’a pas le droit de gérer les fonds publics. Dans le cas d’espèce, le contrat entre la Serhau et le ministère de l’urbanisme est en cours bien que la Serhau n’a plus d’indépendance dans son rôle. L’argent qu’elle est censée gérer est viré à un autre organe qui ne saura justifier des dépenses, puisqu’incompétente. En aucun cas, un organe de pilotage ne peut gérer des fonds publics de cette importance. Elle ne pourra faire aucun compte rendu comptable. Elle n’est pas maître d’ouvrage délégué et n’a passé de marché à aucune entreprise. C’est dire que tout ce qui se passe sur le chantier en ce moment ne répond à rien et le peuple ne saura à qui demander des comptes en cas de mauvaise gestion.

 Des Béninois chassés pour des Togolais      

 Sur le chantier désormais, les ouvriers Béninois ne sont plus les bienvenus. En tout cas, la plupart ont été chassées, il y a quelques jours au profit d’ouvriers recrutés du Togo. Nous n’avons rien contre les frères togolais. Mais la bonne pratique veut que pour un ouvrage financé sur fonds propres, c’est-à-dire sur le budget national, les entreprises ayant gagné les marchés doivent accepter la main d’œuvre locale. C’est pour cela d’ailleurs que dans la présentation des avantages du projet, on indique le nombre d’emplois circonstanciels que cela pourrait générer. Le projet de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale  est entièrement financé par le budget national. Et si les travaux trainent jusqu’à ce jour, ce n’est pas la faute aux ouvriers ou aux petites entreprises. C’est un problème de coordination.

 Les cadres dupent Yayi

 Dans ce dossier, il serait anormal d’accuser le Chef de l’Etat. Il tient à l’achèvement des travaux et s’investit à cet effet. Les nombreux décaissements effectués et ses fréquentes descentes sur le site témoignent de sa volonté à voir les députés rejoindre leur nouveau siège. Mais, il y a des cadres qui, visiblement, n’ont cure de ce souhait du chef de l’Etat. Sinon, comment se fait-il qu’ils se refusent de dire la vérité au Président de la République afin qu’il sache réellement ce qu’il faut faire pour gagner ce pari ?  Yayi Boni n’est pas entrepreneur. Il n’est pas ouvrier et technicien de Btp non plus. Il ne peut que recevoir des suggestions pour agir dans cette affaire. Malheureusement, il y a des cadres du ministère de l’urbanisme qui l’embrouillent.

Ces cadres savent bien qu’à l’allure actuelle, les travaux ne seront pas achevés avant la fin du mandat Yayi. Ils savent bien que la plupart des actes posés sur ce chantier ne sont pas de nature à faire avancer les travaux. Ils savent aussi que par le passé, ils avaient amené le pouvoir à prendre des mesures qui, à la fin, n’arrangeront pas le Gouvernement. Ils savent qu’il y a beaucoup de mois encore à faire pour vraiment finir et ils doivent savoir enfin, que l’Opc n’a pas le droit de gérer de l’argent à la place de la Serhau. A suivre…

 F.F