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Jean-Baptiste Elias a fait des révélations

Le président l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) intervient sur le scandale du siège de l’Assemblée nationale dans lequel certains députés se plaignaient de la mise à l’écart de leur institution. Dans une interview accordée à Océan Fm hier mardi 15 mai 2018, il affirme qu’en 2008, le Parlement était bel et bien représenté lors de la signature de la conclusion du marché. Jean Baptiste Elias dévoile aussi les 8 entreprises impliquées dans l’affaire.

Le Matinal : Que fait l’Anlc dans ce dossier que d’aucuns qualifient de scandale de corruption avec des dizaines de milliards de francs Cfa du contribuable béninois ?

Jean-Baptiste Elias : Je voudrais prier les Béninois de garder le calme. Il faudrait qu’on y aille scientifiquement pour éviter d’aggraver la situation.

Vous estimez qu’il n’y a pas assez de prudence dans le traitement de ce dossier ?

J’ai l’impression qu’il y a un peu de passion dans le traitement de ce dossier, encore que les Béninois et Béninoises ont raison mais je voudrais prier les uns et les autres à prendre patience pour que le dossier soit traité avec la technique qu’il faut pour éviter que cela nous retombe dessus après. Ce dossier de construction du siège de l’Assemblée nationale date de 2002. En 2002, il y a eu une programmation des activités de construction. Cela veut dire qu’il y a eu un dossier qui a été monté par le Ministère de l’environnement de l’habitat et de  l’urbanisme qui a permis le choix d’un architecte ou d’un groupement d’architectes. Les différentes parties pre-nantes ont été représentées pour conduire le concours architectural. Le gouvernement a été représenté par le ministère de l’environnement de l’habitat et de l’urbanisme, l’Assemblée nationale a été représentée par un député et d’autres techniciens pour le choix de l’architecte ou du groupement d’architectes devant faire le travail.

C’est ce que vos travaux ont permis de savoir ?

Absolument. A cette étape-là, on a compris qu’il y a eu beaucoup d’activités qui ont été menées. Entre autres activités, la construction du siège de l’Assemblée nationale n’a pas eu un permis de construire. Pour qu’il y ait un permis de construire, c’est de la responsabilité de l’architecte ou du cabinet d’architectes. Pourquoi, il n’y a pas eu  ce permis de construire ? Pour l’instant, on ne peut pas le dire.

A qui la faute ?

Il faudrait faire les investigations pour situer les responsabilités. Deuxième étape. C’est le déguerpissement. Cette étape a eu lieu en 2005 et on a dédommagé tous ceux qui étaient là. La troisième phase a été le commencement des travaux. En 2008, la Serhau Sa a lancé les dossiers d’appel d’offres et je vous garantis que toutes les parties étaient représentées pour retenir les entreprises devant exécuter les marchés.

Quelles sont ces parties ?

Il y a le Gouvernement, le Parlement qui était représenté dans la commission d’étude et d’attribution des marchés. Il y a le groupement architectural qui était représenté, la Serhau Sa qui était représentée.

Vous parlez de l’Assemblée nationale qui a été représentée mais on entend depuis quelques jours que l’Assemblée n’a pas été associée à ce projet ?

Ça dépend de ce que vous aviez entendu. Ça dépend aussi des députés qui l’ont dit. Ce qui est certain, c’est que pour les dossiers d’appel d’offres, je confirme que l’Assemblée a été représentée par le député Djibril Débourou représentant le président de l’Assemblée nationale pour les dossiers d’appel d’offres. Il y a sa signature sur les documents. Puis, le marché des travaux a été également signé quand le dépouillement a pris fin et l’Assemblée nationale a été représentée au même titre que le Ministère de l’environnement de l’habitat et de l’urbanisme, Serhau Sa et le groupement architectural qui a gagné le concours architectural. Ils ont tous signé le marché.

Est-ce à dire qu’ils étaient censés suivre les travaux avec le maître d’ouvrage délégué ? Est-ce qu’ils ont suivi ou pas ?

Le déroulement des travaux sur le chantier, je n’en sais rien puisque je n’ai aucune pièce pour certifier s’ils ont oui ou non suivi le déroulement des activités.

Pouviez-vous nous donner le nom des entreprises concernées par ce dossier ?

Je continue de dire qu’il faudra que les Béninoises et Béninois soient patients et que nous ayons du calme pour situer les responsabilités parce que les appels d’offres ont été lancés pour retenir les entreprises pour chacun des lots concernant l’armature de la construction de l’Assemblée nationale. La commission pour le dépouillement, l’analyse et pour retenir les entre-prises est constituée de personnalités. Il y a lieu de savoir si oui ou non à ce niveau-là, la responsabilité de ceux qui étaient membres de la commission de dépouillement était engagée ou non. Conformément aux textes, les entreprises ci-après ont été retenues. Pour les gros œuvres, le groupement Emcr (7 milliards 770 millions 236 mille 356 francs Cfa, pour le lot 2, menuiserie-bois, l’entreprise Comovep a été retenue (233 millions 666 mille 845 francs Cfa), pour le lot 3, menuiserie-alu-Vitrerie, l’entreprise Princesse d’or a été retenue (1 milliard 229 millions 795 mille 142 francs), pour le lot 4, menui-serie-métal-fer, il s’agit de l’entreprise Cia ( 286 millions 360 mille 11 francs Cfa), Pour le lot 5 électricité-courant fort, l’entreprise Séib a été retenue (2 milliards 50 millions 322 mille 513 francs Cfa), pour le lot 6 électricité-courant faible, toujours Séib (546 millions 346 mille 432 francs Cfa), pour le revêtement-peinture-étanchéité c’est-à-dire le lot 7, c’est l’entreprise Emcr (1 milliard 382 millions 191 mille 546 francs Cfa), pour  le lot 8 climatisation Vmc, il est question de Séib (896 millions 171 mille 687 francs Cfa), pour le lot 9 charpente-couverture-faux plafond, il s’agit de princesse d’or ( 2 mil-liards 501 millions 862 mille 380 francs Cfa). Pour le lot 10 plomberie, ils ont retenu Sogeib (272  millions 223 mille 257 francs Cfa ) et pour le lot 11 A qui concerne l’assainissement intérieur du site, ils ont retenu Mayaric (2 milliards 138 millions 187 mille 960 francs Cfa) et puis enfin pour le lot 11 B qui concerne le Vrd assainissement intérieur du site, il s’agit de Mayaric et puis pour le lot 11 C qui concerne le Vrd assainissement extérieur du site, c’est l’entreprise Logique (1 milliard 677 millions 614 mille 302 francs Cfa) pour un total de 20 milliards 915 millions 978 mille 631 francs Cfa. Je répète qu’à l’étape actuelle, vous aviez les huit entreprises qui concernent les douze lots. Mais, la première des choses, est qu’il ne faut pas s’en prendre ni aux députés, ni aux ministres ni à personne parce que ces entreprises ont officiellement et légalement des responsables qui peuvent ne pas être des mi-nistres, ni des députés, ni des personnalités.

A propos des sanctions, qu’est-ce que vous suggérez pour la suite  du dossier ?

Dans ce dossier, il y a eu plusieurs audits. Quand tout ce travail a été fait, j’imagine que probablement la justice sera saisie, et les investigations nécessaires seront faites pour situer les responsabilités. Notre souhait, c’est que tous ceux qui sont concernés par le dossier puissent rembourser les montants. Et si après remboursement, il y a des sanctions pénales qui sont nécessaires pour décourager des comportements de ce genre, on peut le faire. Mais, pour nous autres, il faut que l’argent qui est pris soit remboursé.

Propos recueillis par Rachida Houssou