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assemblee nationale chantierLa plénière de ce lundi 7 mai, recevra plusieurs ministres au Palais des gouverneurs. Ceux-ci afficheront clairement la position du gouvernement sur la construction du siège de l’Assemblée nationale, un dossier à scandale dans lequel l’Etat a déjà englouti plusieurs dizaines de milliards de FCfa.

Le chantier du siège de l’Assemblée nationale est une boîte de pandore. L’ouverture de cette boîte risque d’éclabousser des personnes insoupçonnées, qui ont pris des marchés sans que l’on ne voit le bout du tunnel. C’est pour comprendre le fond du dossier que le Chef de l’Etat, lui-même, a rencontré le vendredi 27 avril 2018, les membres du bureau du Parlement, au Palais de la Marina. A l’issue de cette rencontre, une seule question est restée sur toutes les lettres : comment tout cela a pu bien se passer? Ce questionnement résume aussi les inquiétudes du gouvernement et du citoyen lambda. La plénière de ce jour a prévu que le gouvernement présente à l’hémicycle, une communication sur le dossier. Cette démarche initiée par  les premiers responsables de la 7ème Législature est l’expression de leur souhait de voir enfin les travaux reprendre. Selon le gouvernement, il s’agira de faire l’état des lieux de ce chantier, de présenter les différents audits commandités, de situer les responsabilités et d’exposer les intentions de l’Exécutif pour la suite. Situer les responsabilités, dans ce dossier à scandale est la préoccupation majeure de l’Exécutif. Les bâtiments qui devraient abriter le siège du Parlement seraient-il des châteaux de cartes.  Sans tirer des conclusions hâtives, l’on peut se fier aux rapports d’audit qui laissent planer des doutes sur le choix du site. A en croire un rapport fait par les Chinois,  la fondation devrait aller à 80 m de profondeur alors que Serhau Sa, adjudicataire du chantier, a creusé à une hauteur d’environ 30 m. D’autres rapports d’audits insinuent que pour l’achèvement de ce joyau, il faudra encore investir environ 40 milliards de FCfa, et que la durée de vie du siège serait de 10 à 20 ans. A prendre en compte toutes ces considérations, on peut dire facilement que l’on a jeté de l’argent par la fenêtre. Un siège dont le coût serait évalué, au finish, à environ 80 milliards Cfa, qui n’aura pas 50 ans de vie, est de la gageure. Or, il existe encore dans la capitale, des bâtiments coloniaux qui ont 100 ans de vie et qui tiennent encore debout. Cela vaut-il encore la peine de continuer les investissements ? Les députés qui sont pressés d’avoir un siège en bonne et due forme, perçoivent-ils les inconvénients de la poursuite de ce chantier ? L’avenir le dira.

 Martin Aïhonnou

(Coll)

Ordre du jour de la plénière du lundi 07 mai 2018

 1- Communication du gouvernement sur le siège de l’Assemblée nationale en construction.

 2- Proposition de résolution tendant à la création d’une commission parlementaire d’information, d’enquête et de contrôle sur la gestion des projets par l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise de l’énergie (Aberme).

 3- Pétition des populations pour la réhabilitation du quartier Gbèwa dans la loi 2013-05 du 27 mai 2013.