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nago_et_yayi_01-6-799caUn lapsus, peut-être prémonitoire, a marqué les esprits de ceux qui ont assisté à la sortie officielle de l’Alliance Fdu, le samedi 14 mars 2015, au Palais des congrès à Cotonou. Représentant l’Union fait la Nation, le député Léon Basile Ahossi s’est trompé en voulant s’adresser au Professeur Nago. Il l’a appelé « président de la République », au lieu de président de l’Assemblée nationale. Ce qui a provoqué, pendant de longues minutes, une hilarité dans la salle rouge qui était pleine à craquer et complètement acquise à la cause de l’Alliance Fdu.

Léon Basile Ahossi a reconnu, plus tard, avoir peut-être révélé le fond de sa pensée, ou son souhait pour l’issue de la présidentielle de 2016. Pour autant, nous sommes toujours dans le schéma de la fiction politique. Parce que du rêve à la réalité, il y aura encore beaucoup d’écueils à surmonter. D’ailleurs, le Pr Mathurin Nago n’en doute pas. « Nous ne nous faisons pas d’illusions. L’affrontement ne sera pas facile. Il sera probablement rude, face à certains adversaires qui ont pris le temps et la liberté de se gaver, de façon excessive, des ressources de l’Etat et de pratiques malsaines et illégales », a-t-il laissé entendre. Encouragé par les applaudissements des sympathisants de l’alliance, le Coordonnateur national s’est alors épanché. Douleurs longtemps enfouies, frustrations et déceptions accumulées à cause d’un régime « fini », selon le mot de l’Honorable, Sacca Lafia, ont tôt refait surface. Il en a profité pour révéler les efforts consentis et les risques souvent pris pour freiner Yayi Boni dans ses velléités machiavéliques. De la cabale dont il fait l’objet de la part du régime, des mensonges distillés à coups de nombreuses communications dans la presse, tout a été dénoncé. Comme leçon tirée de l’expérience Fcbe, Mathurin Nago a recommandé que la nouvelle Alliance ne soit pas gangrenée par la gestion solitaire du Pouvoir, l’infantilisation et l’instrumentalisation, le mépris et l’étouffement des initiatives. Au sujet de la révision de la Constitution, promise lors par les Fcbe, pour durer cent ans au Pouvoir, il s’est dit prêt à tout pour empêcher la réalisation de ce projet funeste. Contrairement à ce qui est relayé, par presse interposée, il n’a jamais donné un quelconque accord à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. D’ailleurs, les intriques et manœuvres du Palais l’ont convaincu sur le fait que « les desseins qui se cachent derrière ce projet ne sont pas des plus nobles ». C’est pourquoi, il a invité qui de droit à assumer sa responsabilité, plutôt que de chercher des boucs émissaire.

 « Je n’ai pas de cadavres dans les tiroirs »

 « Pourquoi veut-on, coûte que coûte, faire porter, par un autre, une initiative que l’on a soi-même prise et défendue ? Est-ce à dire que l’initiative cache des non-dits, des choses graves et malsaines, qu’on ne peut pas défendre soi-même en fuyant ses propres responsabilités ? » S’est-il demandé avant de dire : « Si le projet de révision ne nous posait aucun problème fondamental, les manœuvres et les manipulations diverses observées, ajoutées aux informations graves régulièrement apportées par les personnalités proches du Pouvoir, ont fini par me convaincre qu’il fallait prendre du recul par rapport à ce dossier devenu délicat et encombrant ». après avoir libéré sa conscience du poids de sa mésaventure politique chez les Fcbe, le président de l’Assemblée n’a pas hésité à tancer et menacer ceux qui veulent le détruire politiquement. Il promet aussi de faire des déballages. Quad on sait qu’il a été proche du Pouvoir, et parfois au centre du système Fcbe, cette menace est à prendre au sérieux. Par exemple, Mathurin Nago ne conçoit pas que le siège du nouveau Parlement ne soit pas encore construit à ce jour. La responsabilité, selon ses propos, incombe à ceux qui n’ont pas voulu donner le marché aux meilleurs, mais plutôt à des regroupements d’entreprises mis sur pied pour des intérêts ponctuels. Il est quasiment impossible donc, certifie-t-il, d’espérer qu’il soit construit d’ici cinq ans. Mathurin Nago qui a la conscience tranquille, s’est dit prêt à parler et à faire des déballages, si les attaques contre sa personne ne cessaient pas. «Je n’ai rien n’à me reprocher, et je n’ai pas de cadavres dans mes tiroirs, contrairement à eux », s’est-il justifié plusieurs fois.

 Wilfrid Noubadan

Valentin Aditi Houdé, pdt de l’And à la sortie officielle du Fdu : « Nous devons tout faire pour sauver notre démocratie en danger de mort »

 « Aujourd’hui, les princes qui nous gouvernent, après avoir conduit notre pays dans le gouffre, trouve encore du souffle pour gloser, pour dire pompeusement à qui veut les entendre qu’après eux, ce sera encore eux. Il s’agit là d’une arrogance, car Dieu n’a pas créé que ceux-là au Bénin. Et lui, le très haut nous aidera à arrêter leur volonté d’exclusion et d’écrasement des autres. Désormais au Bénin, les aveugles voient bien et les sourds entendent clairement. Mesdames et messieurs, nous devons tout faire pour sauver notre démocratie en danger de morts. Il nous faut plus qu’une unité sacrée pour arrêter l’élan meurtrier d’un pouvoir qui se cherche une majorité parlementaire en fin de mandat, en foulant au pied les dispositions légales chez nous. En effet, alors que la campagne électorale n’est même pas encore lancée, les posters géants trônent partout et montrent l’image du président Yayi Boni avec le logo des Fcbe, cependant lui-même n’est candidat à rien ».

  Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’espoir : «. Le 6 avril à 10 heures, s’il ne prenait pas les précautions pour partir, j’irai le chercher »

 « Qui a dit aux Fcbe, qui a dit à Yayi Boni de dire qu’il veut une majorité de cinquante, soixante-dix députés pour réviser la Constitution et pour rester au Pouvoir pendant cent ans ? Qui a pu leur mettre ça dans la tête ? Ils tiennent ça d’où ? Ou bien, notre Yayi Boni a réussi à acheter toutes les femmes, à mentir à tous les jeunes, qu’il se croit en terrain conquis, qu’il peut nous dire donner les bras, je vais vous attacher et nous allons lui remettre nos bras? Que se passe-t-il comme ça ? Il est dans son dernier mandat, il va réviser la Constitution pour faire cent ans, lui Yayi Boni ? A partir du 1er avril, le 2 avril, si je n’ai pas vu les cartons d’invitation pour faire la passation de service, le 4 ou le 5, je vais demander à chacun d’entre vous de rester à la maison. Si le 5, le carton n’est pas fait, je lancerai un appel moi-même et vous demander, le 6 avril, de ne pas sortir de chez vous. Que personne ne sorte de sa maison. Je ne veux voir personne dans les rues, je ne veux voir personne dans la cour des maisons, restez dans vos chambres sous vos lits. Le 6 avril à 10 heures, s’il ne prenait pas les précautions pour partir, j’irai le chercher. Je fais partie de ceux qui ont fait venir Yayi Boni et, c’est à nous de le faire partir ».