Spread the love

Ajavon2La convocation de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon devant la Criet,le 4 octobre 2018,fait couler beaucoup d’encre et de salive. Contrairement à ce que les spécialistes en intoxications diverses racontent, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme(Criet), n’est pas un tribunal d’exception. Son procureur l’avait de nouveau rappelé la semaine dernière lors d’une sortie médiatique. Justement, en partie parce que le tollé et le raffut consciencieusement entretenus, qui ont suivi la convocation de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, sont incompréhensibles. Ces réactions, de l’avis d’un observateur sont, en partie, dues au fait que ses partisans et une partie de la classe politique semblent considérer SébastienAjavon comme un justiciable au-dessus des autres. Sinon, une simple convocation ne devrait pas susciter autant d’agitations. En effet, depuis l’annonce du rendez-vous du jeudi 04 octobre 2018, le pouvoir et la Justice sont traités de tous les noms d’oiseaux. Cela est d’autant plus surprenant que ceux qui étalent bile et acrimonie sur les réseaux sociaux ne se sont pas posés les vraies questions. Ils devraient se demander pourquoi Sébastien Ajavon a été reconvoqué dans le dossier « 18kg de cocaïne »? Apparemment, il y a eu du nouveau dans le dossier. Sinon, ce qui est sûr, depuis son avènement, ni Patrice Talon, ni son gouvernement ne nous ont habitués à une justice à double-vitesse. Le règne de l’arbitraire, des assassinats mystérieux et des éléphants blancs, qui avait allègrement cours sous le régime défunt, est du passé. Cela est une garantie que, comme les autres citoyens qui devront comparaître jeudi 4 octobre2018, Sébastien Ajavon bénéficiera de la même impartialité. A moins qu’il y ait des faits tangibles contre lui, il ne devrait pas être autrement inquiété. Au total Sébastien Ajavon est un justiciable ordinaire. C’est au Bénin qu’on pense autrement. En France, la convocation de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy devant les juridictions n’émeut personne. Pour le petit des citoyens français, la position sociale des hommes ne les place pas au-dessus de la justice dont le fonctionnement concourt au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit. Les nababs et les personnalités qui ont assumé de hautes fonctions ne peuvent pas être absouts de leurs péchés.

 Jean Paul Mahugnon