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Emmanuel Macron et Patrice talon au salon d’honneur de l’Elysée

(Près de 300 millions d’Euros déjà engagés)

La visite du Président de la République du Bénin, Patrice Talon, à son homologue français, Emmanuel Macron, a accouché de grandes résolutions. Les deux hommes ont exprimé leur engagement à dynamiser les rapports de coopération dans le cadre des nombreux projets en cours.

Le Bénin et la France s’engagent dans un rapport plus dynamique et fructueux. Le nouveau contrat de partenariat scellé entre les deux hommes porte sur 5 points phares. Le premier inscrit dans ce partenariat, c’est la construction d’un futur hôpital de référence à Abomey-Calavi. Sur ce volet, le Chef de l’Etat français a été suffisamment clair. « Nous confirmons la garantie de la Banque publique d’investissement (Bpi) avec une assurance crédit de 175 millions d’euros pour ce projet », a-t-il déclaré. La 2ème priorité, c’est la lutte contre le dérèglement climatique et la politique de ville durable. A ce niveau, le Président de la France n’a pas voulu trainer les choses. « Un programme ambitieux sur la ville durable qui  accompagnera Cotonou et 3 autres villes du Bénin à s’adapter aux changements climatiques sera signé également tout à l’heure (Ndlr hier lundi 5 mars) avec l’Agence française de développement pour un montant de 58 mil-lions d’euros ». Cette page tournée, place à la troisième priorité du gouvernement Talon. Celle-ci est d’ailleurs la plus importante, car elle vise à renforcer le patrimoine touristique du Bénin. Sur ce plan, le Président français n’a pas voulu trop jouer sur les mots. « …..Là aussi, nous signerons ce soir (Ndlr; 05 mars 2018) une déclaration d’intention avec l’Agence française de développement pour un montant de 43 millions d’euros afin de réaménager la cité lacustre de Ganvié qui est un élément important de cette attractivité touristique et c’est dans le droit fil de cette ambition que vous souhaitez également porter des projets de tourisme mémoriel que je soutiens pleinement », a-t-il fait savoir. La quatrième priorité du gouvernement est celle de l’éducation avec pour projet phare la Cité d’innovation et de Savoir, Sèmè City. Sur ce plan, le Chef de l’Etat français a exprimé l’engagement de son gouvernement à accompagner la science. « Plusieurs établissements d’enseignement supérieur français sont engagés et nous allons renforcer les partenariats dans ce domaine qui est également comme vous le savez l’une de nos priorités. Donc Central Sup’Elec, Epi-tech, l’Ecole de Design de Nantes seront consacrés dans leurs rôles », a-t-il fait connaître. La dernière priorité du gouvernement du Bénin soumise à la France concerne ce que Macron appelle l’offre culturelle. Sur ce plan, il a exploré la possibilité d’une plus grande circulation des œuvres entre le Bénin et la France. « Vous avez des projets dans le domaine muséal. Nous pouvons ensemble travailler aussi sur des prêts issus de collections françaises et c’est pourquoi j’ai demandé sans attendre l’issue de cette mission au Président du musée du Quai Branly, Stéphane Martin, de se rendre au Bénin dans les prochaines semaines pour travailler avec vos équipes et les responsables béninois sur ce sujet », a-t-il fait savoir.

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 Emmanuel Macron : «  La France soutient fortement le Pag »

« Je souhaite que nous pussions activement travailler ensemble. Le Bénin est un pays stable, démocratique et ami de la France. Notre relation est dense et ancienne et je veux ici dire très clairement que la France, soutient fortement le programme de réformes courageuses mis en œuvre par le Président Talon dans son pays. Vous menez avec votre gouvernement une politique ambitieuse pour relancer la croissance économique du Bénin et  nous sommes clairement engagés à vos côtés.

Nous avons évoqué justement les différents domaines de notre coopération. Nous avons évoqué plusieurs sujets régionaux comme internationaux et évidemment toutes les pistes pour intensifier notre partenariat. Un document cadre sera signé lors de votre visite avec le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Le-moyne à cet effet. J’aimerais revenir sur 5 priorités  de ce partenariat.

– La première en  matière de santé, c’est le futur hôpital d’Abomey-Calavi. Nous confirmons la garantie de la Banque Publique  d’investissement avec une assurance crédit de 175 millions d’euros pour ce projet.

– La 2ème priorité, c’est la lutte contre le dérèglement climatique et la politique de ville durable indispensable dans toute la région et particulièrement dans votre pays. A ce titre, un programme ambitieux sur la ville durable qui  accompagnera Cotonou et 3 autres villes du Bénin à s’adapter aux changements climatiques sera signé également avec l’Agence française de Développement pour un montant de 58 millions d’euros.

La 3ème priorité, et vous y tenez beaucoup à juste titre, c’est le tourisme. En effet, dans les perspectives économiques de votre pays, le développement du tourisme est une des grandes priorités de création d’activités et d’emplois. La France a un savoir-faire connu dans ce domaine et je souhaite que nous puissions vous accompagner pleinement dans cette stratégie. D’abord, en termes de formation et donc l’Agence française de féveloppement concentrera des financements pour aider à des formations en matière d’hôtellerie – restauration. Ensuite avec des projets concrets et c’est pourquoi là aussi nous signerons ce soir (hier) une déclaration d’intention avec l’Agence française de développement pour un montant de 43 millions d’euros afin de réaménager la cité lacustre de Ganvié qui est un élément important de cette attractivité touristique et c’est dans le droit fil de cette ambition que vous souhaitez également porter des projets de tourisme mémoriel que je soutiens pleinement . Nous avons également des grands groupes français tels que le Club Med qui ont choisi d’investir au Bénin et je souhaite que nous puissions développer justement l’implication de ces groupes français quels qu’en soient les secteurs pour accompagner ce développement et cette création d’emplois.

La 4ème priorité, c’est justement la formation et l’éducation. En ce domaine, c’est l’une des batailles que vous avez souhaité conduire. Cela fait partie de vos priorités sur le plan domestique. La France souhaite accompagner juste cette ambition. La Cité d’innovation et de savoir, Sèmè City est à cet égard emblématique. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur français sont engagés et nous allons renforcer les partenariats dans ce domaine qui est également comme vous le savez l’une de nos priorités donc Central Sup’Elec, Epitech, l’Ecole de Design de Nantes seront consacrés dans leurs rôles. Nous apporterons également un soutien complémentaire de l’Agence française de développement. La formation aussi des maîtres sera une priorité. Nous allons ensemble travailler sur des sujets de gouvernance en la matière.

Enfin, la 5ème priorité que je vois à notre partenariat, c’est l’offre culturelle. Je voudrais plus particulièrement insister sur ce point. J’avais en effet évoqué à Ouagadougou mon souhait de voir le patrimoine culturel de plusieurs pays africains exposer et parfois conserver en Afrique. Et je me suis engagé afin que d’ici 5 ans les conditions soient réunies pour que des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique soient possibles. A cette fin, j’ai décidé de demander à deux personnalités incontestables et que je sais intellectuellement engagées sur ces questions de mener un travail de réflexion et de consultation afin de faire des propositions concrètes d’ici novembre prochain. Il s’agit de madame Bénédicte Savoy et monsieur Felwine Sarr que je remercie tous deux  chaleureusement d’avoir accepté de mener ce travail important qui me tient tout particulièrement à cœur et il est évident que pour tous ceux qui ont eu à admirer les œuvres du royaume de Danxomè, votre pays est tout particulièrement concerné par une telle initiative.

Aussi, sans attendre les résultats de ces travaux, je souhaite que nous puissions travailler dès maintenant avec vous, cher Président Talon, sur une plus grande circulation des œuvres entre nos deux pays. Vous avez des projets dans le do-maine muséal. Nous pouvons ensemble travailler aussi sur des prêts issus de collections françaises et c’est pourquoi j’ai demandé sans attendre l’issue de cette mission au Président du musée du Quai Branly Stéphane Martin de se rendre au Bénin dans les prochaines semaines pour travailler avec vos équipes et les responsables béninois sur ce sujet.

Voilà les 5 priorités toutes particulières  sur lesquelles je souhaitais revenir et insister en redisant ici tout le plaisir que j’ai eu à accueillir le Président Talon et tout le soutien de la France et de moi-même aux programmes de réformes  qu’il entreprend ».

  Patrice Talon : « La France continue d’être notre partenaire privilégié »

« Nous avons obordé les domaines de coopération et fait le bilan de ce qui est en cours et de ce qui reste à faire. Nous avons pu constater que la France continue d’être notre partenaire privilégié pour notre programme de développement. Je voudrais saisir l’occasion pour vous remercier pour la qualité de la coopération entre les deux pays et votre volonté de nous accompagner en permanence. M. le président, vous venez d’énumérer quelques-uns des axes majeurs de l’intervention de la France à nos côtés… Cela dénote de votre pragmatisme personnel et de la volonté du gouvernement français à nous accompagner et accompagner sans tabou notre programme ambitieux, de montrer qu’en quelques années, on peut changer la donne dans un pays pauvre. Le Bénin est un petit pays dans lequel il est facile de changer les choses. Quand on est 50 ou 60 millions, c’est un peu difficile, mais 11 millions d’habitants, c’est à notre portée. C’est cela qui justifie notre volonté d’agir avec autant de courage et de solliciter les partenaires pour nous accompagner parce que nous avons dit que cela est possible.

Notre faiblesse dans un pays comme le Bénin, c’est la malgouvernance. Et nous sommes résolus à donner une réponse positive et visible à nous-mêmes d’abord puis au monde entier dans notre volonté de renoncer à cette image qui nous caractérise et qui nous plombe, et qui fait que l’aide au développement donne l’impression de se lasser. Nous avons entrepris des réformes courageuses, impopulaires, mais c’est parce que nous savons que c’est la seule voie de sortie. Vous en savez quelque chose, car vous êtes également un homme de réformes. La France, grand pays, pays développé qui semble patiner un peu aujourd’hui, a besoin de réformes et vous en donnez la mesure. Nous, petit pays, qui avons du mal à sortir de la pauvreté, qui patinons dans le sous-développement, nous voulons donner la preuve que les réformes sont également pour nous, la seule voie de sortie. C’est un peu difficile. Il y a quelques remous qui vous parviennent, vous m’avez, lors de notre tête-à-tête, posé quel-ques questions là-dessus. Je vous ai dit qu’il y a quelques tensions, mais c’est bien le signe que ça va bien. C’est bien le signe que nous sommes en action par-ce qu’il n’y a nulle part au monde où on réforme, on abandonne les mauvaises habitudes, on veut changer les paradigmes sans remous ou avec l’applaudissement de tout le monde. Si c’est le cas, ça veut dire que nous ne sommes pas sur le bon chemin. C’est pour vous dire que tout ce qui a été annoncé tout à l’heure comme objets de coopération concrets et immédiats, se feront dans un environnement nouveau davantage d’efficacité et de prise en compte des paramètres réels d’efficacité et non des paramètres de populisme ou exclusivement politique.

Nous allons dans les 5 domaines que vous avez évoqués, attendre qu’ils se concrétisent assez vite, mais c’est déjà le cas dans beaucoup de domaines. Car, depuis quelques mois, nous avons conduit ce projet d’hôpital d’Abomey-Calavi avec l’accompagnement en termes de garantie de la Bpi et à un niveau de financement jamais égalé en si peu de temps.

Je voudrais pour finir dire que, dans le domaine du tourisme qui est un secteur de développement certain à cause de la panoplie de patrimoines que nous avons, nous comptons beaucoup sur la France pour nous accompagner dans la coopération muséale que vous venez d’annoncer tout à l’heure par mesure concrète de décisions de mise en œuvre de votre promesse. A ce titre, je voudrais que vous soyez personnellement le 1er acteur de la mise en œuvre d’une visite au Bénin pour nous donner l’assurance que la toute première personne qui constatera les bienfaits de cette dynamique serait vous. Je vous ai invité à venir au Bénin et vous m’avez promis que vous passerez assez rapidement.

Je voudrais que cela puisse se concrétiser et devant nos concitoyens, vous puissiez également dire ce que vous pensez des réformes dans le monde et ce qu’elles peuvent nous apporter. Ce n’est pas parce que nous avons besoin d’une caution extérieure que nous avons besoin de partager avec nos concitoyens les paramètres qui sont incontournables pour le développement. Sortir du sous-développement passe par des réformes. C’est sur cette note que je vais finir mes propos en vous remerciant pour votre appréciation de ce que nous faisons dans ce domaine et l’encouragement que vous m‘avez adressé tout à l’heure en disant « C’est la seule voie, continuez ».