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Comme Raphaël Akotègnon, Léhady Soglo et Candide Azannai sont aussi candidats

Ce dimanche 28 juin 2015, les Béninois se rendront aux urnes pour le renouvellement des membres des conseils communaux, de villages et de quartiers de ville. A Cotonou, ce scrutin s’annonce très serré en raison d’une campagne électorale menée tambour battant, suscitant l’enthousiasme et la passion au sein des populations. Au nombre des candidats en lice, beaucoup espèrent rivaliser, voire détrôner l’équipe dirigeante sortante, avec à sa tête l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo qui s’est retiré de la course au profit de son fils Léhady, pour lequel il a battu campagne.

Le Bénin organisera le dimanche prochain, pour la 3ème fois de son histoire, les élections locales, communales et municipales. Ces consultations ont souvent été des formalités pour les grands partis qui règnent en maître à la tête des communes et des municipalités où les populations sont acquises à leur cause. On a vu la Renaissance du Bénin s’imposer facilement à Cotonou à l’issue des élections 2003 et celles de 2008. On a également vu les Fcbe dominer leurs concurrents à Parakou. C’est aussi le cas du Prd à Porto-Novo, pour ne citer que le cas des villes à statut particulier. Faut-il se résigner et conclure qu’à partir de ces données qui ne sont plus partout valables que les élections du dimanche prochain sont déjà jouées d’avance et que les mêmes partis vont continuer à damer le pion à leurs adversaires? Peut-être pas. Car, les dernières élections législatives ont apporté de bonnes nouvelles aux partis qui n’espéraient pas rivaliser avec la Rb, leur vis-à-vis, leur donnant, du coup l’envie, de réitérer leur exploit lors des consultations du dimanche prochain. Ainsi, l’Union fait la Nation, emmenée par Candide Azannaï et Joseph Djogbénou, arrivée en tête à Cotonou (15ème et 16ème circonscriptions électorales) lors des élections des députés au mois d’avril dernier, espère se maintenir au sommet de sa popularité dans cette ville, cette fois-ci pour le compte des communales et des locales. Ces deux ténors se positionnent pour succéder à Nicéphore Soglo et faire échec à son dauphin Léhady Soglo. De même, le Prd sorti deuxième à l’issue des députations nourrit de sérieuses ambitions pour l’hôtel de ville de Cotonou. Le parti de Me Adrien Houngbédji a lancé dans la course son joker en la personne du député Raphaël Akotègnon, élu dans la 15ème circonscription électorale. L’autre candidat à la succession des Soglo, pourrait être Raphaël Edou, ancien ministre de la décentralisation de Yayi Boni ou encore Hubert Balley, dont le rêve ne date pas d’aujourd’hui. Tous proviennent de l’appareil d’Etat Fcbe avec un député à Cotonou qui est Marcel de Souza, non partant pour les communales après avoir annoncé ses intentions des mois plus tôt. Dans cette ville autrefois aux mains de la Renaissance du Bénin, de nouvelles personnalités devenant populaires se sentent en confiance et très aguerries pour prétendre y s’imposer et jouer les premiers rôles. Ce qui laisse croire qu’on verra probablement, lors des communales de ce dimanche, la Rb chassée de l’hôtel de ville de Cotonou par ses principaux rivaux. Ce n’est pas encore le cas, mais pour certains observateurs, l’affrontement Rb-Un, annoncé comme le duel le plus intéressant de ces élections, donne un sérieux avantage aux unionistes au détriment des «houézèhouè».

 Seul face à tous, Léhady retrousse ses manches

 Seul face à tous ceux-là, Léhady Soglo doit retrousser ses manches avant d’espérer se tirer d’affaire sur le fil du rasoir. De l’Union fait la Nation au Prd en passant par les Fcbe, le Rdr de Epiphane Quenum ou encore le Prad du Conseiller communal Gilbert Kinkpé, tous ont lancé une offensive contre le premier adjoint au maire, soutenu dans ce combat par le couple Nicéphore et Rosine Soglo entré en campagne pour sauver son protégé des tempêtes Azannaï-Djogbénou-Akotègnon. Le maire sortant et son épouse, député à l’Assemblée nationale, couverte d’éloges par la plupart des Béninois pour son rôle joué dans l’élection de Me Adrien Houngbédji au Perchoir, parcourent monts et vallées pour reconquérir des bastions de la Rb. Léhady Soglo lui-même, surpris par les résultats des élections législatives, sort ses «moyens» pour gonfler sa popularité chancelante. Il avait déjà conclu des accords préélectoraux avec des chefs quartier, d’anciens députés transfuges et des leaders religieux, dont certains ne représentent que l’ombre d’eux-mêmes. Il comptait s’appuyer sur eux pour obtenir un grand nombre de voix. Mais, la vérité des urnes n’étant pas ce qu’il espérait, il a revu sa stratégie. Candidat dans le 12ème arrondissement de Cotonou, sa campagne a été soigneusement orchestrée, le tout sous protection de son papa. Sa descente dans certains quartiers, y compris des réunions à huis clos avec des notables, des jeunes et des femmes, des étudiants et des artisans pourrait lui permettre de reprendre du poil de la bête. Par conséquent, à la veille du scrutin, Léhady Soglo apparaît plus ou moins confiant, mais une confiance mêlée de craintes et de doute. Parmi ses concurrents, seuls Candide Azannaï et Raphaël Akotègnon ont de réelles chances de rivaliser avec lui. Ils sont donc trois grands favoris dans la course à l’hôtel de ville de Cotonou.

 Les populations face aux promesses des candidats

 Durant la campagne électorale, chacun y est allé avec son discours et ses promesses pour séduire les populations. Au cours de leurs meetings ou de leurs rencontres avec les électeurs, ils évoquent des thèmes dont ils espèrent un écho favorable auprès du public. Ils parlent de l’inondation, principal sujet de préoccupation des citoyens exposés à la furie des eaux de pluie. Tous en parlent comme s’ils ont des solutions immédiates à un problème qui ne peut être résolu sans un plan directeur pour déloger les habitants qui se sont installés dans les bas-fonds et sur les voies d’écoulement d’eau. Ils dénoncent le manque d’anticipation des autorités actuelles de la ville face à ce phénomène dont la maîtrise échappe à tout le monde, inclus l’Etat central. Ils s’emportent contre le 3ci, entendez Cotonou en campagne contre les inondations, un programme mis en place par l’équipe sortante pour juguler le phénomène. Candide Azannaï propose en lieu et place le Cp, qui signifie « Cotonou propre » et promet 1 milliard à chaque arrondissement pour lutter contre l’inondation en cas de conquête de l’hôtel de ville. Raphaël Akotègnon prône un changement de qualité avec un discours plus rassembleur. Face à des thèmes qui font parfois rêver les populations, Léhady Soglo, qui connait mieux la ville mise sur son expérience et promet bâtir une ville moderne, solidaire et dynamique. Le maire sortant, Nicéphore Soglo, lui apporte son soutien et, lors de ses descentes sur le terrain, montre les maquettes d’une ville moderne dont rêve son fils pour Cotonou. Dans le public, certains électeurs reconnaissent que nombreuses de ces promesses ne sont que des discours politiques et qu’ils ne savent pas pour qui voter. D’autres confient en avoir assez de ces politiciens qui leur tournent dos après avoir obtenu d’eux ce qu’ils veulent. Au milieu de ces opinions, il y a des électeurs qui ont déjà choisi leur camp. Si les résultats des élections législatives se confirmaient, l’Union fait la Nation l’emporterait logiquement. Mais, les élections du dimanche ne ressemblent en rien à celles du 26 avril, même si ce sont les mêmes acteurs qui sont revenus. Et puis, Nicéphore Soglo en campagne, cela pourrait sauver la Rb d’un nouveau revers. A côté de ceux qu’on peut appeler les grands favoris, le Prd a son mot à dire. Quant aux candidats, ils conservent leurs chances intactes jusqu’au dimanche.

 Fidèle Nanga