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Cour-d'appel-ParakouLa première session de la Cour d’assise de Parakou a enregistré, le lundi 11 juin 2018, son 24ème dossier relatif au meurtre. Dans cette affaire, le  nommé Sadou Hama, a comparu pour meurtre,  suite au décès d’Ali Boubé.

Sadou Hama, 25 ans célibataire sans enfant, doit poursuivre son séjour carcéral encore pour longtemps. Ainsi en a décidé la Cour présidée par Célestin Zanouvi qui l’a condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir ôté la vie à Boubé. Mais que s’est-il réellement passé ? Le résumé des faits renseigne que, Ali Boubé et Sadou Hama  sont deux bouviers peulh.  Amis, ils  ont conduit leurs troupeaux de bœufs en pâturage  à Pétchinga, au bord du fleuve Niger dans Commune de Karimama. Les deux sont restés ensemble pour mener leurs activités. Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 février 2012, le nommé Ali Boubé de retour  d’une promenade a vu  Sadou Hama endormi à un endroit qu’il prétendait  choisir pour se coucher.  D’un coup de pied, il a réveillé  son ami et lui a demandé  d’aller chercher place ailleurs. Mécontent de cette attitude, Sadou Hama, tard la nuit, aux environs de deux heures, s’est  emparé du coupe-coupe qui se trouvait au chevet d’Ali Boubé et lui a asséné plusieurs coups à la nuque, au cou et à la main. Transporté à l’hôpital de zone de Malanville- Karimama, Ali Boubé a rendu l’âme deux jours après, malgré les soins intensifs. Tant à l’enquête préliminaire, qu’à l’instruction, l’inculpé Sadou Hama a reconnu les faits mis à sa charge, même si à l’instruction, un geste de légitimité défense est apparu, quand il affirme, que c’est en réaction d’un coup de bâton pris par la victime qu’il s’est servi du coupe-coupe. A la barre, l’accusé n’a pas varié dans ses déclarations. L’enquête de moralité établie sur sa personne lui est favorable et le rapport psychiatrique ne révèle aucune pathologie.

 Un débat houleux

 « Que vaut la vie ? La vie ne vaut rien et rien ne vaut la vie ». C’est par ces propos que le représentant du ministère public, Alphonse Amoussou a introduit  sa  réquisition. En se fondant sur  les articles 295 et 304 du code pénal il a établi la culpabilité de l’accusé. Selon lui, l’élément matériel suppose  l’accomplissement d’un acte sur la personne humaine ayant occasionné. Ainsi, l’accusé a utilisé un coupe-coupe pour porter des coups à sa victime. Le nombre de coups justifie l’intention coupable de l’accusé. Sur la base ces éléments,  l’avocat général a requis contre Sadou Hama 30ans de travaux forcés. «Si vous accédez à la demande du ministère public, vous ne rendrez aucun service à la société, surtout que l’accusé est âgé de 26 ans. Il faut une justice sociale et éducative », a réagi l’avocat conseil de l’accusé Maître Raymond Dossa. Tout en faisant des observations liées aux insuffisances du dossier, il a plaidé pour la requalification de l’infraction de meurtre en coups et blessures volontaires car à l’en croire, la certitude dans ce dossier est l’absence de l’intention coupable. Suite aux débats, la Cour s’est retirée pour délibérer. Le verdict a déclaré le nommé Sadou Hama coupable de meurtre, au regard des dispositions des articles 295  et 304 du Code pénal, et l’a condamné à la peine de  20 ans de  réclusion criminelle.

Placé sous mandat de dépôt depuis le 24 février  2012, Sadou Hama retourne en prison pour purger  les 14 ans de sa  peine. Il faut préciser que les membres de la Cour sont composés, du président Célestin Zanouvi, des assesseurs Essowè Batamoussi et Geneviève Sohou, et le greffier Marcellin Ahouangansi.

 Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)