Spread the love
justice audienceLa Cour d’appel d’Abomey a connu, mercredi 7 juin 2017,  au titre de son 7ème dossier,  d’une affaire de coups et blessures volontaires. A la barre, Oumarou Mama,  accusé d’avoir porté des coups ayant entraîné une infirmité perma-nente à  Ousmane Ibrahim dans la commune de Grand-Popo.
Défendu par Me Salomon Roland Adjakou et Guillaume N’Soyénou,  le pré-venu, Oumarou Mama, a été condamné à l’issue du procès, à  5 ans de réclusion criminelle. Pour avoir déjà  passé 3 ans 09 mois en détention, il retourne en prison pour encore 15 mois. Agé de 24 ans, il était  écroué à la Prison civile de Lokossa. Les faits reprochés à ce peulh par l’avocat  public,  Florent Gnansomon,  remontent  à février 2013.  Courant février 2013, au cours d’une transhumance interne dans le secteur de la commune de Grand-Popo, une affaire de soupçon de vol de bœuf a opposé Oumarou Mama à Ousmane Ibrahim. Une bagarre éclata alors entre les deux protagonistes. Au cours de ladite bagarre, Oumarou Mama se serait servi d’un coupe-coupe pour porter des coups à la nuque et aux yeux d’Ousmane Ibrahim. Malgré les soins intensifs reçus, Ousmane Ibrahim aurait perdu l’usage total de ses yeux, devenant ainsi un handicapé visuel. Le bulletin n°1 du casier judiciaire d’Oumarou Mama ne porte mention d’aucune condam-nation antérieure. Il n’était pas non plus en état de démence au moment des faits. L’enquête de moralité lui est favorable. A la barre, l’accusé Oumarou Mama a reconnu les faits,  tout en précisant aux membres de  la cour que les coups portés à Ousmane Ibrahim faisaient  suite à  une altercation.  A l’enquête préliminaire, devant le juge instructeur et devant la cour, l’accusé est resté constant dans ses  déclarations. La victime, derrière  ses verres fumés, a été aussi entendue par  la cour. En dépit de son infirmité, Ousmane Ibrahim  a refusé de se constituer partie civile.
 Réquisitoire et plaidoirie
 Dans son réquisitoire, le ministère public  a procédé à l’analyse des faits et  les éléments constitutifs du chef d’accusation qui pèse sur Oumarou Mama depuis environ quatre ans. En se référant à quelques dispositions du Code pénal et au Code de procédure pénal, Florent Gnansomon, a souhaité que l’accusé soit retenu dans les liens de la justice pour coups et blessures volontaires, ayant entraîné une infirmité permanente et a requis contre lui  10 ans de prison ferme. Mais, le conseil de l’accusé, en fondant son argumen-taire sur l’article 326 du code, a relevé quelques éléments d’atténuation. Selon lui, son client n’étant pas en état démence au moment des faits,  n’a pas pu porter des coups à Ousmane Ibrahim qui dormait. Du coup, les témoignages de coups volontaires sont dénués de tout  fondement. Il a demandé à la cour de tenir compte de ces aspects pour  sa délibération. La cour présidée par Claude Montcho a finalement condamné Oumarou Mama à 5 ans de réclusion criminelle,  et a pris acte de la requête de la victime qui a renoncé de se constituer partie civile.  L’examen de ce dossier a été confié à une cour présidée par Claude Montcho,  entouré des assesseurs  Alphonse Gbossou, Blanche Adonon. Le fauteuil du ministère public a été occupé par Florent Gnansomon. Olga Alloukou née Houéto a assuré les fonctions du  greffe en présence des jurés.
Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)