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Takou retrouve enfin le sourire

Le couperet qui planait, depuis six ans, sur la tête du quotidien « le Béninois libéré » a été enfin levé. Par un arrêt rendu mercredi 31 mai 2017, la Cour suprême autorise le journal de Mènontin a retourné dans les kiosques. 

L’attente a été longue et parfois douloureuse.  Toute la presse béninoise s’y est frottée, chacun avec ses arguments. Les uns et les autres peuvent aujourd’hui pousser un « ouf » de soulagement. Car, ils ne sont plus vraiment nombreux les professionnels des médias qui continuent de croire ou d’espérer à une réapparition du journal du truculent Aboubakar Takou, après les années de traversée du désert. Mais, voilà que le sort vient d’en décider autrement.Six longues années de suspension ! Six années d’absence des  kiosques ! Six dures années d’interdiction, qui ont privé le lecteur du plaisir de lire son journal. Selon les termes de la décision rendue par le président Ousmane Batoko et ses pairs, le promoteur du journal « Le Béninois Libéré », Aboubakar Takou et son directeur de publication Eric Tchiakpè (interdits d’exercer la profession du journalisme au Bénin et de création d’un organe de presse), peuvent reprendre la plume. L’interdiction faisait suite à une manchette du journal sur une réunion des chefs d’Etat du Conseil de l’entente à Cotonou. Ce 6 décembre 2011 en effet,  la manchette du journal était : « Conseil de l’entente : Du vent ! Cotonou a servi hier de cadre à un club d’amis mal élus qui se sont retrouvés pour se féliciter chacun pour sa brillante élection  ». Le même jour, Aboubacar Takou et Eric Tchiakpè, avaient  été auditionnés par les conseillers de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Ont été retenus à leur encontre les chefs d’accusation suivants : calomnie, diffamation et acharnement.A l’issue de l’audition, le Béninois Libéré avait  écopé d’un mois de suspension, un délai qui devait courir du 12 décembre 2011 au 10 janvier 2012. Le journal était aussi astreint à  publier en sa manchette une lettre de présentation d’excuses au président de la République. Le lendemain,  le quotidien récidiva à la Une : « Comment la Haac a fracassé le crâne de votre journal », en  référence à la décision du 6 décembre. C’est alors que les conseillers ont infligé leur sanction : les activités du journal  sont définitivement suspendues, son siège mis sous scellé et les  responsables interdits d’exercer la profession de journaliste au Bénin. L’eau a coulé sous les ponts et le contexte a changé. Par la force des choses, et un concours de circonstances, le journal pourra réapparaitre pour le bonheur de ses lecteurs. Surtout pour la liberté d’expression.
W.N