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Pour la paix, il est souhaitable pour Lionel Zinsou de démissionner

Jamais aucune élection présidentielle, depuis le renouveau démocratique, n’a soulevé tant de vacarme au Bénin. Les conditions de participation du Franco-béninois Lionel Zinsou ont donné lieu à un tintamarre qu’il urge de passer au scanner en vue de préserver la paix léguée par Hubert Maga, Mgr Isidore de Souza et Mathieu Kérékou.

Confusion générale au sein de la classe politique avec la révélation d’une Alliance qualifiée de contre nature !  Tout porte à croire qu’il y a des étincelles dans l’air, surtout que des mois plus tôt, l’annonce de la candidature de Lionel Zinsou a suscité un tollé au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Mais la solution est très simple, lorsqu’on est un homme épris de paix et de justice. Pour apaiser le climat sociopolitique, « démission » est le seul mot qui peut décrisper l’atmosphère. La démission est pour un Français, un principe de vie qui renforce l’honneur et la crédibilité de l’individu. Lionel Zinsou, le candidat du président Yayi Boni à la présidentielle de février prochain, a une véritable culture française. On peut, a priori, parier que lorsque son honneur est en cause, il peut accepter de démissionner. Par ailleurs, la démission pour ce candidat, qui continue d’assumer ses fonctions de premier ministre, et qui utilise les biens du contribuable pour sa campagne précoce, devient une exigence à partir du moment où sa candidature a soulevé un bruit assourdissant. Cette tricherie est d’abord indigne d’un citoyen qui porte les valeurs de la France. Pour ce qui est de la candidature à proprement parler, elle a été perçue par les anciens militants et ténors des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) comme une provocation. Un litige sur la paternité du Logo des Fcbe est certainement pendant devant la Cour constitutionnelle d’après les propos du leader de « la Nouvelle marche, soyons-nous-mêmes », Alexandre Hountondji. Le premier ministre débarqué de la France et imposé par le président Yayi Boni aux Fcbe n’a pas reçu l’assentiment de la majorité des vrais caciques de cette alliance. Marcel de Souza, ami de vieille date du président Yayi Boni et beau-frère de ce dernier, est un dissident pour cette raison. Karimou Chabi-Sika, parent du président Yayi Boni, était l’avocat du chef de l’Etat au Parlement. Alexandre Hountondji était un conseiller politique de premier rang pour le chef de l’Etat. Azizou El Hadj Issa, ancien député des Fcbe et ancien ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche s’est vu obligé de s’affranchir. L’intrépide président de l’Alliance Amana, membre des Fcbe, Nassirou Bako-Arifari, a prouvé qu’il était digne de s’affirmer. Issifou Kogui N’Douro et Jean Bio Chabi Orou  sont autant de fidèles membres des Fcbe qui se sont sentis humiliés par la décision unilatérale du chef de l’Etat de leur imposer un candidat qui n’a ni fief électoral, ni mandat électif. Mieux, ce candidat n’a jamais donné la preuve auparavant de son appartenance aux Fcbe. Que dire du tonitruant député Rachidi Gbadamassi, le rebelle de raison ? Son mécontentement provient de la méthode qui a abouti au choix du Franco-béninois comme candidat unique des Fcbe. Voilà autant de situations qui ont fusé à l’annonce de la candidature de Lionel Zinsou. Mais ce dernier s’en moque. Même s’il n’y a pas unanimité, il est le candidat du consensus, estime-t-il.
 Le tohu-bohu d’une alliance inattendue
 Candidat à toutes les élections présidentielles depuis 1991, le choix du président Adrien Houngbédji au profit d’un candidat n’a jamais été aussi ouvertement critiqué ou contesté. En décidant de soutenir Lionel Zinsou avec le label arc-en-ciel, logo du Parti du renouveau démocratique, Adrien Houngbédji est en conflit avec ses traditionnels sympathisants du Prd « Il ne peut pas faire ça », pour les moins critiques. « Nous n’allons pas suivre son choix », pour les lucides et plus sévères. Une troisième catégorie de sympathisants le traite de tous les péchés d’Israël. Ils tiennent des propos désobligeants et outrageants à l’encontre de la 2ème personnalité de l’Etat béninois. Les sympathisants de la Renaissance du Bénin se démarquent eux-aussi du choix de leur président Léhady Soglo et le discréditent, tant que son père Nicéphore Soglo vit. Ce recueil synthétisé des sentiments des militants du Prd et de la Rb, prouve la proportion dans laquelle l’alliance Fcbe-Rb-Prd a provoqué un choc au sein des populations et leur a fait monter l’adrénaline. Ce remue-ménage, ajouté à la colère des ténors, des caciques, des militants et des sympathisants des Fcbe cristallise les dissensions et amplifie la tension politico-sociale. Il n’en a pas fallu autant pour que le professeur Dominique Strauss-Kahn, candidat à la présidentielle pour occuper le fauteuil de l’Elysée, renonce à ses ambitions. Une simple affaire judiciaire de droit commun a pu briser le rêve d’un présidentiable en France. L’affaire se déroulait aux Etats-Unis en mai 2011. Il avait le temps après sa libération de se refaire une bonne image et d’être le représentant du Parti socialiste à la présidentielle. Cette attitude de Dsk est celle des grands hommes ayant une culture française. Savoir démissionner et savoir renoncer.
 Au nom des héritages de Maga, de Mgr de Souza et de Kérékou
 « Je vous laisse en héritage ma vie pour que plus jamais du sang ne coule dans ce pays. » Tel est l’épitaphe inscrite au fronton du mausolée du président Hubert Maga à Parakou décédé en mai 2000. Mais avant ce patriarche, père de l’indépendance nationale, il y a le président du présidium de l’historique conférence nationale des forces vives, à l’issue de laquelle le Bénin a opté pour le renouveau démocratique. « Plaise à Dieu, qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse et ne nous emporte dans ses flots », prévenait Monseigneur Isidore de Souza. Le président Mathieu Kérékou, malgré les critiques  acerbes, s’est positionné, en dépit de tout, comme un artisan de paix au lendemain de la conférence nationale. Point n’est besoin de rappeler les moments de grandes turbulences politiques où le pays pouvait basculer dans la violence alors qu’il détenait le commandement. En mémoire de ces trois hommes qui ont marqué l’histoire du pays, et surtout pour leur esprit de paix, Lionel Zinsou contribuerait à renforcer la paix au Bénin en renonçant d’être candidat dans les circonstances actuelles. Autrement, ce serait abuser de la tolérance du peuple. Car, à l’analyse des candidatures en présence, chaque postulant, en particulier les gros calibres, participe à l’émiettement des suffrages. Le spectre d’un KO institutionnel est déjà écarté en raison de ce que tous les candidats s’attellent à sécuriser leurs voix. Ceux qui ont participé au Ko de 2011 sont désormais de l’autre côté. Un deuxième tour est donc envisagé, dans le meilleur des cas, avec probablement le candidat Zinsou et quelqu’un d’autre. Ce cas de figure donne perdant le candidat de Yayi Boni au deuxième tour. Car tous les autres se rallieraient au challenger de Lionel Zinsou. A quoi cela aurait servi pour un homme de compétences internationalement reconnues et de grande réputation de prendre part à une élection et de ne pouvoir pas la remporter ? Le dernier handicap pour Lionel Zinsou est que son patronyme est réputé redoutable à cause des antécédents historiques abondamment relayés dans un ouvrage intitulé « Corsaire de la République » dans le chapitre « Echec à Cotonou ». Par ailleurs, l’oncle de Lionel, le Docteur Emile Derlin Zinsou, alors président de la République du Dahomey, n’a pas eu bonne presse quand il a imposé la taxe individuelle communément appelée « zinsou-takouè ». Alors, les Béninois peuvent aussi craindre que les actes malencontreux de cet aîné soient génétiques et influencent négativement Lionel Zinsou à son accession au Pouvoir. Car, tel oncle pourrait être tel neveu.
 Jean-Claude Kouagou