Spread the love

idji-amoussouLe Bénin est en phase d’enregistrer l’un des plus grands partis politiques de son histoire. La naissance du Bloc progressiste se décompte inexorablement. Les anciens partis politiques engagés pour le contrat de la fusion ont effectivement apposé leur cachet pour la libération totale et définitive de leur actif au profit du Nouveau parti politique naissant. L’enjeu est de taille, le grand pari reste celui du vivre ensemble.

Seul le temps peut permettre de juger la justesse ou non de ce grand pari que s’apprêtent à faire les leaders politiques des plus influents partis politiques du Bénin. Le terme du contrat est historique : abandonner totalement et définitivement son parti originel et s’engager au sein d’un Nouveau parti plus grand. C’est un peu l’exemple d’Abraham à qui on a demandé de sacrifier sur l’autel de la loyauté son fils adoré Isaac. Le choix assez difficile imposé aux leaders politiques de chanter le requiem de leur formation politique originel au profit d’un autre est pour beaucoup d’observateurs politiques un pari difficile. En tout cas, au niveau du Bloc progressiste, on a dépassé l’étape de la réflexion. Les leaders politiques (de ce Bloc bientôt converti en parti politique) ont à l’unanimité, accepté de valider l’inhumation de leur parti politique respectif qu’il soit historique ou non pour se fondre dans le Nouveau en gestation. Ce Nouveau sera dénommé soit, « Le parti les progressistes » ou « L’Union des progressistes » ou « Le parti du bloc progressiste ». Ce parti devra absorber tous les partis et mouvements partis au contrat de la fusion. A ce niveau, deux questions majeures se murmurent avec instance dans l’opinion. La première qui est sans doute assez simple, c’est la gestion des querelles historiques. A ce niveau, l’héritage politique est énorme. Déjà au niveau des leaders partis au contrat, le problème risque d’être posé avec grand acuité. Inutile de revenir sur l’histoire mais il est une réalité qu’au sein du Bloc, il y a assez de leaders politiques qui ont un passé politique assez conflictuel. Est-ce que le simple fait de valider sur papier une fusion pourra effacer du cœur de tous les contractants et de façon automatique, tout ce passé fait d’affrontements politiques virils. Cette première difficulté appelle une autre plus grande. En effet, s’il est établi que les leaders en question ont réussi par un tour de magie à oublier spontanément toute cette rancœur et se décident de se pardonner réciproquement, qu’en sera-t-il des militants ?

Surmonter les antécédents

Ceux-ci qui, par le passé, se sont combattus et qui continuent même de se combattre pourront-il comme un baume miraculeux effacer définitivement toute cette plaie ? Il n’est pas rare que dans certaines sphères, ces formes de conflits historiques ont pris des formes sociologiques avec des rancœurs qui ont fini par diviser des familles, des aires culturelles etc. Quel discours adopter pour réussir cette union à toutes les étapes de la chaîne ? Comment parvenir à trouver des réponses adéquates à ces conflits historiques et même sociologiques ? Au cours de la récente session extraordinaire du Pari social démocrate (Psd), le député Gérard Gbénonchi a essayé d’apporter une réponse politique chargée d’espérance à cette double équation. Selon lui, il faudra du temps pour cicatriser ces blessures anciennes. « Il est vrai que les gens ont des griefs mais ces griefs ne peuvent pas s’éponger du jour au lendemain. La seule volonté de rester ensemble que nous avons peut transcender tout cela. Ce n’est qu’à travers la pratique que nous parviendrons à endiguer ces antécédents. Il n’est pas possible que cela soit fait du jour au lendemain. Lorsque les leaders politiques adversaires commenceront par faire des sorties et expliquer la démarche, cela va prendre progressivement », a-t-il laissé entendre. Le leader politique a bon espoir que la mayonnaise pourra prendre mais est-ce qu’il est possible d’aplanir toutes ces divergences avant mars 2019 ? Grosse équation. L’autre difficulté que beaucoup tenteront de mettre sous la coupe du pessimisme forcené est relative à la peur d’un possible effondrement de l’édifice en construction. Est-ce qu’il est possible même après la fusion pour les partis politiques partis de reprendre leur parti respectif si in fine ceux-ci se rendent compte que l’aventure n’est plus possible ? La réponse est difficile dans le fond car une fois la fusion effective, le retour à la case départ ne pourra plus être possible. La responsabilité est grande car les partis politiques partis au contrat de la fusion devront céder et de façon définitive leur patrimoine matériel et immatériel qui deviendra le patrimoine du Nouveau Parti naissant. Pour le député de la 11ème circonscription, Gérard Gbénonchi, il ne faudra pas être aussi pessimiste. « Nous n’allons pas être des oiseaux de mauvaise augure. Il faut souhaiter le succès de l’initiative. Il ne faudra pas prévoir le mal », a-t-il laissé entendre. L’aventure progressiste comme matérialisation de la réforme du système partisan est historique comme expérience dans la sous-région. Le Bénin écrit une page nouvelle avec ses craintes et ses appréhensions. L’avenir nous édifiera.

Hospice Alladayè