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La responsabilité des parents est engagée dans les crimes

Dans l’épisode de traque des présumés auteurs des crimes crapuleux pour des rituels, il y a plusieurs niveaux de complicité. En qualité de géniteurs, la responsabilité des parents n’est pas à exclure. Selon les spécificités, la justice saura élucider les cas qui depuis peu font couler beaucoup d’encre et de salive.

La guerre sans merci déclenchée contre les présumés cerveaux des crimes rituels bouleverse Cotonou. L’opération entamée de main de fer par la Police Républicaine hante les jeunes adeptes de la facilité. Descentes systématiques, perquisitions en série, arrestation, interpellation bref, la peur a changé de camp dans la journée du jeudi 22 mars 2018. La maison d’arrêt accueille de nouveaux pensionnaires. La croisade est sans merci, le mauvais métier d’escroc légalisé doit définitivement prendre fin. Ce qui est un peu surprenant et à la limite lamentable dans ce feuilleton, c’est justement la présence parmi ces jeunes interpellés de scolaires encore en pleine année scolaire. On réalise donc qu’il y a au sein des collèges et universités des jeunes escrocs aux mains gantées de sang humain. Des enfants qui sont censés aller au cours se découvrent le besoin de gagner très vite de l’argent. On en trouve également qui ont été très vite déscolarisés du fait de cette « activité » illicite dans laquelle ils ont été embarqués. C’est donc en fin de compte une grande croisade qui a été lancée depuis longtemps contre l’école et l’éducation. La grande question, c’est justement la responsabilité des parents de ces jeunes. Au-delà du fait que les enquêteurs sont déjà à pied d’œuvre pour situer les responsabilités, il y a une question essentielle qui se pose dans cette grande pagaille entretenue par la société. C’est la responsabilité pénale des parents.

Des parents complices !

Les niveaux de complicité dans ce feuilleton sont nombreux. Mais, il y a une qui ne se dénie plus. C’est celui des parents. La question est de savoir si les parents de ces jeunes pourront être pénalement poursuivis pour complicité. La question ne manque pas d’intérêt, surtout quand on voit le cycle de la plupart de ces jeunes. Tout part généralement de la déscolarisation. Des jeunes qui sont envoyés à l’école se décident sans raison valable de ne plus fréquenter. Les instants qui suivent sont ceux de ‘’l’accomplissement’’. Un jeune en classe de quatrième, seconde d’un collège public qui s’offre du coup, un véhicule de luxe offrant des présents à tour de bras. Dans ce jeu, certains parents en sont devenus accrocs. Ils n’hésitent pas à vivre gaiement sur le dos de ces enfants dont ils ignorent royalement l’origine de leurs revenus. La déscolarisation précoce de leurs enfants ne les intéresse pas. Jusque-là il n’y a pas vraiment débat, car on peut prendre tout ceci sous le couvert d’un don fait par un enfant à son géniteur. Tout ceci peut se comprendre, mais la difficulté actuelle se trouve au niveau du crime en question. On parle de Vodoun que ces jeunes hébergent et qui s’abreuve du sang humain. C’est à ce niveau que la responsabilité des parents, surtout des adolescents paraît totale. S’il est établi que le jeune en question est dans une entreprise pareille et qu’il a des géniteurs en vie qui partagent avec lui le butin en toute connaissance de cause, des niveaux de complicité ne seront pas à exclure. Ceci serait davantage grave si les enquêteurs arrivaient à établir que certains parents épaulent leurs enfants dans ces actes macabres. Au-delà de la responsabilité morale, la responsabilité pénale de certains parents risque bel et bien d’être retenue. Les enquêteurs pourront essayer de fouiner afin d’éclairer ce pan du sujet.

Abdourhamane Touré