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FREEDY-HOUNGBEDJI« … Aucune disposition du code électoral ou du règlement intérieur de la Céna ne prévoit une destitution d’un membre du bureau de l’institution… Je ne saurai passer service puisque j’ai été élu pour un mandat de sept ans ». Ainsi se prononçait l’ex coordonnateur au budget de la commission électorale nationale autonome (Céna) qui a été reçu comme invité de l’émission ‘’Le grand rendez-vous’’ de Soleil FM. Au cours de cet entretien, Freddy Houngbédji qualifie sa destitution comme étant un putsch.

 Destitué par ses pairs de la Céna mardi 18 août dernier pour gestion solitaire et opaque, Freddy Houngbédji n’entend pas passer service à son successeur en la personne de Basile Fassinou désigné le jeudi 13 août. « J’ai été élu coordonnateur ; je ne peux pas exécuter d’autres responsabilités à part ça »  a expliqué l’ex coordonnateur au budget qui se prépare déjà à saisir la Cour constitutionnelle. Pour Freddy Houngbédji, aucune disposition ni du code électoral ni du règlement intérieur de la Céna ne prévoit une destitution d’un membre du bureau. L’avocat a plutôt fait référence à l’article 22 de la loi portant code électoral qui stipule : « En cas de faute grave commise, les membres de la Commission électorale nationale autonome peuvent être relevés de leur fonction par décret pris en conseil des ministres, sur proposition de l’Assemblée Nationale suite à une enquête parlementaire ». Ce qu’on me reproche n’est pas fondé. Ce ne sont que des formules lapidaires souligne le fils de maître Adrien Houngbédji pour qui les raisons de ce qu’il appelle coup d’état sont à chercher ailleurs.

Explication du dépassement budgétaire de l’institution

Comme lors de son point de presse du jeudi dernier, l’invité est revenu sur le dépassement budgétaire que lui impute le président de la Céna Emmanuel Tiando. On retient de ses propos qu’un dépassement budgétaire n’est pas une faute ou un détournement. Il a rappelé que le budget de l’institution chargée d’organiser les élections  a été adopté à un moment de crise entre le Conseil d’orientation et de supervision Cos-Lépi et le Ministère des finances. C’est dans cette ambiance selon ses propos, que l’argentier national a revu à la baisse le budget initial qui était de 13 milliards et qu’en son temps,  le président Tiando ensemble avec ses collègues ont notifiés au Ministre qu’une telle prévision n’était pas réaliste et qu’un dépassement serait possible. Freddy Houngbédji dit être surpris par le comportement du président Tiando qui aujourd’hui lui impute unilatéralement ce dépassement budgétaire. Il souligne que la responsabilité est collective et collégiale en ce sens que chaque dépassement a été autorisé par la plénière et le Ministre des finances  a été informé toutes les fois. Le dépassement budgétaire d’après l’avocat, est dû au fait que la somme allouée aux coordonnateurs de zone a été revue à la hausse par la plénière, dans le budget initial dont le prix du bulletin unique était évalué à  225 francs l’unité mais il a été finalement céder à 35O francs pour des millions d’exemplaires de bulletin unique. D’autres dysfonctionnements comme le nombre de bureaux de vote ou encore le nombre de candidat devant participer aux élections n’étant pas connus d’avance sont venus amplifier d’autres dépenses a-t-il justifié.

 Le choix des imprimeurs

Lors de sa conférence de presse, le président Emmanuel Tiando déclarait qu’au lieu de six imprimeurs, l’ex coordonnateur à choisi sans l’aval de ses pairs douze imprimeurs. Le concerné explique que c’est plutôt neuf imprimeurs qui ont fait le travail. Pour Freddy Houngbédji, Emmanuel Tiando voulait l’obligé à violer le code de passation des marchés public en lui proposant de choisir des imprimeurs, ce qu’il n’a pas accepté puisque d’après le code, les soumissionnaires doivent être en concurrence. L’ex coordonnateur dit qu’il a juste respecté la procédure en la matière en permettant à ce que les offres soient déposées sous plis fermés laissant par la suite la Commission chargée du dépouillement faire son travail. Pour l’avocat, c’est ce que le président qualifie de gestion solitaire et opaque alors que lui même a signé les procès verbaux sur les documents. Freddy Houngbédji clame que c’est sa rigueur, sa volonté de respecter les textes qui sont à l’origine de sa destitution. Il a évoqué l’exemple  d’une mission à l’extérieur  dont la facture était estimée à 9 millions au lieu de 4 millions et dont il a opposé un refus de décaissement avant de comprendre. Maître Houngbédji dit qu’on a voulu faire de lui un coordonnateur docile, maniable et qu’il ne l’a pas permis. « Le président Tiando  a voulu m’infantiliser, il le faisait au départ jusqu’à ce que je ne finisse par  l’arrêter ». L’ex coordonnateur au budget estime qu’il va poursuivre la bataille pour montrer qu’il n’est qu’une victime.

Marcus Koudjènoumè