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lehady-sogloElle vit son époque avec ses crises et ses divisions. L’un des plus grands partis politiques de l’ère du Renouveau démocratique ‘’La Renaissance du Bénin’’ est secoué de l’intérieur. Les frondeurs baptisés « Réformistes » déterrent la hache qui brise l’ordre établi et précipite vers la sortie le Président Léhady Soglo. Le pari, pour beaucoup, est gagné, mais il semble qu’on en est bien loin. Léhady Soglo (photo), pratiquement seul, a quel joker pour relever la tête ?
Quand on sait que la Renaissance du Bénin est identifiable et continue d’être identifiée à deux personnalités encore en vie, il est trop tôt de crier victoire. On peut s’entourer de toutes les circonspections possibles, mais la Rb, ce n’est pas le parti des ‘’Réformistes’’. Il n’y a pas de secret à entretenir autour de cette évidence que l’histoire a permis de certifier. Dans un contexte pareil et surtout quand on sait que certains de ces ‘’Réformistes’’frondeurs d’aujourd’hui n’étaient que de dociles militants des ténors de ce parti, on peut bien craindre que les acteurs originels du Parti se défoulent un peu, et ceci n’a d’ailleurs pas tardé. Les mots utilisés sont forts.Les ténors tiennent leur chose. Et donc, s’il doit avoir de confort ou de sauveur possible pour Léhady, ceci ne peut venir que de là. Il ne peut d’ailleurs en être autrement, car sur le plan même de la représentativité politique, l’actuel maire de Cotonou et président de la Rb ne faisait visiblement plus le poids. Il n’avait pas un confort idéal pour empêcher les frondes internes à l’image du « sacre » d’Abomey. Il était donc le président contesté qu’il fallait sortir à tout prix et ceci a été fait dimanche dernier. Tout ceci parait beau, mais la grosse équation reste la résolution de cette crise. Par le passé, on est habitué aux départs du parti. Ceci n’étonnait pas vraiment, car les Houézèhouè ont toujours trouvé au fond d’eux les ressources pour se remodeler. Cette fois-ci,le schéma est beaucoup plus frontal. Un groupe a décidé de sortir le Président sans l’accord des deux ténors du parti à qui rien n’a encore échappé. On peut être le plus optimiste de la terre.Cette crise à la Rb ne peut pas trouver une solution consensuelle. On est davantage conforté par cette vue à la limite pessimiste, surtout quand on sait que les tentatives de conciliation du Président d’honneur se sont révélées infructueuses. Le tableau présente une crise qui risque de prendre deux allures. La voie judiciaire ou la cassure. Vivement que les Dieux de la Renaissance du Bénin (Rb) conjurent le mauvais sort et évite ce mauvais présage.
 Abdourhamane Touré