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HOUDE-ET-HOUDEGBE
Valentin Aditi Houdé (à gauche) et Octove Houdégbé

Affectée par une crise majeure, l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (And) est dans une mauvaise passe. Une certaine élite du regroupement conteste désormais la tutelle du député Valentin Aditi Houdé et lui préfère Octove Houdégbé. Raison : on pointe l’incapacité du président prétendument relevé de ses fonctions à gérer une crise interne. Mais, en réalité, le problème est ailleurs.

Qui de Valentin Aditi Houdé ou de Octave Houdégbé dirige l’And? Selon les dernières informations consécutives à une série d’évènements, une déclaration dite de Dahè en date du 25 octobre 2015 aurait destitué le premier et proclamé le second comme, le nouveau commandant à bord de ce navire qui prend de en plus de l’eau et qui ne pourra pas échapper au naufrage. Minée par des intrigues et affaiblie par des positions contradictoires, l’And est plus que jamais au bord de l’éclatement. Beaucoup prédisent sa mort prochaine en raison des tempêtes qui s‘abattent sur elle, quelques mois seulement après son triomphe électoral aux élections législatives d’Avril 2015. Ce qui arrive à l’And ne devrait pas surprendre une certaine opinion publique très avisée. Des signes d’un profond malaise s’étaient déjà apparus avant les élections législatives et lors de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Alors que la liste des candidats de l’And aux élections législatives a été déposée à la Céna, des manœuvres de substitution de noms ont été orchestrées au profit des candidats d’un parti de l’Alliance. Heureusement ce but n’a pas été atteint. Les instigateurs de ce coup ont échoué. Cet incident a tôt fait d’éveiller des soupçons contre l’ancien préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral et précédemment chargé de mission du chef de l’Etat, Barnabé Dassigli. Cela n’a pas pour autant déteint sur la campagne électorale suivie des élections avec à la clef cinq députés de l’And à l’Assemblée nationale. Lors de l’élection du bureau de l’institution, ces élus sont restés soudés derrière Valentin Houdé, seulement lorsqu’il s’agissait de voter pour ce candidat au poste de premier questeur. Pour les autres postes, ils se sont comportés autrement en rejetant tous les choix faits par le président de l’And. En réalité, on avait eu droit à une cohésion de façade derrière Valentin Houdé. Au fil des semaines et des mois, l’And montre son vrai visage. Les derniers évènements ne sont que les vrais symptômes des maux dont souffre l’alliance et qui se déclinent en ce qu’on peut appeler : rivalité de vieille date, intérêts opposés, désaccord profond et guerre de leadership. En réalité, tout ceci est alimenté et entretenu par deux hommes qui se haïssent et se détestent depuis deux décennies. Les deux frères ennemis de l’Atlantique, Barnabé Dassigli et Valentin Houdé sont ceux qui tirent la ficelle de cette crise précoce au sein de l’And. Ils ont importé dans l’alliance, le clivage Utd-Rpr, deux partis politiques qui ne se font aucun cadeau sur le terrain. Mais, à vrai dire, dans ce jeu parfois pervers rythmé par des intrigues et des coups bas, Barnabé Dassigli et Valentin Houdé ne luttent pas à armes égales. Le député a pris une sérieuse ascendance sur l’ex-préfet. Un retournement de situation n’est pas encore envisageable. Ce qu’il faut déplorer, c’est que quand ces deux ténors se battent, c’est l’And qui en souffre. Et, déjà on a commencé par chanter son requiem. Le vieux Octave Houdégbé, pauvre de lui, apparaît comme l’une des victimes collatérales, même s’il ne rechignera jamais à prendre les responsabilités de Valentin Houdé, qui vient de sortir de son mutisme en qualifiant de non évènement le coup qu’on lui a donné.

 F.N.