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Egoun-gounSuite à l’interdiction de la sortie tous azimuts des revenants à Cotonou par le préfet du Littoral, Modeste Toboula, la communauté Egoun-goun, s’organise pour la mise sur pied d’un bureau de consensus élargi aux trois camps qui revendiquent chacun le titre de propriété de ce culte dans la capitale économique.

Les camps Salako et Somankpon accusent. Biyi Boboyaya recuse de son côté. La situation au sein de la communauté Egoun-goun à Cotonou est digne d’un véritable tapis vert où les camps en conflit se livrent à un jeu de ping-pong. S’affichant comme le seul dépositaire du culte des revenants dans le Littoral, le camp Biyi était hostile à toute négociation. Il était foncièrement contre toute collaboration avec les camps Salako et Somankpon sous prétexte que c’est uniquement son organisation, Association des dignitaires égoun-goun du Littoral (Adecel) qui aurait reçu l’autorisation d’intervenir au nom des dignitaires égoun-goun à Cotonou. Une position qui a installé une pagaille totale dans la gestion des cérémonies de sortie des égoun-goun. Pour mettre un terme à cet imbroglio, le préfet du Littoral, Modeste Toboula a sifflé la fin de la récréation en prenant des actes interdisant jusqu’à nouvel ordre la sortie des revenants sur son territoire. Pour la sortie de crise, il a réuni les différents protagonistes et leur a donné un délai de neuf (09) mois pour la mise sur pied d’un bureau départemental de consens. Malheureusement, ils n’ont pu accorder leurs violons. Une rallonge de trois (03) mois leur a encore été donnée par le préfet. Contre toute attente, les différents camps en conflit n’ont affiché aucune volonté de faire table rase du passé et se donner la main. Il a alors confié le dossier aux dignitaires des cultes ancestraux pour une solution immédiate. Des réunions se sont donc succédé au domicile de Hounnongan Tchètoula sans succès. Pendant que le camp Salako qui s’identifie par les ‘’Les anciens régionaux’’ acceptait la main tendue du camp Somankpon, Biyi Boboyaya était resté hostile à toute négociation. Une situation qui n’est pas du goût de certains éléments de son propre camp. «Malgré les multiples relances d’organiser les élections, Biyi Boboyaya n’a pas cru devoir satisfaire aux exigences statutaires de l’association», a confié Gabriel Guindéhou, vice-président de l’Adecel qui avait même menacé de déposer sa démission du bureau si rien n’est fait pour changer la donne. «La situation n’a pas évolué parce que le président ne prend pas ses responsabilités», a fait observer un autre dignitaire de ce culte, Kuola Etiodja.

Alors que le besoin de la sortie des revenants se fait de plus en plus sentir, les réunions s’enchaînent dans la perspective de la sortie de crise. Des discussions sont alors menées autour de la mise sur pied d’un bureau départemental élargi aux trois camps de la communauté des revenants. Des conciliabules sont faits autour des sacrifices à consentir de part et d’autre. Le chemin a été long et parsemé d’embûches. Mais il y a une lueur d’espoir. La crise au sein de la communauté des revenants à Cotonou sera donc conjuguée au passé dans les prochains jours. Les camps Biyi, Somakpo et Salako y travaillent inlassablement sous l’autorité de Gabriel Guindéhou. Même si les premières rencontres initiées par les garants de la tradition endogène n’ont pu favoriser le dégel de la situation, les acteurs de la communauté semblent prendre la mesure de la situation. Ils sont désormais prêts à faire des sacrifices en vue de la levée de la mesure préfectorale.

 Odi I. Aïtchédji