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Golou et Léhady sur la sellette

La Renaissance du Bénin  (Rb)  et le Parti social-démocrate (Psd) ne sont pas encore certes morts. Mais leur  requiem va peut-être chanté dans ce mois. Reste à savoir  lequel de ces deux  partis politiques  qui va passer à la trappe. Retour,  avec les analyses de certains politologues  sur les causes de la  crise que viennent les partis politiques au Bénin.

Léhady Soglo va mal politiquement. Et il s’en serait bien passé. Pour lui, le fidèle musulman, qui est en période de recueillement en ce mois de ramadan.  En allant demander de l’aide aux têtes couronnées et notables, dans la commune d’Abomey – Calavi (la ville dirigée par Georges Bada), le président contesté de la RB espère certainement un geste de générosité de leur part, durant ce mois de partage.  Le mardi dernier, Léhady Soglo a demandé l’accompagnement des têtes couronnées et notables. Non sans tacler les réformistes. Il faut qu’ils « rentrent dans les rangs », fassent « acte de repentance »,  a – t – il lancé,  qualifiant de pirate le congrès programmé par l’aile des frondeurs. Mercredi dernier, c’est le président du Parti social  démocrate (Psd) qui est allé installer la fédération Psd du Couffo. Depuis quelques jours, dans les médias, certains membres du Psd essaient de donner l’image d’un parti qui va bien. Une manière pour Emmanuel Golou, mais aussi pour Léhady Soglo, de montrer, qu’ils restent  maîtres à bord.  Jusqu’à maintenant. On pourrait résumer la situation actuelle que vivent le Psd et la Rb. Deux dates (23 au 25 juin et 30 juin au 1er juillet), deux partis politiques pour un même mot : crise. Dans les deux partis, nous avons une vingtaine de membres du bureau politique qui contestent la légitimité de leur président. Même si à la Rb, les choses sont allées beaucoup plus loin avec la mise à l’écart de Léhady  Soglo. Les deux partis ont en commun d’avoir été créés après la Conférence nationale.  En outre, à ces deux partis est collée l’image de deux personnalités influentes de la politique béninoise : Nicéphore Soglo et Bruno Amoussou.  Ces deux personnalités qui ont été président de la République pour l’un, et président du Parlement pour l’autre (quasiment dans la même période), et  restent président d’honneur de leurs partis respectifs jusqu’à ce jour. Leur retour à la tête de leur regroupement politique ne devrait, peut-être pas déplaire à certains militants. Pour entériner la thèse de ce que les partis politiques ont, c’est un euphémisme, des  problèmes au Bénin. Selon le politologue Francis Laleye interrogé il y a quelques jours sur radio Océan fm, la Rb subit en ce moment les conséquences de ses textes. Par contre, pour  le député Fcbe de la 1ère  circonscription électorale, Idrissou Bako, la crise que subissent la Rb, le Psd,  et d’autres partis était prévisible. Selon lui, lorsqu’un nouveau chef de l’Etat vient au pouvoir, il cherche à avoir des partisans pour soutenir son action. Du coup, cela draine vers lui du soutien. Cela devient d’autant plus facile qu’au Bénin, les présidents de la République n’ont généralement aucun parti quand ils arrivent au pouvoir. Pour l’auteur du livre « Les cheveux du pouvoir », le professeur François Abiola, les partis souffrent d’un vrai problème de gouvernance. L’ancien ministre prône maintenant le centrisme.
 Schisme ou mort  programmé ?
 Possible que les deux partis subsistent. Ils pourraient sortir cependant divisés, s’ils ne le sont déjà. L’aile Léhady Soglo n’entend pas participer au congrès des 23, 24 et 25 juin prochain. Ce serait corroborer la mise à l’écart de celui qui a été installé par sa mère il y a sept ans. Sur la Télévision nationale dimanche dernier, le directeur de cabinet du maire de Cotonou Léhady Soglo, Francis Loko, doutait même de la tenue effective du congrès des frondeurs. Des frondeurs qui tiennent à leur congrès. Du côté du PSD, Jean – Baptiste Edayé, quatrième vice – président, estime que le congrès extraordinaire souhaité par Emmanuel Golou et prévu du 30 juin au 1er juillet n’est pas la solution. L’ancien ministre sous Boni Yayi souhaitant (c’est aussi la position des vingt – deux autres membres frondeurs du bureau politique) plutôt un Conseil national et non un congrès qui légitimerait le président Emmanuel Golou. Au sujet d’une probable entente entre les deux camps, Jocelyn Degbey, deuxième vice – président du Psd, du groupe des frondeurs, a affirmé trois fois, samedi dernier lors de leur déclaration : « on avisera ».  Le mois de juin promet d’être une épreuve de nerfs pour les renaissants et les sociaux – démocrates.   Selon le politologue Emmanuel Ahlinvi, de façon générale au Bénin « les partis ne fonctionnent pas, ce sont des clubs électoraux qui se multiplient, se démultiplient et se recomposent à la veille des élections ». Il met ainsi à nu le problème de structure auxquels sont confrontés les partis. En effet, c’est souvent le seul personnage qui est à la tête du parti pendant des années. Le seul car le seul bailleur du parti.  En conséquence, nul besoin de trouver un soupçon de principe démocratique dans des partis familiaux ou des partis rattachés à une personnalité.  C’est la mort du parti alors si son dirigeant n’est plus là.
 Rèliou Koubakin