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Le chef de l'Etat a les ressources pour finir son mandat en beauté
La médiation du chef de l’Etat a payé

Le président de la République, Yayi Boni est descendu en urgence le week-end dernier à Tchaourou, sa commune natale. L’objectif, selon nos sources, est de comprendre les réels mobiles de la division au sein des conseillers communaux avec à la clef l’affrontement sanglant du 1er octobre 2015 entre les protagonistes. La médiation du chef de l’Etat annonce un début de sortie de   crise.

Le week-end des 3 et 4 octobre 2015 aura été l’un des plus longs pour le chef de l’Etat, Yayi Boni. Après le sanglant affrontement entre ses partisans à Tchaourou, le président de la République s’est dépêché sur le terrain afin de ramener le calme et la paix. Mais pour y arriver, il a fallu plusieurs rencontres et conciliabules entre les conseillers, les cadres, les sages et têtes couronnées de la Commune. Face à ce désaccord entre les 24 conseillers communaux des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui se réclament partisans des députés Karimou Chabi-Sika et de Adam Bagoudou, il fallait trouver la solution. Informé de la situation, Yayi Boni a rencontré quelques conseillers du camp majoritaire dont le maire, ses deux adjoints ainsi que les deux chefs de l’arrondissement central et de Tchatchou. Toutes les tentatives pour faire fléchir ceux-ci sont restées vaines malgré les postes qui leur auraient été proposés, indique une source. Les tractations qui se sont poursuivies tard dans la nuit du samedi n’ont abouti à rien. Hier dimanche, une nouvelle rencontre de sortie de crise a eu lieu en présence du préfet des départements du Borgou et de l’Alibori au domicile privé de Yayi Boni. C’est alors que le député Chabi Sika a confondu le camp minoritaire, de Adam Bagoudou en exhibant au chef de l’Etat, les documents de la Cour suprême qui déboutent la minorité, et qui indiquent que l’installation est légale. Par ces documents, Yayi Boni s’est rendu compte que les informations à lui servies étaient mensongères. Dans ses propos, il a souligné que personne n’est au-dessus de la loi. «Le Code électoral doit être strictement respecté», a déclaré le leader des cauris. Le dégel venait ainsi d’être fait. D’ailleurs, le préfet Salamatou Kora Ponou a remis l’arrêté préfectoral d’approbation du Conseil communal de Tchaourou et a renvoyé ledit Conseil à ses fonctions. « La date d’installation officielle de la nouvelle équipe qui va diriger la Commune pour les cinq années à venir sera connue très prochainement », a confié l’autorité communale. L’occasion de la visite urgente du chef de l’Etat a été saisie pour l’organisation au stade de la localité, d’une prière à l’intention des pèlerins béninois décédés, lors de la bousculade du Hadj 2015 en Arabie Saoudite. Tous les intervenants ont profité pour inviter les frères ennemis de Tchaourou au calme et à fumer le calumet de la paix.

 Clément Dognon

(Br Borgou-Alibori)

 Le député Chabi Sika, le gagnant

 La crise qui a secoué les élus Forces cauris pour un Bénin émergent du Conseil communal de Tchaourou a montré la présence de deux forces politiques. D’un côté, Karimou Chabi Sika et de l’autre Adam Bagoudou. Dans cette bataille de survie politique et de démonstration de force, l’ancien député en sort grand gagnant. Après avoir, à son corps défendant, cédé sa place pour permettre à son jeune frère d’être positionné pour les législatives dernières, il prouve qu’il est populaire et fin stratège. Dans le Conseil communal où siègent 25 conseillers, le député Karim Chabi Sika contrôle un bloc de 17 qui n’a pas cédé face aux pressions et même devant le président de la République. Mais il reste que le maire réélu et ses alliés soient à l’écoute des conseils de dernier afin que les défis de développement de Tchaourou prennent le pas sur la politique politicienne.

 C D