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La mairie de Djidja ressemble à la cour du roi Pétaud

Les services de la mairie de Djidja tournent au ralenti. Leur fonctionnement est limité à l’expédition des affaires dites courantes.

Plus de grandes actions de développement pouvant amoindrir la souffrance des populations qui ploient déjà sous le poids de la conjoncture économique ambiante. Les agents présents au poste tournent les pouces à longueur de journée.  Désœuvrés,  certains parmi eux consacrent leur temps aux réseaux sociaux. D’autres,  n’ayant pas cette opportunité, préfèrent aller dans le bureau voisin pour bavarder  autour d’un sujet d’actualité ou carrément disparaissent de la maison pour ne réapparaître qu’à quelques minutes de la fin l’heure. On note une discontinuité dans le service offert à la  population et aux usagers de cette entité administrative.  Frustrés, les demandeurs de service n’hésitent pas à crier leur ras-le-bol. «Je voudrais retirer la photocopie légalisée de la souche d’un parent. Mais,  je vous dis que depuis trois jours que je suis en train de faire la navette, je ne suis pas encore entré en possession de ce document alors qu’ailleurs c’est parfois séance tenante que vous l’avez….. », dénonce Jacques Sodokpa. Comme lui,  d’autres personnes se plaignent de la qualité du service. «Moi, c’est une affaire domaniale qui m’amène ici. Depuis le matin, je ne suis pas encore satisfait après avoir passé plus de deux heures d’horloge sous l’arbre alors que je dois retourner à Cotonou. On m’a dit d’attendre un peu parce que le responsable de ce service n’est pas là», confie Serge Fatinbo, la mine serrée. Cet environnement de laisser-aller qui caractérise désormais le fonctionnement des services à Djidja est la conséquence directe de la confiance qui secoue le conseil communal avec en toile de fond, la destitution du maire. Cette crise qui a vicié l’environnement de travail au niveau de la mairie a occasionné une psychose générale au sein des conseillers au point où le maire même ne met plus pied dans son bureau. Depuis son appartement privé, il paraphe et signe les documents. C’est dire donc qu’il gère l’administration communale à distance. Dans cette condition, des agents, sans un suivi et sans une conscience professionnelle, font à leur guise. Le préfet du Zou, lors de sa dernière tournée statutaire n’a pu se rendre à Djidja, parce que conscient qu’il y a des préalables à régler. Le comble, les agents qui ont une connotation politique ou qui confondent la politique à leur carrière professionnelle ont formé des clans contre tel ou tel groupe de conseillers. Ainsi, manipulés, ils  n’obéissent pas aux ordres de tous les conseillers et ne leur réservent pas le même traitement et pourtant ils sont tous  élus par la population. Face à cette cacophonie, il va falloir que l’autorité de tutelle qu’est le préfet prenne ses responsabilités pour démêler l’écheveau afin d’éviter que la population, qui menace, entre dans la danse.

Zéphirin Toasségnitché

(Br Zou-Collines)