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debat-carreLe débat en cours à l’Assemblée nationale atterrit au niveau des sachants. La frange éclairée de la République apporte sa lecture pour sans doute éclairer nos nuits obscures. L’exercice porte déjà un fond de débat d’école entre personnes averties. Le risque est que cette volonté d’éclairer l’opinion ne soit teintée ou parsemée de convictions politiques.

Cela fait un moment qu’on les attend, mais ils sont enfin là. Les hommes et femmes de science s’invitent dans le débat politique actuel à l’Assemblée nationale. Les hommes de science, un peu comme des arbitres, viennent avec leur lanterne scientifique pour poser les vrais débats et proposer des formules appropriées. Cet exercice a été, dans un premier temps fait, par l’ancien Doyen de la Faculté de Droit et sciences politiques Joël Aïvo. Le Constitutionnaliste pense, pour sa part, que les deux personnages à même de nous sortir de ce bourbier politique sont le Président de la République Patrice Talon et le président de la Cour constitutionnel Joseph Djogbénou. Il y croit fermement qu’il appose à son argumentaire, une certitude qui tend à faire admettre que les deux personnages peuvent, sans qu’il soit possible de prolonger un quelconque mandat des députés, faciliter l’organisation des élections tout en respectant la constitution. Cette position si fermement défendue et qui a même fait le tour des médias, a été battue en brèche par une lecture doctrinale  totalement opposée. En effet, au cours d’une intervention sur la chaîne privée Canal 3, l’autre Professeure agrégée de droit public de même trempe et de même acabit, Dandi Gnamou, s’est un tout petit peu amusée, dans une réponse voilée du berger à la bergère, à déconstruire posément l’argumentaire du Professeur Aïvo. Elle a laissé entendre qu’en réalité, le Président de la République et celui de la Cour constitutionnelle n’ont rien à voir avec le débat à l’Assemblée nationale. Son argumentaire s’est focalisé substantiellement sur le risque de conférer à la Cour constitutionnelle un pouvoir constituant, ce qui, dans le fond, est assez dangereux. Elle trouve également que le Chef de l’Etat n’a nullement le pouvoir de proroger un quelconque mandat de député et que jamais il ne saurait prétendre agir sur les délais constitutionnels. A partir de cet instant, il importe, selon l’agrégée de droit, qu’on  se refuse à admettre que la clé du dénouement de la situation actuelle se trouverait entre les mains de ces deux personnages. Dandi Gnamou, Agrégée de Droit public, soutient assez fermement en revanche que la solution se trouve dans la révision de l’article 80 de la Constitution. Ça y est donc. Les doctrinaires s’invitent dans le débat avec des positions qui s’affrontent. A qui donner raison, à qui donner tort dans ce flot de discours hautement intellectualisant? En tout cas, l’opinion n’a pas la sagesse appropriée pour décoder ces messages. Elle ne souhaite qu’une chose: l’organisation des élections.

 Discours neutre ou discours teinté ?

 L’intellectuel est avant tout un homme de lumière, mais il a ses penchants et ses aspirations. C’est un peu comme le Juge qui retrouve dès fois son moi à travers les lignes de son délibéré. Quelle que soit la noblesse de nos fonctions, le risque de laisser transparaître « un peu de nous » est assez grand. L’homme de science, est avant tout un homme de foi et de conviction. Des convictions apparentes ou cachées qui doivent être fondamentalement détachées de l’œuvre de science qui est divine par essence. Le devoir appelle l’homme de science surtout face à un enjeu national où sa contribution est précieuse, à dépasser ses instincts grégaires pour trouver dans le tréfonds de son objectivité, la clé qui sauve la Nation. La responsabilité doit primer sur tout, car ailleurs il a suffi d’une virgule mal placée, d’une parole déplacée, pour que tout bascule.

 A T