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Djrankou
Martial Djrankou se préoccupe de la gouvernance électorale sur le continent noir

Depuis que les Etats africains ont pris le train de la démocratie, l’alternance au pouvoir par des élections libres et transparentes se fait toujours dans la douleur. C’est le constat que fait Elie Martial Djrankou, Sociologue-Communicateur. Dans sa réflexion intitulée « Gouvernance socio- politique en Afrique : mieux penser les enjeux électoraux dans la problématique du développement », il  invite les forces vives  dans le système démocratique à percevoir en permanence les élections comme un outil de convergence des masses populaires vers la gestion de la cause publique, un bien à tous.
En Afrique, les élections ont tendance parfois à créer plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. La machine électorale a du plomb dans l’aile. Nous assistons de plus en plus à une instrumentalisation  des activités électorales, où prime une certaine logique aussi malheureuse que triste, ci-après : « on n’organise pas des élections pour les perdre ». Une telle perception du jeu électoral brise, du coup, la glace de l’objectivité et écorche toute idée de transparence de nos scrutins sur le continent africain. Point n’est besoin de rappeler ici que les élections sont un mode de désignation des dirigeants, à l’échelle universelle. Elles sont des canaux de dévolution du pouvoir consacrant le choix du citoyen. Mais les règles du jeu sont de plus en plus faussées en Afrique plus qu’ailleurs, tant les rapports de force sont construits non sur des convictions mais plutôt  sur des intérêts et donc artificiellement orientés vers un but personnel dès le départ : gagner à tout prix. Le suffrage universel du citoyen doit revêtir toujours son expression sacrée qui est « oui » ou « non » ; « faire » ou « ne pas faire ». L’ampleur des irrégularités observées sur le continent au cours de ces dernières années inquiète, en raison de quelques comportements qui relèvent encore de la perversité politique.
Je voudrais humblement inviter les forces vives  dans le système démocratique à percevoir en permanence les élections comme un outil de convergence des masses populaires vers la gestion de la cause publique, un bien à tous. C’est une exigence indéniable à laquelle doit se faire la communauté internationale, pour accorder d’intérêt à un pays selon que les dirigeants soient issus des processus électoraux crédibles ou non.
Au début des années 1990, il y a eu des transitions démocratiques colorées au multipartisme qui ont relancé l’espoir des uns et des autres. Un regain normatif des enjeux électoraux s’est dessiné à l’horizon dans plusieurs pays africains, mais se heurte depuis les années 2000 à des difficultés qui plombent des élections en Afrique, suscitant même des appréhensions. Je ne voudrais pas citer ici de pays, mon constat est tout simplement révélateur de ce que l’idée d’élection libre, honnête et crédible risque de s’éloigner au fil des années, si les différents acteurs ne travaillent pas à annihiler les coupes sombres qui cassent le capital de confiance des populations, alimentent les critiques et enflent les craintes.
Tout au long de ces dix dernières années, nous avons assisté à des critiques assez vives, virulentes qui dégénèrent souvent en violence meurtrière en pleine phase électorale, avec des procès parfois factices ou sans lendemain. Nous nous accoutumons aux expressions suivantes : « c’est de la fraude », « ces résultats sont manipulés, du vrai tripatouillage, un hold-up électoral », « on nous a volé notre victoire »… Arrêtons le mélodrame, trop de pertes en vies humaines liées aux dérives électorales en Afrique.
Il est temps de finir définitivement avec ce cycle funeste, en commettant les différents acteurs notamment le juge électoral et les adversaires en compétition, à plus de sens de responsabilité.

Par Elie Martial Djrankou

Sociologue-Communicateur