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Le-wuru
Le wuru, une danse identitaire

La diversité des danses sacrées du Bénin n’est plus à démontrer. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, le pays regorge une variété de danses traditionnelles. Chez les batonu par exemple, l’une des danses sacrées est le Wuru. Une danse qui tire ses fondements d’une grande divinité qui porte le même nom. Alassane Orou-Goura est un initié. Selon lui, le Wuru est une divinité que plusieurs personnes adorent au nord du Bénin. En batonu, quand on prononce le nom Wuru, c’est pour faire allusion au fer et ce sont surtout les forgerons qui exploitent ce métal. Ils  l’utilisent dans la fabrication des houes, couteaux, coupe-coupe et bien d’autres outils. Cette danse Wuru est exécutée par les chasseurs. C’est une danse extraordinaire. Lorsque les chasseurs sont en train d’exécuter cette danse,  rien ne peut les stopper. Il faut être un homme pour suivre ce qui se déroule. Wouhab est un amoureux de cette danse. Pour lui, le Wuru est une valeur. Il  ajoute qu’au cours de cette danse, il y a des choses inédites qui se font. Les danseurs peuvent semer du maïs, le récolter et le manger sur le champ. Ils peuvent aussi immoler un cabri et le ramener en vie au cours de la danse. C’est une pure tradition le Wuru. Et  pour exécuter cette danse, il faut des accoutrements que décline ici Zimé, un ancien danseur. « Il faut la peau d’un animal sauvage, il y a le maquillage qui montre le côté chasse et des cannes sacrées qui jouent le rôle de protecteur », déclare-t-il. Pour  danser le Wuru, il faut être prêt pour combattre les adversaires. Le Wuru devient très intéressant quand le chanteur se met à faire l’éloge des danseurs. Il  peut aussi dire des phrases pour inciter encore plus à la danse. Par  exemple, « kpai ka ouré Bâiyaosouwékpai ka ouré Bâ », ça veut dire en batonu danser bien. Il  faut démonter ce que vous savez faire. Le Wuru est une valeur à préserver. Alassane Orou-Goura invite les jeunes à valoriser la culture de leur pays.

B. K.