Spread the love
talon2018
Patrice Talon, un visionnaire

Lundi 16 avril 2018, un incendie s’est déclaré dans le secteur céréalier du marché Dantokpa à Cotonou. Ce drame vient dévoiler une fois encore les véritables problèmes de ce marché déjà vétuste qui met en danger les usagers. Il est devenu urgent que les autorités pensent à la modernisation de ce marché.

L’Etat vétuste du marché Dantokpa est source d’insécurité. La modernisation s’impose désormais avec des infrastructures conséquentes. Et pour cause ! Kpodji, l’un des secteurs du marché Dantokpa a été consumé dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 avril 2018. Il y a environ trois ans, plus précisément dans la nuit du 30 au petit matin du 31 octobre 2015, une partie de ce même marché réservé notamment à la vente des pièces détachées avait pris feu. Un camion rempli d’essence frelatée communément appelé « Kpayo » était à la base de ce drame. Bilan, environ 755 boutiques ont brûlé, plusieurs centaines de commerçants ont presque tout perdu. L’incendie a été vécu comme un drame national puisqu’il n’est plus à démontrer que l’intense activité dans ce marché contribue largement à l’économie nationale. Un autre incendie a été enregistré après cet épisode de 2015 du côté de Mawulé. Celui du lundi dernier dont les vraies causes ne sont pas encore connues devra encore faire tache d’huile, puisque plusieurs magasins en matériaux précaires sont partis en fumée. Même si, pour le moment, un bilan financier n’est pas encore disponible, les pertes, d’après les indiscrétions, se chiffrent à des millions de francs cfa. Des commerçants non assurés sont dans la détresse et ne savent pas à saint se vouer.

Dantokpa : un grand marché, mais pas aux normes

D’une superficie d’environ une vingtaine d’hectares, Dantokpa est le plus grand marché à ciel ouvert de l’Afrique de l’Ouest. Sa création remonte à 1963, au lendemain de l’indépendance du pays. Ce centre de transaction, n’offre malheureusement plus à ses usagers une grande sécurité. Malgré les efforts des commerçantes qui ont tenté avec leurs faibles moyens d’acheminer de l’eau dans des bassines ou des seaux pour stopper la progression du feu dans la zone de vente des céréales lundi dernier, les flammes ont dicté leur loi en se propageant sur une grande superficie. Cela en raison des matériaux précaires qui ont servi à construire bon nombre des magasins. On se souvient encore qu’en octobre 2015, l’incendie qui s’est déclenché autour de 1 heure du matin n’avait été totalement maîtrisé par les sapeurs-pompiers qu’en début d’après-midi, tant la zone en question était difficile d’accès. Les voix d’accès au marché Dantokpa restent une question. Un tour dans le marché Dantokpa et l’on se croirait presque dans une pétaudière. Tout vous saisit: le bruit avec des commerçantes en pleine publicité de leurs marchandises, la foule, les odeurs, les pousse-poussiers qui tentent de se frayer un passage aux abords immédiats du marché et parfois au milieu de la foule. Ce plus grand marché du Bénin est subdivisé en plusieurs compartiments tels que l’étalage des vendeurs de condiments, celui des commerçants de pagne, de condiments, de maïs, de pièces détachées.

 Le lac Nokoué : un écosystème asphyxié et en danger

 Dantokpa tire sa dénomination de sa proximité avec le  lac Nokoué appelé en langue fon ‘’To’’ et de la divinité ‘’dan’’ qui veut dire serpent considérée comme propriétaire de l’eau d’où Dantokpa ‘’A côté de la lagune de Dan’’. Avec ses 339 hectares étalés entre Cotonou, Calavi et Porto Novo, le lac Nokoué est le plus grand lac du Bénin mais menacé par toutes sortes de pollutions. Ce n’est plus un secret que la majorité des déchets du chenal de Cotonou proviennent du marché Dantokpa. Cet écosystème est pollué par des éléments chimiques, des matières organiques et autres déchets. Les décharges d’ordures qui jonchent la bordure du chenal sont composées de matières putrescibles, de déchets biomédicaux, d’appareils usagers, de batteries, des amas de ferraille, des rejets de teinturiers… Selon Brice Sohou, spécialiste en gestion de risques et  catastrophes, les teneurs des polluants retrouvés dans le lac Nokoué sont supérieures aux normes admises. « Tant que la charge polluante n’est pas trop élevée, le lac Nokoué sera capable de s’auto épurer grâce aux microorganismes présents dans l’eau. En revanche si l’on n’y prend garde, le lac Nokoué risque d’être le siège d’une forte eutrophisation » ajoute t-il. A en croire Bernard Capo-Chichi, enseignant de chimie à la retraite, le plus grand risque éco toxicologique lié à la pollution du lac Nokoué est celui lié à la possibilité d’accumulation de certains polluants dans l’organisme des poissons et des huîtres vivants dans cet écosystème. « L’ion ammonium provenant de la décomposition des excréta passe sous la forme de gaz, à la faveur d’une élévation de pH. Le gaz ammoniac est toxique et peut entraîner la mort des poissons, des crevettes et d’autres organismes d’où la rareté des espèces halieutiques», renseigne-t-il. Des analyses qui montrent que le lac Nokoué est pollué. Il faut donc une prise de conscience collective pour assurer une bonne hygiène autour du lac. D’où l’idée de délocalisation de ce grand marché par le gouvernement du Président Patrice Talon vient à point nommé.

 Patrice Talon : l’homme qui a une grande vision

 Face à la pression exercée par le marché Dantokpa sur le lac Nokoué  et bien d’autres sources d’insécurité que génère ce lieu de commerce, il est de bon ton que les autorités au plus haut niveau du pays prennent leurs responsabilités afin de soulager la peine des populations. Et  c’est ce qu’a compris tôt le chef de l’Etat, Patrice Talon, en prenant des dispositions idoines. La nécessité de construire de nouveaux marchés modernes s’impose, car si rien n’est fait, l’on peut s’attendre à de pareils incendies. « Encore quelques mois et le plus grand marché du Bénin, Dantokpa sera vidé de ses occupants qui seront relogés suivant leur statut de commerçant ou de marchand », a déclaré José Didier Tonato, ministre du cadre le 3 mars 2018 à l’occasion d’une séance d’échanges avec les femmes des marchés de Cotonou. L’objectif était d’exposer à ces femmes, le programme de construction et de modernisation des marchés urbains et régionaux du gouvernement. Il est prévu un marché de gros à Akassato sur un domaine de 200 hectares d’ici 2020. La solution fondamentale est de rendre à la ville de Cotonou son dynamisme en termes de développement urbain en séparant les fonctions commerciales et marchandes. Au sujet du déplacement des occupants du marché Dantokpa, le ministre a rassuré : « Avant de déplacer, nous allons aménager. Aucun marchand ne sera déplacé s’il ne connaît pas la place où il atterrit ». Il est prévu la rénovation, de 21 marchés secondaires de la ville de Cotonou. « Ce sont des marchés qui vont être construits entre 6 et 12 mois. La vague des 21 va être terminée fin 2019 et nous pouvons entamer, si tout va bien, une nouvelle phase en 2020 », a annoncé le ministre Tonato. Il est également prévu la construction d’un mall au stade de l’amitié pour abriter les commerçants de textiles, de bijoux et autres articles similaires. Face à ce remue-méninge, il importe que tous les citoyens prennent conscience qu’il est temps d’adopter des pratiques saines pour le bien commun de la ville de Cotonou. Une ville qui se doit d’être attrayante.

 Marcus Koudjènoumè