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rachidi-GbadamassiLe député de la 8e circonscription électorale, Rachidi Gbadamassi, n’apprécie pas la lettre ouverte de l’ancien Chef de l’Etat Boni Yayi à la République le mardi 02 octobre 2018 sur sa page Facebook. Il l’a fait savoir à travers une déclaration à la presse. Il trouve la lettre inappropriée et invite  Boni Yayi à respecter son statut d’ancien Chef d’Etat. Lire ci-dessous un extrait de sa déclaration au micro de nos confrères de la télévision nationale.

 «  Nous avons lu avec étonnement, consternation et tristesse la lettre ouverte de l’ancien Chef de l’Etat. Avant d’être un homme politique, le président Boni yayi a été docteur en économie, banquier de renom et universitaire. Il a été aussi président de l’Union africaine. Il me semble souvent qu’il oublie qui il est. Lorsqu’on a eu  l’honneur de présider à la destinée d’un peuple, en exerçant les fonctions les plus hautes, les plus nobles, on ne parle plus n’importe comment. On a une obligation de réserve et d’abstinence en témoigne le cas du regretté Mathieu kérékou, dont la parole est rare et sacrée. Un ancien chef d’Etat pour nous, est une personne ressource, un conseiller averti au service de son peuple, de sa nation, qui vit pour le peuple et rien que pour le peuple. Pour les grandes causes en témoigne les cas Obama, Bush et Obasanjo qui malgré leur titre d’ancien Chef d’Etat demeurent des gens politiques. Notre ancien président a l’obligation morale de conserver sa dignité et de ne pas désacraliser la fonction présidentielle parce que pour nous un ancien Chef d’Etat est une fonction sacrée qui mérite respect. En fait une question importante me vient à l’esprit. Pourquoi n’avait-il pas fait quand il était Chef de l’Etat tout ce qu’il reproche à l’actuel régime ? Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs. Pour finir si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au cochon de le dire. Pour devoir de mémoire, en matière de bonne gouvernance, de morale et d’éthique, je crois que l’ancien Chef de l’Etat n’a pas de leçon à donner. En témoignent les scandales de Icc-service, le siège de l’Assemblée nationale avec un détournement de plus de 220 milliards de francs Cfa, en témoigne le scandale de Cen-sad. Nous demandons à l’ancien Chef d’Etat au lieu de désacraliser, la fonction présidentielle, de mettre son carnet d’adresse au service du peuple, au service de sa nation au lieu de manipuler la jeunesse qu’il encourage dans l’oisiveté, dans la paresse, dans le gain facile en organisant les marches. Le président Patrice Talon après avoir posé le diagnostic, a estimé qu’il faut apprendre à pêcher que de donner du poisson. Apprendre à pêcher, c’est assainir les finances publiques pour avoir beaucoup d’argent et créer un emploi que de donner 1000 francs pour organiser les marches pour faire l’éloge du Prince, du Roi. Lui, il a préféré assainir les finances publiques. Il a priorisé la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption. Je sais que ça gêne. Ce n’est pas pour cette raison qu’il faut chercher à manipuler la jeunesse. C’est quand même bizarre. Pourquoi c’est maintenant qu’on s’érige en défenseur de la jeunesse au moment où vous étiez au pouvoir pendant 10 ans où le peuple béninois vous a donné l’occasion de diriger ce pays ? Non je crois que quand on n’a rien à dire, il faut se taire. Je vous demande humblement d’être ambassadeur de la paix à la veille des élections législatives, de tout faire pour mettre votre expertise, votre talent au service de la paix. Au lieu de désacraliser la fonction présidentielle, nous vous demandons de rester digne d’un ancien Chef d’Etat, de tout faire pour que le Bénin soit un havre de paix. Nous demandons humblement à l’ancien Chef de l’Etat de mettre sa compétence, son ancienneté au service du peuple et non au service de la haine ».

Transcription :  Léonce Adjévi