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Le ministre de l'économie et des finances du Bénin
L’argentier national était face aux ambitions

Les lundi 22 et mardi 23 juin 2015, les députés de la 7ème législature ont été entretenus sur le débat d’orientation budgétaire pour le compte de l’année 2016. A cette occasion, le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, Komi Koutché, a rappelé les grandes orientations du budget général de l’Etat, gestion 2016 et a rassuré les députés.

A la séance plénière de ce mardi, nombreux sont les députés qui se sont intéressés à la présentation des grandes orientations du budget général de l’Etat, gestion 2016, présentées par le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, Komi Koutché. Au terme des débats, il faut noter que les orientations économiques du budget de l’Etat et le cadrage macroéconomique à moyen terme sur la période de 2016 à 2018 ont suscité un intérêt général au sein des députés. En effet, au titre des grandes lignes des orientations économiques du budget de l’Etat, exercice 2016, il est retenu par le gouvernement le renforcement des infrastructures, entre autres, les infrastructures énergétiques, les infrastructures de transport et les technologies de l’information et de la communication, l’amélioration de la productivité du secteur agricole, la promotion des filières maïs, riz, ananas et anacarde, l’accès à l’éducation, l’accès aux soins de santé, le développement local, l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques, la promotion de l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes. Ces grandes lignes ont suscité un intérêt au sein des députés. A ces préoccupations, le ministre Koutché a fait remarquer que la plupart des questions ont été des contributions. Parlant de la question de la pauvreté, le ministre Koutché a expliqué que c’est une question multidimensionnelle. « Lorsqu’on fait une analyse économétrique, ce que nous utilisons, ce sont les indicateurs. C’est ça que vous disiez ici, c’est ça que vous allez voir à l’Insae, des rapports de la Banque mondiale. Il faut que toutes les forces vives de la Nation puissent apporter leurs pierres à l’édifice. Oui, il y a la pauvreté, mais le cas du Bénin n’est pas le plus grave. A l’heure où je vous parle, nous sommes dans un critère de premier ordre », a déclaré le ministre Koutché.

 La croissance économique 2016 projetée à 5,8%

 « 5,8% en 2016 contre 5,7% en 2015. C’est sur cette base que la croissance va se consolider sur la période 2016-2018 », a expliqué le ministre Komi Koutché. Mais, à moyen terme, l’activité économique devrait rester vigoureuse avec un taux de croissance qui atteindrait 6,5% en 2018. Pour lui, ces perspectives de croissance ne peuvent se réaliser que dans un environnement non inflationniste, avec un taux d’inflation qui serait inférieur au plafond communautaire de 3,0% prévue par l’Uemoa, en lien avec l’amélioration de la production vivrière et la stabilité des cours des produits de base, en particulier le pétrole.

 Thobias G. Rufino (Br Ouémé-Plateau)

 

Les explications du ministre Koutché sur la situation économique

« De 2012 à 2013, nous avons noté une certaine augmentation au niveau des recettes. Ainsi, de 2012 à 2015, pour ce qui concerne le total des recettes, nous sommes passés de 598 milliards Fcfa à 751 milliards de Fcfa ; 751 milliards en 2015 pour ce qui concerne les prévisions ajustées. En fait, nous faisons des hypothèses en fin d’année et en cours d’année, nous les confrontons avec les facteurs endogènes qui viennent affecter les activités et en rapport le Fonds monétaire internationale (Fmi), nous faisons des ajustements. Pour ce qui est des recettes non fiscales, nous sommes passés de124 milliards FCfa à 91 milliards Fcfa ajustés en 2015. Vous allez poser la question de savoir pourquoi cette baisse. En ce qui concerne les recettes non fiscales, il y a souvent des ressources accidentelles. Pour certaines années qui ont connu un niveau important, nous avons constaté qu’il y a des ventes de licences Gsm qui ne sont pas opérations qui viennent tous les jours. Pour la période qui s’annonce, nous prévoyons une amélioration significative des recettes non fiscales parce que l’année dernière, avec le concours du Parlement, nous avons pris des mesures pour encadrer les services intermédiaires des recettes ; c’est-à-dire que désormais au niveau de l’administration, nous travaillons pour que deux budgets ne soient pas exécutés. Les lois de la République veulent l’unicité de la trésorerie, mais il n’est pas rare de voir certaines structures de l’administration qui, en plus du budget formel dispose d’autres ressources parallèles qu’elle collecte de part leurs activités sans jamais aller au Trésor (…) Pour ce qui concerne les dépenses, nous sommes passés de 815 milliards Fcfa en 2012 à 965 milliards Fcfa révisés en 2015. Ce qui est important à faire remarquer, c’est le contenu de chacune des rubriques de ce que c’est que les dépenses. Nous voyons par exemple que les dépenses du personnel augmentent une bonne partie. En 2012, elles étaient de 279 milliards Fcfa pendant qu’en 2015, en version révisée, elles sont de 320 milliards Fcfa. Les dépenses d’investissement qui créent la croissance sont passées de 217 milliards Fcfa en 2012 à 445 milliards Fcfa en 2015 en version non révisée. Tout ceci, nous conduit à un déficit base d’ordonnancement qui est de -93 milliards en 2012 et -122 milliards révisés en 2015. Pour ce qui est du déficit par rapport au Produit intérieur brut (Pib), il a évolué sensiblement entre 2012 et 2015. Il est de -2,4 en 2012 et – 2,6 en 2015 en version ajustée. Un autre élément important, c’est la situation d’endettement. Le Bénin a opté pour une stratégie d’endettement assez prudente. La première raison est que nous sommes restés jusqu’à un passé récent dans un programme avec le Fmi. Le programme est arrivé à terme. Nous sommes en train de préparer la deuxième phase qui est en phase transitoire parce que nous nous sommes entendus avec le Fmi sur un certain nombre de réformes qui sont en train d’être opérées. La deuxième raison est que le Bénin a opté pour une gestion prudente de ses dettes pour faire en sorte que l’analyse de la viabilité de la dette soit une analyse qui soit la plus pertinente possible et que la capacité de solvabilité soit en rapport avec les capacités réelles du pays. La norme pour ce qui est de l’Union économique monétaire Ouest Africaine (Uemoa) est de 70% du Pib. Pour ce qui est de fin décembre 2014, nous sommes 26,4% (endettement intérieur et extérieur compris) pendant que pour que ce qui est de l’Uemoa, la moyenne est de 39,9%. Certains pays sont même au-delà de 50% comme le Sénégal. Pour ce qui est du programme d’évolution du secteur public, nous avons connu une évolution qui est restée dans une prépondérance en ce qui concerne le secteur productif entre 2012 et 2015. Ainsi donc, de 2012 à 2015, le taux du Produit d’investissement public (Pip) est supérieur à 50%. Pour ce qui est des secteurs sociaux, nous sommes à 26% avec un chiffre de 32% pour l’année 2014 et pour l’administration, nous sommes restés constamment en deçà de 20% en dehors de l’année 2013… »