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CrietLe mariage incestueux entre la science et la politique gangrène sérieusement la République. Le débat actuel sur la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) fait naître une catégorie particulière de scientifiques dont les démonstrations font souffrir. On est tenté de se demander et à raison s’ils sont des scientifiques ou des politiques.   

Le virus de la politique a définitivement atteint la science. A part certains scientifiques qu’on continue d’admirer par la justesse et l’impartialité de leur analyse, certains scientifiques des temps modernes, surtout ceux concernant une discipline (qu’il serait inutile de citer par ici), voguent au gré des sensibilités politiques. On se demande finalement si c’est de la science qu’il s’agit ou de la politique. Le débat honteux sur la Criet fait par certains pseudos scientifiques décime et porte une réelle entorse à la morale et au bon sens. A plusieurs occasions, le citoyen honnête est perdu, car au finish, il ne sait vraiment plus qui dit vrai. L’intrusion incestueuse de la politique dans la science est une honte que le collège scientifique doit vraiment corriger. Il n’est pas honorable pour les éclaireurs de la cité que sont ces scientifiques de continuer par faire la science partisane. Le constat est davantage alarmant depuis la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). On peut comprendre le badaud du coin qui raconte sa vie sur ce qu’il ne sait pas. On loue son ignorance légendaire, car il n’y a rien qui le fera changer d’état. Cette catégorie de citoyen peut claironner jour et nuit avec des commentaires ridicules. Tout cela participe du débat de rue et peut être classé dans la catégorie des bruits sourds et inutiles de la République. Pour ces hommes et femmes, on peut être à la limite, indulgent si leur discours ne professe pas l’injure et la calomnie. Mais pour rien au monde, on ne saurait tolérer que des sachants se décident d’arborer le discours de la rue. Cette pratique qui a de plus en plus droit de cité sous nos cieux est à décourager à tout prix. Il ne serait pas admissible de voir des hommes et femmes que la République a consacré pour jouer le rôle d’éclaireurs se livrer, au nom d’une quelconque politique, à des démonstrations de caniveaux. C’est une bassesse intelligible que le bon sens doit décourager à tout prix. Depuis quelques jours, des soi-disantsachants se permettent de peindre en noir la juridiction sans pour autant apporter un brin d’argument scientifique pour étayer leur thèse. Ils se livrent à ses commentaires de rue qui portent une forte dose d’injures et de confusion. Depuis la guerre ouverte contre la Criet, il n’y a eu encore aucun débat sérieux à part celui des scientifiquespolitiques mués en hommes de rue qui peuvent pérorer sur les réseaux sociaux et engager des débats de politiciens.

 Pourtant, ils pouvaient contribuer à la science

 Aucune œuvre humaine n’est parfaite, mais il faut avoir le courage de reconnaître que la Criet est une innovation dans la sous-région et même en Afrique. N’en déplaisent aux radoteurs, l’idée dans le fond n’est pas mauvaise. Mais comme toute œuvre humaine a ses imperfections, la Criet, sur le plan purement scientifique, peut fairel’objet de critiques ou d’apports. Sur ce plan, le débat scientifique  peut se mener ouvertement et librement avec les sachants ou tout citoyen éclairé. Cela peut se faire à travers des mémoires, des articles de recherche, des débats scientifiques sur les stations de radio ou les chaines de télévision. La critique scientifique peut contribuer à faire des apports ou rectifier des imperfections. Cette démarche aura sans doute le mérite d’être citoyenne, objective et honnête. La guerre des idées fait rayonner la science et contribue au progrès des nations. Personne ne dit que la Criet est une institution exempte de reproche. Elle est une œuvre du législateur. Comme toute loi, elle peut être rectifiée si le débat citoyen et scientifique y convie. C’est la démarche souhaitée de ces pseudos scientifiques qui font de la politique au lieu de poser des débats sérieux. Ceux-ci n’ont de chant que d’appeler à la suppression de la Criet alors que dans le fond ils n’ont aucun argument fondé pour étayer leur position. Cette bassesse frise le ridicule et sort du cadre de la science. On a de plus en plus peur des déclarations de ces scientifiques que la politique a définitivement obnubilés. On se demande même s’ils n’émargent pas quelque part.

 Abdourhamane Touré