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talon2017L’un des moments clés de la démocratie béninoise s’est joué sur les plateaux de la télévision nationale jeudi 23 mars 2017 soir. Acculé par de nombreuses critiques qui remettent en cause sa bonne foi quant au Projet de révision de la Constitution, Patrice Talon a réagi et rassuré.

Mine grave, regard vif, et l’air préoccupé par les enjeux politiques du moment, le président de la République, a voulu montré, qu’il était toujours maitre de la situation et de son timing. C’est l’impression qui apparait  de son discours de ce jeudi 23 mars 2017 sur la chaîne nationale. Recentrant un débat frileux,  qui risquait de s’enliser autour de l’essentiel, le Patrice Talon a tenté de se mettre au-dessus de la mêlée.  On a compris après son discours de 10 minutes, que  c’est en connaisseur des tares qui minent le développement de son pays,  que Patrice Talon avait voulu réformer. La révision de la Constitution telle que proposée actuellement, n’est donc que la résultante de ses réflexions.  D’emblée,  il s’est montré un démocrate à l’écoute de son peuple, et qui perçoit les craintes des uns et des autres.  « Le débat sur les mérites ou les défauts d’une Constitution, sur la nécessité de l’abolir ou pas, de réviser ou pas telle ou telle de ses dispositions, est un débat sans fin », a-t-il déclaré. Avant de se réjouir que cela participe de la « vitalité de la démocratie ». Pour l’essentiel, il est ensuite revenu sur le processus tel que  mené depuis de son élection. Depuis la mise en place de la Commission Djogbénou, à la transmission du projet au Parlement. Le but ultime visé par son acte, c’est de consolider le socle démocratique. Car, demande-t-il, « les modifications proposées renforcent-elles la démocratie ? Préservent-elles nos libertés ? Permettent-elles une meilleure reddition de comptes ? Organisent-elles mieux la vie politique ? Favorisent-elles le développement économique et social, ainsi que l’épanouissement individuel et collectif ? » L’intention  de Patrice Talon  n’est donc pas de monopoliser le débat, ni de se tailler subrepticement une loi fondamentale  à sa mesure ou à celles de ses ambitions.

Ni révision opportuniste, ni nouvelle République

D’ailleurs, il  ne veut pas d’une révision opportuniste qui interviendra en  fin de mandat, et qui induirait accidentellement ou mécaniquement une nouvelle République. Mais, au-delà des craintes et préoccupations légitimes des uns et des autres, il se veut réformateur et développeur. « L’histoire du monde enseigne que les nations qui surmontent les défis du développement et de la modernité, sont celles dont les leaders recherchent constamment les solutions qui dépassent les conservatismes et les clivages habituels, qui se projettent dans le temps et créent de meilleures conditions d’existence pour les générations à venir. Les débats actuels font monter à l’entendement de tous, les appréhensions et les inquiétudes de chacun. Je les entends et les comprends parfaitement. Pour autant, faut-il se satisfaire de l’apparente stabilité du moment et renoncer à une consolidation durable de nos institutions et de notre Etat ? »

Wilfrid Noubadan