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Constantin Changobiyi
Constantin Changobiyi, porte-parole du collectif des syndicats des ministères

Annoncée pour paralyser l’administration publique, la grève des centrales syndicales ne sera pas suivie par le collectif des secrétaires généraux des syndicats des ministères. Il se désolidarise et invite ses syndiqués à ne pas céder à la manipulation. C’est à travers une déclaration rendue publique le lundi 15 janvier 2018.

Les mouvements de débrayage annoncés par les centrales syndicales ne seront pas observés par les agents des différents ministères. Ainsi en a décidé le collectif des organisations syndicales des ministères. En effet, soucieux de la paix et de la stabilité sociale au Bénin, ils ont décidé de ne pas accorder leur caution à la forfaiture qui se prépare par les centrales syndicales. Cette décision du collectif vient réconforter le gouvernement dans sa position. Si l’on sait que le bras armé des centrales syndicales, c’est les organisations syndicales des ministères, on pourrait se demander comment cette grève annoncée à grand fort médiatique pourrait réussir.  On peut se réjouir du fait qu’il y ait encore des syndicalistes qui ont compris le bien-fondé de l’acte des députés et décidé d’emprunter la voie du dialogue. Dans leur réquisitoire à l’endroit des centrales syndicales, ils fustigent l’instrumentalisation des travailleurs des ministères sectoriels à des fins politiques inavouées et la violation flagrante et permanente de la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en république du Bénin. Et justement, c’est ce fait qui motive les députés à voter la loi sur l’interdiction du droit de grève au Bénin dans ces corps jugés sensibles. Cette sortie du collectif des secrétaires généraux des syndicats des ministères est ni plus ni moins, un véritable camouflet pour les centrales syndicales qui devront, si le bon sens les anime toujours, rebrousser chemin et ne pas surtout sacrifier l’intérêt général au profit de l’intérêt personnel. En tout cas, le collectif a été clair. Les agents des ministères doivent être en poste demain matin pour éviter des défalcations et des radiations fatales. Progressivement, la mauvaise foi des secrétaires généraux des centrales sera mise à nu et les travailleurs se rendront compte eux-mêmes de leur désir ardent de retarder le développement du Bénin. Heureusement que certains qui ont encore la lucidité veillent au grain. C’est l’avenir du pays qui en dépend.

A.N.A.

 Un désaveu  pour les centrales syndicales

 Cette grève générale lancée par les centrales syndicales pose à juste titre, la question du droit de grève et de la démocratie au sein des syndicats et centrales syndicales qui, pour la plupart du temps, ne consultent pas leurs bases avant de déclencher les mouvements de débrayage. Et ce cas en est une parfaite illustration. Aucune centrale syndicale n’existe sans les syndicats de base. Ceux-ci doivent être consultés avant les actions d’envergures. Mais comme d’habitude, pour les intérêts personnels et inavoués, ces centrales syndicales déclenchent des mouvements de grève. C’est le lieu de saluer le courage et la sincérité de ce collectif, qui au-delà des intimidations et pressions, a choisi la voie de la sagesse. Un désaveu cinglant dont doivent tenir compte les centrales syndicales si elles veulent continuer à exister.

A.N.A.

 Et le festival du repos continue !

La seule arme qu’ils ont d’exprimer leur mécontentement, c’est de fermer bureaux et salles d’audiences. Le travailleur béninois a un penchant inassouvi pour le repos.

Pour un oui ou un non, le travailleur béninois rabat porte et fenêtre et regagne ‘’son palais’’ ou ‘’sa bicoque’’ parce qu’il estime qu’il est en grève. Cette forme de grève qui met en sursis de façon systématique le travail est difficile à comprendre. On se demande même s’ils ne sont pas fatigués de se reposer. La seule formule qu’ils trouvent pour exprimer leur désaccord avec l’Exécutif ou pour exiger la satisfaction de leurs revendications, c’est de se reposer. L’exercice parait dans le fond unique pour un peuple qui aspire au développement. Ce qui surprend dans l’entreprise, c’est surtout les motifs de ces grèves. On en rit même des fois. « Menace sur les libertés démocratiques chèrement acquises sous hautes luttes, pouvoir despotique, dictatorial… ». On se demande comment il serait facile de satisfaire à une revendication pareille. Dans certaines motions, on voit souvent des litanies de revendications tendant à lasatisfaction des conditions de travail, mais on se repose pensant contraindre l’Etat à les satisfaire. L’exemple le plus illustratif est celui des travailleurs de la santé. Ces hommes et femmes pensent que parce que le gouvernement ne les associe pas aux réformes qu’il entreprend, ils doivent se reposer abandonnant à leur sort les malades. Les travailleurs béninois ont cette habitude de se reposer pour espérer la satisfaction de revendications liées au travail. En d’autres termes, pour des revendications qu’on estime justes, on peut refuser de faire le travail pour lequel on est payé (étant donné qu’on sait bien que quand on ne travaille pas, les ressources s’amenuisent). L’exercice ne se fonde sur aucune logique réaliste. Le dernier exemple en date, c’est la paralysie générale annoncée par les responsables des centrales et confédérations. Ce qui surprend dans cette forme de paralysie, c’est justement le contexte. Des travailleurs qui ne sont pas concernés par le mouvement de débrayage se décident d’aller en grève par solidarité. Qu’est-ce qui concerne un travailleur du Plan dans le mouvement de grève déclenché par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) ? Pourquoi un enseignant devra aller en grève alors qu’on a retiré aux magistrats le droit de grève ? Où se trouve le lien ? Tout ceci frise la distraction et une aversion palpable pour le travail. On est tenté de parler de grève sauvage ou de grève politique. Ailleurs, la grève est l’ultime recours. Sous certains cieux même, c’est lorsque le travailleur est en grève qu’il travaille le plus. Le travailleur est payé pour travailler et non pour se reposer.  Comme le dit si bien le livre saint, ‘’que celui qui ne travaille pas, ne mange pas’’. Le gouvernement n’aurait pas exagéré en procédant à des retenus sur salaire à ces fonctionnaires adeptes du repos.

 AT