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DahouéDahouè Doto, créateur et concepteur du rythme « Gogohoun » a rendu l’âme le dimanche 3 juin 2018. Après sa mort et son inhumation, plusieurs témoignages lui ont été rendus. Retour sur le parcours de l’artiste qui a fait vibrer plusieurs mélomanes dans le département du Couffo et au plan national.

Les mélomanes de la danse « Gogohoun » ne pourront plus voir son précurseur sur les scènes musicales. Dahouè Doto vedette de cette musique traditionnelle qui tire son origine du département du Couffo, ne vit plus. Il est décédé le 3 Juin dernier suite à une crise cardiaque à la clinique Biassa à Lomé. Selon ses proches, il est entré en coma le mercredi 30 mai 2018 et a été conduit dans la soirée de ce même mercredi à l’hôpital Saint Jean d’Affagnan au Togo avant d’être transféré le samedi 2 Juin 2018, à la clinique Biassa de Lomé pour une meilleure prise en charge. Mais hélas, il s’en est allé à 42 ans laissant derrière lui 15 enfants et surtout beaucoup d’admirateurs qui appréciaient son art.

 Retour sur le rythme « Gogohoun »

Le rythme « Gogohoun » est une création musicale d’inspiration traditionnelle dont le charme réside dans la cadence des fesses. Car, « Gogo »  signifie fesse, et Gogohoun veut dire la « danse des fesses ». Et tout se joue dans la voix, et  la ritournelle de l’artiste. Ce rythme « Gogohoun » que Dahouè Doto a créé est une danse des fesses qui fait vibrer vieux, jeunes, enfants au Bénin. « Gogohoun » est une danse envoûtante qui ne laisse personne indifférente. Durant le parcours musical de Dahouè Doto, ce rythme dansant a semé la joie dans les cœurs dans le Mono-Couffo. Pour un fan, c’est admirable de sentir, à travers les intonations et les mots de ce chanteur la proximité d’une matrice linguistique commune. Cette danse créée par Dahouè Doto, il y a quelques années, a connu une modernisation notamment avec les artistes, Eloïse Olénu Degui alias tata « Sèna Noble », « As de Pik » pour ne citer que celles-là. Selon Adjiho Doto, le jeune frère du disparu, Dahouè Doto a commencé ce rythme avec des instruments traditionnels et de vieux appareils de son époque dont le magnétophone, le micro et les gongs. Il était l’artiste le plus sollicité dans son village et dans le département du Couffo. Il égayait le cœur des invités au cours des cérémonies funèbres. « Au commencement, on enregistrait le rythme « Gogohoun » dans le magnétoscope. Dahouè Doto prenait le micro et chantait. Nous qui sommes ses frères, on l’accompagnait et on dansait au rythme de la musique », a-t-il laissé entendre. Cette aventure musicale offrait beaucoup de d’opportunités à Dahouè Doto. « Nous allions désormais de village en village pour chanter et réjouir les cœurs des personnes endeuillées lors des célébrations funèbres. Mais ce qui a le plus motivé Dahouè Doto à créer ce rythme, c’est sa volonté de devenir une personnalité, quelqu’un de très célèbre à vénérer. Et nous pensons qu’il a réussi sa mission», a-t-il confié.

Les succès et difficultés de Dahouè Doto

Ayant remarqué que le cercle de ses fans s’élargissait, il a opté pour la modernisation de son art. Du coup, il a reçu plusieurs invitations pour prester hors du pays et même du continent.Les payscomme le Togo, le Ghana, la côte d’Ivoire et d’autres pays européens ont dansé au rythme de « Gogohoun ». « Le rythme s’est  propagé dans les quatre coins du monde. Aujourd’hui, tous les mélomanes de Gogohoun dansent au rythme de ses morceaux musicaux », a témoigné Emile Komadan, un ami de Dahouè Doto. Auteur de 25 albums, Dahouè Doto a reçu de nombreuses gratifications. Des félicitations aux tableaux d’honneur en passant par les trophées, l’artiste compositeur et créateur de Gogohoun a rehaussé l’honneur du peuple Adja et du Bénin entier à l’international. Mieux, il n’a pas eu beaucoup de difficultés à écouler ses œuvres musicales. Elie Doto, son fils nous confie qu’il a vendu plus desmilliers de Cd et a reçu plus de 14 trophées musicaux au cours de sa carrière musicale.  « Même le soir du 27 mai 2018, à la veille de sa mort, il a encore été gratifié par une organisation non gouvernementale qui l’a félicité et apprécié sa musique à Allada dans le département de l’Atlantique », a témoigné son frère, Adjiho Doto. Cependant, malgré ce brillant parcours musical, Dahouè Doto a rencontré d’énormes difficultés dans l’exercice de ses fonctions. Pour Elie Doto, la première difficulté de son père résidait dans le manque de moyens financiers d’appui pour réaliser ses œuvres au début de sa carrière. « Parfois, il nous fait part de ces difficultés à acheter les instruments de musique », a-t-il laissé entendre. En dehors des moyens financiers qui lui ont fait défaut, il a manqué, au cours de sa carrière musicale, des appuis techniques. Mais ces maux n’ont pas émoussé ses ardeurs. Il a pu les affronter pour devenir un célèbre artiste que tout le monde pleure aujourd’huiet dontchansons forcent l’admiration et suscite beaucoup d’engouement. Le rythme « Gogohoun » a été pratiqué et adopté par de nombreux artistes qui s’en servent pour égayer leurs mélomanes et promouvoir  leurs talents musicaux de nos jours. Grâce à ses 25 albums, Dahouè Doto restera gravé dans le cœur de ses fans. « Nous n’allons jamais laissé disparaître ce rythme que notre frère a créé. Nous allons prendre sa relève et produire plus d’albums que lui. De nombreux artistes du Couffo se sont engagés à promouvoir ce rythme. C’est cela qui nous fait penser que les obsèques de notre frère sera à la taille de sa célébrité », a laissé entendre Adjiho Doto.

Des personnalités politiques saluent l’artiste

Au lendemain de la mort de Dahouè Doto, de nombreuses personnalités politiques ont défilé à la maison mortuaire pour présenter leurs condoléances à la famille éplorée. Depuis l’annonce de son décès, des mots de compassion et des témoignages sur la carrière du défunt n’ont cessé d’être reçus par la famille éplorée. A la première loge se trouve Christophe Mègbédji, préfet du département du Couffo. Accompagné d’une forte délégation des conseillers communaux d’Aplahoué, il s’est rendu le mardi 5 juin 2018 au domicile de l’artiste pour présenter ses condoléances aux parents de l’illustre disparu. Micheline Essêh, représentante de la famille, a remercié la délégation préfectorale pour son geste de compassion. Pour Christophe Mègbédji, Dahouè Doto a, en peu de temps, rehaussé la culture d’Adja Tado dans son ensemble, de même que celle du Bénin et de l’Afrique.

Claude Ahovè (Br Mono-Couffo)