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La nouvelle est tombée tel un coup de massue dans la soirée d’hier mercredi 14 octobre 2015. Suite à son décès, personnalités politiques, acteurs de la société civile, amis et proches de l’illustre disparu se rendent à son domicile à Cotonou pour présenter leurs condoléances à la famille éplorée avec des témoignages sur la vie de l’homme. (Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration de chacun d’eux).

Mathurin Coffi Nago ancien président à l’Assemblée nationale : « c’est un homme exceptionnel ; c’est un grand homme d’état et nous devrons le célébrer comme tel aujourd’hui où nous pleurons tous sa mort ».

mathurin nagoVous savez dans ces circonstances, on est extrêmement triste de perdre un homme de l’ampleur et de la grandeur du président Mathieu kérékou. Vous savez tous les actes qu’il a eu à poser ne ce serait-ce que pendant sa vie politique. C’est surtout des actes qui ont contribué à renforcer l’unité de la nation béninoise, renforcer la paix et la sécurité dans le pays. Je voudrais me souvenir particulièrement de sa contribution à l’organisation et à la gestion de la conférence nationale. Ça été un tournant décisif dans la vie de la nation béninoise et il a su négocier ce tournant. Il n’ya pas beaucoup d’hommes politiques surtout à cette période là qui auraient pu gérer dans la sérénité et dans la paix cette grande rencontre et à l’issue d’une crise socio politique, dont tout le monde avait peur et il nous a délivré, il a délivré tout le peuple béninois. je pense qu’il a su marquer la vie du peuple, il a su marquer son passage terrestre par ses actions majeures qui ont permis aujourd’hui que nous puissions, que chacun puisse dire ce qu’il pense, que chacun puisse jouir des libertés publiques, des libertés d’association et puisse jouir de ses droits les plus élémentaires. Je pense c’est un homme exceptionnel ; personne n’est parfait ici bas mais il faut retenir que c’est un homme exceptionnel, c’est un grand homme d’état et nous devrons le célébrer comme tel aujourd’hui où nous pleurons tous sa mort, nous devons le dire de vive voix. C’est vrai on nous répondra que c’est toujours après la disparition des hommes, qu’on dise du bien d’eux mais je dois avouer que je suis déjà passé ici plusieurs fois pour lui dire ce que je pensais de lui et je pense que de façon unanime, le peuple béninois et peut être les peuples africains, je pense la même chose de lui. Il faut souhaiter après son départ, qu’il y ait encore des hommes, des citoyens béninois qui tirent leçon de sa vie, de sa pratique de ses principes pour continuer de contribuer au développement de ce pays, développement social, développement politique, développement économique. Je voudrais saisir de cette opportunité pour présenter à la famille et ainsi le peuple béninois qui reste le peuple du président Mathieu Kérékou mes sincères condoléances. J’ai tenu à venir ici avec une forte délégation de notre alliance, la délégation des forces démocratiques unies (Fdu). Nous le faisons en tant que citoyens, mais nous le faisons également en tant que politique puisqu’il est un de nos aînés sur ce plan là. Nous voulons prendre l’engagement d’œuvrer avec les autres acteurs politiques, avec les autres forces politiques pour préserver tous les acquis que nous avons pu avoir grâce à lui. Nous lui souhaitons un bon repos, que son âme repose e paix et nous supplions Dieu miséricordieux de l’accueillir, de l’installer dans sa demeure céleste près de lui à jamais. Nous souhaitons un repos éternel à notre illustre papa, illustre prédécesseur puisque c’est grâce à lui qu’aujourd’hui le Bénin peut se tarder d’être un modèle démocratique. »

Soumannou Djemba « Voilà quelqu’un qui a tout donné pour son pays »Alassane Soumanou Djimba traiter

Moi j’ai été l’attaché aux affaires publiques du regretté Mathieu Kérékou . C’est lui qui m’a formé et m’a appris l’art de la patience. J’ai rédigé beaucoup de discours du 30 novembre, 26 octobre avec lui dans son bureau. Aujourd’hui Kérékou n’est plus, il va certainement rejoindre les regrettés camarades de lutte Abdoulaye Issa et Adjou Bocco Ignace. Kérékou est mort un 14 octobre alors qu’il a fêté son anniversaire de 82 ans un 2 septembre ; un mois 12 jours avant son décès et du 14 au 26 octobre 12 jours avant le 26 octobre aussi , retenez juste le chiffre 12 . 26 octobre 1972 qui est une date gravée dans la mémoire de tout béninois car c’était lui Kérékou ; celui du 30 novembre 1974, 1975 ou le Dahomey devient Bénin. Kérékou était un stoppeur, il a stoppé en 1972 toutes les successions de coups d’état qui faisaient du Bénin l’enfant malade de l’Afrique. C’est lui qui a initié la révolution en allant vers le marxisme-léninisme et c’est lui qui l’a encore stoppé en 1990 grâce à la conférence nationale ; c’est lui qui nous a conduit a la liberté de la démocratie, liberté d’expression , liberté de parole, liberté d’agir. Voilà quelqu’un qui a tout donné pour son pays dont nous qui étions ses proches gardons ceci : la responsabilité, la fidélité, le patriotisme, le don de soi. Ça c’est Mathieu Voilà quelqu’un qui a tout donné pour son pays et le deuil que nous portons ces moments nous touchent beaucoup et surtout le président Yayi Boni atteint, touché, ému ; ce qui a fait qu’il a arrêté automatiquement le conseil des ministres dès réception de l’annonce de décès. Il a presque pleuré et on est passé à une minute de silence puis il a décrété une semaine de deuil national. Mathieu Kérékou était notre papa, notre référence, notre modèle de patience. C’était un grand homme ! Président Kérékou , nous avons ramené la dictée parce que l’approche par compétence a fait que nous avons oublié la dictée et les SMS ont fait que aujourd’hui nos apprenants font des fautes d’orthographe, de grammaire. Ça c’est Mathieu Kérékou ; C’est lui qui a amené l’école nouvelle égale à unité de production. C’est ça nous appelons aujourd’hui entrepreneuriat, la pratique, l’enseignement technique. Mathieu Kérékou n’était pas que de mauvaises choses mais il y a eu beaucoup de bonnes choses : la discipline, la rigueur, l’ordre. Le père de la conférence nationale et de la démocratie connu du monde entier vient de nous quitter !

Rachidi Gbadamassi : « Si ce n’est pas le président Mathieu Kérékou, moi je ne serai pas ce qu’on appelle politique »

rachidi gbadamassiLe président Mathieu Kérékou pour nous est un père spirituel, il est moi mon maître. Si ce n’est pas le président Mathieu Kérékou, moi je ne serai pas ce qu’on appelle politique. C’est lui qui m’a initié et c’est avec tristesse et amertume que nous avons appris la disparition de notre leader, notre papa Pour moi, le président Mathieu Kérékou n’est pas mort. Physiquement, il n’est plus avec nous mais pour les hommes spirituels comme nous, pour les gens avertis comme nous, le président Kékékou a laissé quelques héritages. Le président Kékékou en tant que visionnaire, en tant que grand homme d’état, en tant que nationaliste bâtit ses deux systèmes, que ce soit le système révolutionnaire et en tant que démocrate, Il a placé sa stratégie politique sur la stabilité politique. La stabilité économique ne vaut rien sans la stabilité politique. Le président Kékékou a compris en tant que visionnaire, en tant que prophète politique sait que pour diriger un pays, Il faut avoir la maitrise des hommes, la maitrise des hommes, c’est connaître le peuple qu’on dirige et c’est ça le secret du président Kérékou. Kérékou ne dirige pas un peuple qu’il ne connaît pas. Et c’est pourquoi son cheval de bataille, c’est la stabilité politique, gage de la stabilité économique. Aujourd’hui, vous prenez l’exemple de la Libye, malgré les milliards de ce pays, ils ont du pétrole, ils ont tout, mais que vaut ce pays sans la stabilité politique. Je dis que le président Mathieu Kékékou n’est pas mort. Par rapport aux acteurs dirigeants que nous sommes, ceux-là qui aspirent la magistrature suprême, c’est d’aller à l’école de ce nationaliste, de ce berceau de la démocratie, cette bibliothèque, d’une intelligence surhumaine, un homme hors pairs, qui sait reculer quand il faut reculer et qui sait arrêter quand il faut s’arrêter. L’autre chose, le président Kérékou avait la possibilité de ne pas laisser le pouvoir, il avait aussi la possibilité de réviser la constitution. Il ne l’a pas fait. Nous allons revenir les jours à venir par rapport à cet homme d’Etat, ce visionnaire. Parce que le vrai bonheur, on ne l’apprécie que lorsque on le perd. Il était bâtisseur, visionnaire. C’est maintenant que le peuple béninois le comprend ; Nous pleurons tous mais, au lieu de pleurer, moi je dis, on dit que quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Moi, je prends le contrepied, cette bibliothèque ne doit pas bruler, nous devons conserver ça et je demande aux hommes de médias que vous êtes de décortiquer les discours politiques, les discours de développement de l’homme, de les médiatiser, d’appeler nos enseignants, d’enseigner les discours politiques dans les universités, en science po pour la génération futur parce que, c’est vraiment important. C’est avec les larmes, j’ai vraiment de l’émotion parce que il m’a dit un jour que si il doit avoir la guerre dans ce pays, si on doit tuer les béninois, s’il doit avoir effusion de sang au Bénin, il vaut mieux que lui, il perde sa vie. Le président Kérékou est un nationaliste, il n’est pas mort à l’étranger. Il avait la possibilité de lutter contre la mort comme le font certains chefs d’Etat. Quand je dis lutter contre la mort, ça veut dire qu’il avait les moyens de se faire soigner à l’étranger, il ne l’a pas fait mais, il veut rester chez lui et il est mort chez lui. C’est les mêmes signes que monseigneur Isidore de Souza. Vous aviez vu les signes, brutalement le ciel est assombri et le vent et c’est les mêmes signes que monseigneur Isidore de Souza. Je présente mes condoléances les plus attristées au peuple béninois, à la famille et à tous les kérékouistes que nous sommes, à nous ses enfants spirituels.

André Okounlola : Délégation des députés de la majorité présidentielle « Unité groupe Fcbe et Alliés » : « c’est grâce au président Mathieu Kérékou que nous avons la stabilité politique ».

andre ogoulola« C’est depuis hier que nous avons appris comme tout le monde la mort de notre baobab, le père de la nation le Général Mathieu Kérékou. Vous savez bien que c’est une situation triste pour un pays comme le nôtre. Quand on perd une référence de ce genre. Donc nous sommes venus manifester à la famille notre compassion. C’est pourquoi ce matin, nous avons décidé au nom de notre groupe de venir présenter nos condoléances à toute la famille et profitez aussi pour présenter nos condoléances à toute la nation béninoise. Le président Kérékou, le peuple lui doit beaucoup parce que si nous nous référons à l’histoire, parce que l’histoire est têtue, avec tout ce que le président Kérékou a fait pour ce pays, le Président Kérékou s’est donné personnellement, il s’est sacrifié surtout à un virage important où on pourrait avoir la guerre civile, il a tout fait pour éviter ça en 1990. Surtout que notre pays a été le premier à organiser et à réussir cette conférence là. C’est un acquis sérieux. Vous savez bien, le Bénin n’a rien d’autre à vendre que la stabilité politique et c’est grâce au président Mathieu Kérékou que nous avons cette stabilité politique. Même si économiquement on n’est pas fort, le Bénin est une référence dans le monde, dans les questions de respect de la démocratie et de renforcement de la démocratie. C’est un grand homme parce que, on se rappelle même si on est jeune, on sait que nous avons connu avec le président Mathieu Kérékou, une période de la révolution. Donc c’était un grand révolutionnaire et qui a un moment même donné de l’histoire ou il a trouvé que son peuple ne veut plus aller dans ce sens parce que le vent de l’histoire a changé, il a radicalement changé en même temps pour prendre donc la voie de la démocratie. Et c’est grâce à lui. Donc je crois que c’est une perte pour le Bénin. C’est pourquoi nous, en tant que députés nous sommes venus exprimer notre compassion, notre tristesse par rapport à cette grande disparition. Voila pourquoi nous sommes là. C’est vrai tout homme qui vient dans la vie doit partir mais on ne souhaitait pas que le président parte de cette manière là. Comme il est parti nous prenons acte et nous exprimons notre compassion à la famille ainsi que notre soutien indéfectible afin que les obsèques quand ils seront organisés nous serons présents pour montrer que Mathieu Kérékou n’a pas une seule famille, sa famille c’est tout le Bénin entier.»

Barthélémy Kassa, Député à l’Assemblée nationale : « Kérékou est mort mais Kérékou est vivant ».

kassa« Je pense que… Vous pensez que tous les calendriers sont bouleversés, parce qu’il s’agit réellement d’une nouvelle. Le départ pratiquement de celui que nous pouvons appeler le père de la nation parce que c’est celui-là que nos avons connu le plus. C’est celui-là qui a forgé la nation béninoise. A celui-là, la jeunesse béninoise doit presque tout. Apprendre une nouvelle de son décès mérite vraiment que nous nous recueillons pendant un moment. C’est pour cela que ce deuil d’une semaine qui a été décrété par le chef de l’Etat doit être observé par chacun des béninois, qu’il soit sur le territoire national ou pas. Je pense que tout le monde est unanime qu’il s’agit du départ d’un homme de paix, le départ d’un homme de tolérance. Je peux dire qu’il est parti mais il est parmi nous. Il est parmi nous à travers les archives que vous, journalistes vous détenez. A travers un certain nombre d’actes posés et qui servent toujours de référence qui doivent guider encore la jeune génération et les générations à venir pour consolider notre marche vers la construction d’une nation puisque c’est ça qui manque aujourd’hui, pour la construction d’un vrai pays. Kérékou est mort mais Kérékou est vivant ».

Général Awal Djibril Bouko Nagnimi chef d’Etat major des forces armées béninoises : « cette disparition me touche personnellement ».nanybi

« C’est le général Mathieu qui avait créé les forces armées populaires du Bénin. C’est lui qui a aussi commandé l’armée républicaine que je commande aujourd’hui, donc je suis son héritier. Cela veut dire que je suis très touché. Le poste que j’occupe en ce moment est celui qu’il a occupé de 1976 à 1982. Donc cette disparition me touche personnellement. C’est à ce titre que j’ai écrit dans le cahier de condoléances : Papa Kérékou, Général Kérékou, tes fils te pleurent, ton armée te pleure. Repose en paix, adieu ».

Nel Oliver Artiste béninois : « je dois vraiment demander à tous les hommes politiques de se référer à la sagesse de ce grand homme ».

nel-oliver traiterJ’imagine que tout le Bénin est aujourd’hui endeuillé. C’est un grand homme qu’on vient de perdre. C’est toute la nation qui pleure le départ du général Mathieu kérékou. Un homme qui a œuvré tout le temps pour l’unité, l’union, la cohésion nationale, un démocrate de grand nom parce que si nous parlons aujourd’hui en Afrique, je dirai que celui qui incarne le plus la démocratie en Afrique, c’est le président Mathieu Kérékou. Et cet homme qui s’en va, part encore avec beaucoup de choses qui vont nous manquer. Mais je dois vraiment demander à tous les hommes politiques de se référer à la sagesse de ce grand homme. Pour les évènements qui pointent à l’horizon, parce qu’il a montré que on peut avoir des opinions différentes, on peut être de religions différentes, on peut être de différentes couleurs, on peut être de différentes régions, mais qu’on doit cohabiter ensemble. Et le Général Mathieu Kérékou, ce qu’il nous laisse à nous, artistes, c’est beaucoup de choses car vous n’êtes pas sans savoir que j’ai énormément milité à ses côtés de part mes œuvres. Pour en citer il y a « Togan djèwé, démocratie, hymne à la conférence nationale ». Tout cela, c’est grâce au général Mathieu Kérékou qui nous a insufflés justement ce patriotisme. C’est un très grand patriote qui vient de partir et c’est un deuil non seulement national, mais c’est un deuil je dirai de tout le continent africain. C’est un grand homme qui vient de partir, paix à son âme. Ce qui est curieux, il est parti en même temps que je suis doublement endeuillé puisque son ami détenteur du slogan « kéké-réké », Vincent Emmanuel est décédé juste quelques semaines avant lui net ses obsèques se feront pratiquement dans la même période que les obsèques du Général Mathieu Kérékou. Vous savez, c’est un grand homme qui vient de partir et franchement, nous sommes tous attristé. »